Eclaircissement, t. IIÏ, p. 3160. Rotterdam
SUR TH.-AGRIPPA o'aUBIGNÉ. 275
critiqués par Bayle, la discussion la plus curieuse est celle qui concerne Marie TEgyptienne, « fameuse débauchée et fameuse convertie ^ . » L'auteur de la Confession de Saney* s'empare de cette légende, mais, suivant le critique, pour en faire un perfide usage : «L'omission de cet auteur à Tégard de sainte Marie l'Egyptienne et de sainte Madeleine est inexcusable; car il supose que ces deux prostituées montèrent tout droit des lieux infâmes au rang de Saintes canonisées, et, par cette suposition, il prétend prouver que la légende est trèscapable de lâcher la bi:ide aux dames Pour agir
de bonne foi, il faloit parier de la longue pénitence de ces deux Saintes, mais, comme cela aurait énervé la plaisanterie de l'objection que l'on vouloit faire aux Légendaires, on a cru qu'il valoit mieux n'en rien
dire Aprenons de là que les auteurs satiriques sont
les gens du monde... qui raisonnent le plus mal et qui communiquent le plus un certain plaisir qui empêche de rechercher en quoi consistent leurs sophismes. Souvenons nous cependant, que, s'ils peuvent se dispenser de plusieurs règles, ils ne doivent pas être moins soumis que les auteurs graves aux lois du raisonnement. » Bayle, à force de bien raisonner lui-même, ne déraisonne-t-ilpasunpeu? Confond-il un pamphlétaire (qui n'ayant pas signé son œuvre permet d'en contester l'authenticité) avec un historien et un théologien? Mais en dépit du ton grave et doctoral de cette leçon, en dépit de cette édifiante mercuriale sur les devoirs du critique, ne soyons pas trop dupes de ce