Œuvres complètes, t. !•', p
d'Aubigné. 11 est à la fois homme de conseil et d'aotion, homme de plume et d'épée, légiste et brave sol* dat. L'état même de « Maistre des Requestes, poor servir de Chancelier en la Cause » ne semble guère lui avoir été donné qu'aux derniers jours de sa vie, lorsqu'il était déjà malade de sa blessure.
Tel père, tel fils : A six ans, Agrippa « lisait aux quatre langues ^ » latine, grecque, hébraïque et française. A sept ans et demi, « il traduisit avec quelque aide de ses leçons le Crito de Platon. » Il est vrai qu'en dépit d'une belle-mère qui portait impatiemment la dépense, son père lui avait donné des maîtres et précepteurs quelquefois durs et « impiteux », mais toujours savants et renommés, Jean Cottin, Peregim, Jean Morel, Mathieu Béroalde.
Encore enfant, d'Aubigné n'est pas seulement une précoce intelligence, c'est un petit héros de constance et d'intrépidité. Nous l'avons vu, à Tàge de huit ans et demi, au lendemain de l'exécution d'Amboise, chevauchant à côté de son père indigné, passer devant les restes mutilés des siens et la vengeance des Guises, et, comme le père disait à son fils: « Mon enfant, il ne faut pas que ta teste soit espargnee après la mienne, pour venger ces chefs pleins d'honneur; si tu t'y espargnes, tu auras ma malédiction *, » Agrippa prononça son serment d'Annibal, et, sauf un jour de défaillance que nous signalerons, il tint parole.
A dix ans, fuyant Paris, avec son précepteur Béroalde et sa famille, il est fait prisonnier par une de ces troupes qui infestaient la campagne: là il pleura, non