Histoire universelle, t. II, col
SUR TH. -AGRIPPA d'AURIGNÉ. 21
est naturellement d'Aubîgné qui, dans sa Vie, enchérit, ajoutant quelques circonstances de bravades, comme de se dépouiller de brassarts avant la charge et, au plus fort de la mêlée, sauver un bracelet des cheveux de sa maltresse, qui brûlait d'une arquebusade ^
D'Aubigné a vingt-cinq ans. Hommede conseil aussi bien que d'épée, ilfat, au début de Tannée 1 577 , chargé en Languedoc d'importantes négociations secrètes. Grâce à son adresse, le roi de Navarre apprit que le maréchal Danville était sur le point de trahir le parti des Réformés. A Toulouse, le négociateur trompe les gens de la garde et un vieux conseiller du maréchal, en contrefaisant le piémontais. Arrêté à Garcassonne, il sort de ce mauvais pas, grâce aux courtoisies de Joyeuse, qui lui donne des gardes pour raccompagner jusqu'à Narbonne. A Pézenas, il gagne « par quelque gentillesse du temps », où nous le savons expert, une dame centenaire d'Uzès ; aidé de cette femme « d'esprit ferme et délié, « il tire, par ruse et diplomatie, des aveux du maréchal de Bellegarde, comme de Danville, arrache à ce dernier un regret de sa défection, ruine son crédit en le rendant suspect aux deux partis. « Je prie mon lecteur, écrit d'Aubigné, de ne s'ennuyer point, si je suis long en ce négoce qui n'est pas commun et en donnant la plus part de mon labeur aux gens de guerre, il faut quelque chose pour les négociateurs*. 1» Nous l'excusons de raconter un peu longuement ce qu'il sait bien ; le récit de ces négociations est d'ailleurs une heureuse diversion aux faits d'armes ; même sur ce champ de bataille diplomatique.