Voir page 61 de notre Étude
nouf seroit à très grande perte, n'eiloit que noui esperoiu trois ou cinq ans d'entretien paix ou guerre, sur quoy nous nous remboureerons de ce que nous aurons avancé. Je tous supplie de songer à cela et ordonner ee qu'il TOUS plaira. Le deuxième poinct est que tous ne me mandes point combien tous me donnes d'hommes, TOUS suppliant que ce soit le plus que tous pourres, d'autant que je gaigne cent lieues que j'aurois à les défrayer. Le troisième et dernier est que tous ne me mandez pas si tous me donnez un Lieutenant ou un Cornette ou un Mareschal des Logir, et aussi je ne puis rien o&ir à personne. Vous me mandez que rien n'est résolu, et ne tous puis respondre aultre chose, si non que les Vénitiens sont résolus d'aToyr de la caTàllene françoise et que nous serons préférez, tant pour ce que nostre corps est plus grand que pas un , que pour ce que nous donnons cinq cens escus au Secrétaire de l'Ambassadeur, notre Maistre de Camp n'en fait point de difficulté. Mes compaignons seront le Baron de Semur qui estoit Lieutenant du Baron de la Feuillee, et aToyt une compaignie de cent Maistres aTec le Mansfeld, M' de Marigny, beau frère du dit Baron de la Feuillee, le marquis do Gouvemet, mon principal ca* marade, et moy. Voylà les cinq compaignies dont tous les Chefs me surpasseront, si tous ne me soustenèz. Au nom de Dieu, prenez la peine de me respondre là dessus. Vous Toiés de quoy il m'y Ta, et que raffayre du M. de Torlak ne tous amuze point. J'iray bien toujours TOUS trouTor de Venise en hers ? et peut estie TOUS meneray je mes compaignons : toutefois songez tousjours pour moy de ce costé là, au cas qu'on nous manquast de deçà.
J'ay refusé employ aTOC le Duc d'Aluyn, fils unique
de M. de Chamberg?, qui s'en va commander la caraU lerie devant ia Rochelle où on fait un aultre fort, et mettra on mille Suisses dans Tun, mille dans Taultre, et deux mille dans llsle de Ré. Vous vous souviendrez, s'il vous playt, à quel terme je vous ay mis la resolution des affayres , c'est pourquoy vous ne pouvez avoyr encore rien de certain. Ces leurs là Fraignes et Beaulieu-Dampierre firent une prise de cinq cents mille livres qu'ils menèrent à la Rochelle. Ce coup s'est fait prez Loulay, à la poincte du iour. M' de Soubize est en mer et [a] pris deux navires charcbez de Brezil, prez l'Havre de Grâce. On parle fort de guerre et de paix contre l'Ëspaignol. Le Roy est encorà SaintrGermain, qui en a pensé revenir pour deux hommes qui y sont morts ; il ne lairra toutefois de bailler tout ce nioin (mois) à sa campaigne. M. de Themines a levé le siège devant le Mas d'Âzils, avec grande perte dés siens et quoyqu'on ne die point qu'il y aye perdu de canon, si ne laisse-t-on pas de le croire, d'autant qu'on (le) l'avoyt dessendu en un fonds d'où on ne pouvait l'arracher qu'en prenant la ville. Les cadetz d'Anzo ont aquis là une très immortelle réputation. M. de Guize s'en va vers Gennes, par la mer ; M. de Longueville, par la terre.
Ce moix esclerrade grandes choses en se fermant, tant pour l'Allemaigne que pour l'Angleterre, que pour la France, touchant particulièrement ceux de la Religion. On attend le retour de M. de la Milletiere, qui est allé vers M. de Rohan. Il y a icy un Ambassadeur de Suéde, qui n'a point encor eu audience. Vous serez averti de tout, si le soin me peut rendre scavant. On se bat icy fort librement, et Ghalays a tué le comte de Pongibault.
298 PIÈCB8 lUSTIPICATIVES.
J'attendray avec impatience Thonnear nécessaire à mon honneur de votre response, lassé de n'aroir rien encor fait digne du nom d'Aubigny et de yostre fils. A Paris, ce 4 tiorembre 1625.