Voir Histoire universelle, t. I«r. col. 95, 541 et suiv
9. D'Aubigaé distingue très expressément et n'honore du titre de martyrs que ceux qui « eurent le choix de la vie ou du renoncement. » {Histoire universelle, t. ÏI, col. 556.)
de la conseienèe humaine et le droit de se séparer de Rome.
Ainsi rhistorien distribue l'éloge aux chefs illustres, comme aux moindres capitaines, dont les actions d'éclat sont parvenues jusqu'à lui. Regardant cet hommage comme une dette, il gourmande l'incurie et l'indifférence des fils <K qu'il faut inutilement prier. )> « Vous diriez que la gloire du père rend le fils honteux, et que de peur d'estre obligé aux excellents traicts et parfaites beautez de nos ayeuls, nous en voulons supprimer la mémoire et Jetter au feu les tableaux*. » Ici d'Âubigné se plaint de ne pouvoir, « par la stupidité et le mespris de la renommée n, donner le nom d'un faible navire, qui fit sauter un vaisseau ennemi'; là, il regrette de ne pouvoir nommer « plusieurs simples soldats, qui ont mis le premier genou sur les créneaux ou arresté une desroute par leur vertu. » Ces noms ignorés, il les réclame dans les mémoires dont il demande l'envoi, comme matériaux de son Histoire.
Non seulement d'Aubigné, qui cite tant de justiciables à son tribunal, se plait plus à Téloge qu'au blâme, mais il ne veut pas déshonorer toutes les défaillances. Il sait que Dieu « s'est réservé sur les courages ' » et que les seuls Fomestes n'ont jamais eu peur.
1. Histoire universelle, Attache aux deux premiers tomes, col. 1187 et saiv. Molière ne prêtera ni de plas nobles sentiments, ni on plus beau langage à don Louis gourmandant son fils don Juan... « Vous descendez en vain des aïeux dont tous êtes né: ils vous désavouent pour lenr sang et tout ce qu'ils ont fait dUlittstre ne vous donne aucun avantage ; au contraire, Téclat n'en rejaillit sur vous qu'à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'un chacun la honte de vos actions. » (Molière, Le festin de Pierre, acte IV, scène vi.)