‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 83 sur 200 · Histoire universelle, t. II, col · texte numérisé non relu

Histoire universelle, t. II, col

SUR TH.'AGRIPPA o'AUBIGNÉ. 107

saDce la vie de leur maistresse et la disposition des plus grands affaires de la France, si bien qu'en concertant avec elles, la paix ou la guerre du Royaume estoient entre leurs mains. » Du seizième au dixhuitième siècle, et peut-être au delà, combien la France n'a-t-elle pas vu de guerres de Dames! Mais ce qu'on lit aTeo surprise, même chez d'Aubigné, c'est cette connivence diplomatique d'un double adultère, mis au service des ambitions conjugales, c'est l'impudence de la femme instruisant à cette école un mari trop docile. Cette profession de foi, cette théorie, voilée dans VHistoire sous une forme moins hardie que dans le Divorce siUyrique, n'est autre pourtant que celle du cynique pamphlet.

Hasardons, sans toutefois y insister, une conjecture que nous permet de risquer la grossièreté des mœurs. On se demande, en lisant ces lignes, s'il est bien certain que le prince sentit plus tard tout le cynisme de révélations faites par un mari sur les désordres de sa femme, et si le pamphlétaire, quel qu'il soit, qui met dans la bouche du mari de tels aveux, n'est pas plus indiscret que calomniateur?

« La vertu et l'honneur guerrière du roi de Navarre^ (le second mot explique le sens du premier) commença, ditThistorien, à se demonstrer vers ce tempslà ^ (1S79). » Jamais il n'a contesté le courage du roi, mais il nous le montre faisant peu à peu son apprentissage sur les champs de bataille. Le courage, à ses yeux, on le sait, n'est pas ce sang-froid intrépide qui sied à un futur chef d'État, c'est l'aveugle témérité d'un soldat. Aussi, s'applaudit-il de le voir, de jour en

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