CHAPITRE V
JUGEMENTS DE d'aUBIGNÉ SUR DIVERS ÉCRIVAINS DU SEIZIÈME SIÈCLE : DE THOU, MONTAIGNE, PIBRAC, AU- TEURS DE LA MÉNIPPÉE, LA BOÉTIE, RONSARD, LES POÈTES DE LA PLÉIADE^ MALHERBE, ETC.
D'Aubigné, nous Tavons dit, malgré sa profonde admiration pour de Thou, ne pouvait s'empécher dé lui reprocher d'avoir sacrifié les capitaines à « là trop ennuyeuse recerche des hommes de lettres de son temps.^ . v II consent qu'on rende cet honneur « aux Scaligers, aux Turnebe et gens de telle marque, mais non à une autre classe de plus obscure condition. » De tout temps, on a vu les hommes d'action, qui se sont illustrés par la plume en même temps que par Tépée, affecter le dédain des lettres et de leurs propres ouvrages, et ne les regarder que comme Tamusement de leurs loisirs ou le passe-temps de leur vieillesse. Notre historien, qui retrace tant de récits pour Tapprentissage des gens de guerre, a donc été d'une déplorable sobriété à l'égard des gens de lettres, ses contemporains. Il n'en parle que par hasard et pour ainsi dire en passant.
« C'est, écrit d'Aubigné, ce que me dit un jour