‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 167 sur 200 · Préface de YHistoire, p · texte numérisé non relu

Préface de YHistoire, p

254 ÉTUDK piSTOniQUR ET LITTÉnAIRR

Michel Montaigne, assavoir que les pretendans à la couronne trouvent tous les eschelons jusques au marchepied du throsne et petits et aisez, mais que le dernier ne se pouvoit franchir pour sa hauteur ^ p Quelle curieuse échappée sur la conversation de deux grands esprits, l'un catholique sceptique, l'autre ardent réformé! Gomme une seule image expressive et frappante nous fait regretter le laconisme de l'un des deux interlocuteurs 1

Pibrac * a l'honneur extraordinaire de cinq mentîonSé On s'est habitué à regarder comme un bonhomme na!f le versificateur qui a rimé les Quatrains moraux. Tel ne nous le représente pas l'auteur de rfltffotre, mais comme un orateur politique que la cour réaeôrve pour les plus difficiles eonjonctares'. Alors il se rend « merveilleux en délicatesse de langage, expert en ses termes, subtil en raisons, le tont fortifié d'exemples agréables, » rapportés de son voyage en

2. Une ridicule passion, autant an moins que les devoirs de sa charge, attachaient le chancelier Pibrac à la personne de Marguerite de Navarre.

M. E. Gougnj a consacré une série de notices intéressantes à plusieurs écnvains du seizième siècle : Fr. Hotoman (Paris, E. Thoriii. i874) ; le capitaine Fr. de la Noue (Paris, Durand, 4872) ; Pibrac, sa Vie et ses Ecrits (Versailles, Aubert, 1869), etc. Dans cette dernière, M. E. Cougny cherche k justifier Fauteur des Quatrains moraux de deux reproches, sa passion pour la reine de Navarre, son apologie au masacre de la Saint-Barthélémy. Nous voudrions, pour la mémoire de Pibrac, nue. son biographe Teùt aussi bien excusé du second grief que du premier. L'auteur présumé du Divorce satyrique, bien qu'animé de sentiments opposés, le dut voir fréquemment à une certaine époque. De là sans doute les nombreux et bons rapports de d Aubigné et de Pibrac.

3. Il a été fort estimé de tout son siècle ; Est. Pasquier rappelle : « Ce personnage tant recommandé par la France. >•

SUR TH.-AORIPPA D'aUBIGNÉ. 255

Pologne^ à ia suite de {knri III. Déjà, en eetie expédition, il s'était montré « le plus éloquent et élégant que nostre siècle ait porté, et le mieux accommodant le geste et la grâce aux paroles triées ^ . » Il n'est pas dans toute VHisMre un orateur ou un écrivain mieux traité. Les renseignements de d'Aubigné, en ces matières littéraires comme en d'autres, sont pai^is inexacts ou incomplets. Après avoir estimé à sa juste valeur iê Caikolioon d*^p<»gne ou Memppee, en l'appelant « la plus excellente satyre qui ait paru de (son) temps*, » et la déclarant « la plus grande playe qu'ayent reçeu les Ligues*,» il l'attribuera tout entière à un aumônier du cardinal de Bourbon, sauf quelques vers qu'il laisse à Rapin. Or, on sait que Pierre Le Roy, chanoine do la Sainte-Chapelle et secrétaire du cardinal de Bourbon, fut en ef&^t l'instigateur de la Menippee^ mais aussi que Jacques Gillot, Jean Passerat, Florent Ghrestien, Pieife Pithou, ont collaboré à ce chef-d'oeuvre, ces deux ^der^ niers, très favorables aux doctrines de la Réforme, qu'ils paraissent même avoir un instant professées*.

Page 1