‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 81 sur 200 · Œuvres complètes, 1. 1»^, p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, 1. 1»^, p

SUR TH.-A6RIPPA d'aUBIGNÉ. i05

ennemi, qu'il s'en vante ou 8'en accuse, sa Vie est remplie de violences, tranehons le mot, de brutalités sans efcuse. Quand M. de la Gaze, le menant à Coudé, voulait, disait-il, « le donner à ce Prince : » « Meslez* vous de donner vos chiens et vos chevaux * , » repart le jeune gentillàtre. Ce garçon de vingt ans, presque besogneux, ne payait-il pas d'une incongruité un bon office qu'il pouvait refuser poliment et l'emploi d'un terme consacré? Quand d'Aubigné conduit de Ségur près d'une fenêtre, le menaçant de lui « faire voir ce saut ', » si le roi retourne à la cour, on conviendra que la menace est brutale et que de tels procédés expliquent de violentes représailles.

Le jour où d'Aubigné accomplissait l'évasion du Béarnais, évasion longtemps préméditée, qui sauva son honneur et prépara de loin son avènement, il lui a réellement ouvert a le chemin de la vie et de la gloire'. » Ce jomylà, le serviteur a racheté au centuple, dans le passé et dans l'avenir, toutes les brusqueries, tous les vices de son caractère; ce jour-là, il a aussi bien mérité de son roi qu'en ces deux occasions où il lui sauva la vie, qu'en tous ces combats, où il recevait pour lui « douze plaies sur son estomac. » Henri a trop oublié ce service, comme aussi le serment de la Coultwe Sainte Catherine, le baiser donné à la joue de ses sept serviteurs, comme il devait oublier le serment notable prêté devant Jeanne d'Albret et toutes ses forces, près de Tonnay-Gharente, « serment preste sur son ame, honneur et vie, de n'abandonner jamais la Gause ^. n

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