‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 177 sur 200 · Œuvres complètes, t. IV, p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, t. IV, p

oensure catholique ne s'était pas contentée d'attendre Toubli fatal et la désuétude des nouveUes générations. Un grand nombre d'exemplaires avait péri ; VHistaire universelle avait été brûlée, l'édition de 1630 du Baron de Fwneste poursuivie et confisquée par les rigueurs du Conseil de Genève. Aussi ne s'étonne-t-on pas de lire dans une préface Tanecdote suivante : « Le grand Condé, se trouvant assez peu occupé dans son gouvernement de Bourgogne, voulut relire le Baron de Fœneste ', mais on le chercha inutilement dans tout le pays; enfin ses gens lui déterrèrent un Fœneste , à un prix excessif qu'ils payèrent sans marchander. » En 1654, le médecin Gui Patin demande, dans une lettre*, qu'on lui envoie un ou deux exem« plaires d'une édition nouvelle des Tragiques, qu'il croyait qu'on venait de publier ; mais Gui Patin est un original. Il faut donc la fantaisie d*un grand seigneur désœuvré, ou la passion d'un médecin bÛ>liophilo, pour que nous voyions par hasard lever l'espèce d'interdit jeté sur les écrits de d'Aubigné. D'ailleurs, nous l'avons dit, les exemplaires manquaient absolument : « On achetait, écrit Tauteur lui-même, des impressions entières, comme on avait fait de deux livres polémiques siens, pour les jetter au feu', » et, d'autre part, comme l'atteste une lettre de Joseph Scaliger^, la réputation de causticité de l'auteur lui faisait attribuer des pamphl^ets auxquels il était étranger. Infaillible moyen pour tuer

1. Préface des Aventures du baron de Fœneste, 2 vol. in- 12, . Amsterdam, 1731.

2. Lettres de Gui Patin. Edition Réveillé- Panse, U II, p. 120-123.

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