Œuvres complètes, t. I«r, p
SUR TH. -AGRIPPA D'aUBIGNÉ. 69
trop justes méfiances de son père, fat choisi potir porter les lettres en Angleterre. Il eut Thonnenr d'être admis à un conseil secret, composé du roi, dé Backingbam, de quatre Mylords et d'un enroyé du duo de Rohnn ^ Entre autres réselntions, on décida: «d'envofer quérir d'Aubigné, » et Constant sut se faire donner cette commission. A l'aller comme au retour, malgré dé« fense express», Constant avait passé à Paris, vu de nuit Shomberg, puis le roi, et livré les affaires d'Angleterre et de son parti. De retour à Genève, le fils, malgré ses serments, ne put tromper la perspicacité du père: «Voilà, é^td'Aubigné, ce qui a descbiré l'amitié d'entre le père et le fils, tu Agrippa avait pu tout pardonner ou feindre l'oubli, mais, quand le renégat eut vendu son parti, d'Aubigné n'hésita plus à lui appliquer Tirrémissible flétrissure et à l'appeler, comme en son tei^ment: « destructeur du bien et honneur de la maison ' . »
En octobre 1628, d'Aubigné avait vu succomber la Rochelle devant l'opiniâtre ténacité de Richelieu ; en mars 1629, le roi en personne forçait le pas de Suze ; à ce moment, d'Aubigné, retenu au lit par l'érysipèle, écrit à Rohan que la fièvre couche aussi dans le sien. Deux des plus héroïques défenseurs de la Cause sont ma« lades, comme le parti lui-même. Le' 27 mai, Privas, ca-r pitale du Vivarais protestant, est emporté d'assaut et ses meilleurs hommes pendus « pour couper le bras droit à M. de Rohan, » comme écrivait le roi à sa mère.