‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 23 sur 200 · Œuvres complètes, 1. 1«», p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, 1. 1«», p

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SUR TH.*A6R1PPA d'AUBIGNÉ. 27

trait que d'Aubigné ajoate en sa Vie, et pour lequel nous l'en croyons sur parole, e'est qu'il avait pris rétrange résolution de tuer à gauche et à droite dans le cabinet, si on l'eût voulu poignarder.

Un des triomphes oratoires de d'Aubignéest celui qu'il remporta à Guistres^ (1585), non loin de Goutras, oii il devait aider bientôt à une autre victoire. Le Béarnais, déjà en butte aux fureurs de la Ligue, après avoir proposé de soumettre sa cause à un concile libre ou de démêler sa querelle en personne avec le duc de Quise, réunit en conseil soixante de ses partisans. La plupart proposent aux réformés de s'abstenir et de laisser le catholique miner le catholique. Le vicomte doTurenne, qui parle le premier, opine en ce sens, et avait déjà emporté vingt des voix suivantes, quand d'Aubigné, commandé à son rang, après un magnifique exorde, démontre que le parti ne peut rester seul désarmé, quand toute la France est en armes ; il demande qu'on ploie devant le roi les genoux, mais tout armés, qu'on prête le serment en tirant la main du gantelet, et il conclut : « Si nous nous desarmons, le roi nous mesprisera, notre mespris le donnera à nos ennemis; uni avec eux, il nous attaquera et minera desarmez; ou bien, si nous nous armons, le roi nous estimera; nous estimant, il nous appellera ; unis avec lui, nous romprons la teste à ses ennemis*. » Certes, c'était là de bonne politique et une méfiance bien légitime treize ans

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