Œuvres complètes, 1. 1*', p
SUR TH.-AGRIPPA d'AUDIGNÉ.
de 60Q père comme « lieutenant de M. de Saint-Cire » pour le Poitou, parmi « les chefs signalés de chaque province, » c'est-à-dire parmi les affiliés de a l'entreprise d'Âmboise. » 11 était encore au siège d'Orléans. Ajoutons que c'était bien le fait d'un soldat téméraire de traverser Amboise avec un enfant, escortant une troupe de vingt chevaux, quand les tètes de ses compagnons d'armes étaient reconnaissables et « les murs de la ville encore garnis de pendus ' , » sur un bout de potence. Un gentilhomme veut-il être « bien reçu dans les compagnies *, » il se fait recommander à Jean d'Aubigné ayant « commandement à Orléans '. » Ainsi Agrippa ne cesse de nous représenter son père conune un capitaine et un homme du métier. Ici, lors du siège d'Orléans, nous voyons le père entreprendre un voyage en Guyenne « pour haster les forces^ » et ses soldats « desbaucher le fils* ; » là, le sieur d'Aubigné mène son fils voir le sieur d' Achon et le Connétable qui étaient entre ses mains, a comme les ayant amenés prisonniers de la bataille de Dreux; » ailleurs, quatorze capitaines » touchent en la main, » pour essayer la reprise des Tourelles à Orléans, mais il n'y en eut que six qui tinrent promesse et sautèrent dans le retranchement. Jean d'Aubigné est un de ces vaillants et il paie son courage « d'un coup de picque au-dessoubs de la cuirasse » dont il allait bientôt mourir.
Ces citations nous paraissent établir contre l'opinion de la France protestante le double caractère de Jean