Œuvres complètes, t. !•', p
202 ÉTUDE BiSTORIQUE ET LITTÉRAIRE
Qelais^, sur Toffice de mareâchal de camp. En ces dernières, où il se rappelle sans doute le livre du maréchal de Biron, il déclare que les trois plus beaux titres de rhomme de guerre consistent en une belle retraite de faible contre fort^ une entrée dans- une ville bien assiégée — nous retrouvons ici llngénieur — enfin, le logement fait à la vue ou connaissance d'une puissante armée.
D'Aubigné est au courant des inventions modernes, assez simples alors et peu nombreuses ; il faudra encore attendre un demi-siècle et Vauban. M. Lubzetman, du conseil de Bàle, un théoricien sans doute, lui demandait de remplir de terre certaines tours ; il lui apprend « qu'il y a cinquante ans que cela ne se fait plus^. »>
Détail vraiment curieux : d'Aubigné semblerait, dans une de ses lettres, &voir conçu Tidée d'appliquer l'électricité à la télégraphie ou du moins trouvé un système de téléphonie : Voici le propre des deux engins dont il se sert : a C'est pour faire conférer le Gonseild'une ville assiégée avec celuy d'une armée qui la vient secourir, et dire, toutes les vingt-quatre heures^ ce qu'on pourroit dire de bouche, en quatre ou cinq, avec distinction de personnes opinantes et de leurs noms, et en toutes les langues qui seront entendues par ceux qui en ont
besoin J'estime, écrit-il à son confident, que, pour
les i2000 escus, nous ferions bien les engins pour parler de ma maison du Grest à la vostre d'Aubonne ; il y a neuf lieues savoyardes de l'une à l'autre
1. CEuvres complèteSy t. I«», p. 158 et 162. En terminant sa deuxième lettre, d'Aubigné promet à M. de Saint-Gelais « des exemples... sans y employer 1 antiquité. » Il manque donc sûrement an moins une lettre à cette partie de la correspondance.