‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 181 sur 200 · Défense du Roy et de ses Ministres, contre te manifeste · texte numérisé non relu

Défense du Roy et de ses Ministres, contre te manifeste

SUR TH.-AGRIPPA d'AUBIGN£. 271

tant sur Catherine de Médicis un méchant discours tiré de la légende de Saint-Nicaise. II s'agit du beau passage que nous avons donné plus haut, où Thistorien peint en maître l'hypocrisie de la Reine mère aux funérailles de son fils.

On veut bien imaginer à M"^^ de Maintenon une généalogie royale qui la rattache à Jeanne d'Albret, en faisant éppuser à la reine de Navarre le père même d' Agrippa, Jean d'Aubigné * , — d'autres se pontentent d'en faire son chancelier, — mais nul ne songe à rappeler devant la toute-puissante favorite le terrible huguenot, le proscrit quatre fois décapité ! Qui sait si Constant n'obtiendrait pas une plus facile réhabilita-

gue, sous le nom de Monsieur on fait courre parmy le peuple (par le sieur des Montagnes. Paris, 1631. In- 12 de 15^ pages. Biblioth. de Fontainebleau. Non catalogué. DépM de brochures diverses.)

1. Voir Dictionn. de Moreri et Mémoires du marquis de la Fare, sur la prétendue généalogie de d'Aubigné. Moreri a traité

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la question de la généalogie de d'Aubigné à Tarticle Aubigné (d') de son Dictionnaire historique, t. I^r, p. 485, édit. de 1759, il y juge d' Aubigné avec une extrême sévérité.

Le marauis de la Fare parle en ces termes de Mn« de Maintenon et de d* Aubigné ; « Madame de Maintenon était petite fille ou arrière petite fille du sieur d' Aubigné, qui avoit été en quelque considération à la cour de Henri lY et (j[ui avoit écrit IHistoire de ce Roi. La mère du sieur d*Aubtgné avoit eu quelque commerce avec Henri IV et c^ Aubigné pouvait être bâtard de ce prince. Quoi qu*il en soit^ son fils, père de la femme dont nous parlons, naquit sans bien et fut un homme d'assez mauvaises mœurs, qui passa une partie de sa vie dans les prisons, etc.,- etc. » (Mémoires du marquis de la Fare, Coll. des mémoires pour servir à Thistoire de France, par Michaud et Poujoulat, troisième série, vol. vm, p. 287.)

Si le marquis n'est pas éloigné de Ja vérité en ce qui concerne Constant, le fils d' Agrippa, nous n^avons pas besoin de relever Fassertion grotesque qu'il avance en insmuant que d* Aubigné

Pourrait bien être le bâtard de Henri IV, plus jeune d'une ou eux années que notre huguenot, dont la naissance, on le sait, avait coûté la vie à sa mère.

lion, malgré quelques grosses taches indélébiles? Madame de Maintenon est au fond justement ûère de son illustre aïeul, mais elle en parle peu et seulement à quelques intimes. Veut-elle se féliciter d'une énergique résolution ? « Je me trouve un peu petite-Ulle d'Agrippa, » écrit-elle au duc de Noailles ^ Mais ce sont là des boutades à la huguenote, qui seraient d'assez mauvais ton à la cour.

Tout en conservant précieusement un manuscrit de la Vie de son grand-père*, la favorite n'en fait pas moins tous ses efforts pour arrêter l'impression commencée lors de la paix de Riswick^ Il faut avouer que certaines confidences sur le grand Henri pouvaient n'être pas du goût de son petit-fils : et puis, le grand siècle est venu et la parole ne sera désormais donnée qu'aux admirateurs qui ne discutent pas plus les personnes royales que l'institution monarchique.

Même à l'étranger^, au siècle suivant, on ne juge guère favorablement ces mémoires de d'Aubigné : « Sa vie écrite par lui-même, dit l'auteur des Trois siècles de la littérature française^ ^ est encore moins

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