‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 72 sur 200 · Œuvres complètes, t. !•», p · texte numérisé non relu

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SUR TH.-AGRIPPA d'aUBIGNÉ. 94

S'il confesse que les soldats du prince de Gondé « de Reformés s^estoient rendu defformés ' ; t» s'il constate avec douleur « les vices desjà coulés » dans les armées protestantes, « qu'elles avaient fait la première guerre en anges, la deuxième en hommes et la. troisième en diables encharnés*; » s'il n'est pas avare d'amères censures générales aux deux partis, il épargne souvent la tache d'une mention à des hommes dont il retient volontairement le nom au bout de sa plume. Ainsi, la ville d'Amiens est surprise par une ruse des Espagnols et la l&cheté de quelques gentilshommes français*. L'historien les laisse, sans les nommer, se rejeter les uns aux autres la honte de leur panique ; il ne désigne que le brave et irréprochable Saint-Surin ^. A Fontaine- Française*, il donne la place d'honneur à La TrémoUle, « qui s'estoit convié à servir au Roi de miroir, d « abattant avec d'Ëlbeuf la rosée devant lui, » mais il « n'arbore pas » les noms des gentilshommes de marque qui avaient fui, les excusant sur un passé sans reproche. D'Aubigné, qui s'y connaît en bravoure, nous a montré des soldats, parmi les plus hasardeux, pris do frayeurs subites*, et semble faire la part, en certains instants, d'une sorte de fatalité. Quelquefois il mettra sur le compte d'un sentiment de dédaigneuse commisération une lacune de sa mémoire qu'il ne tient pas à réparer : (L Je ne suis pas marri d'avoir oublié le nom de ce gouverneur"'. » Il s'agit d'un gouverneur de Vitré,

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