CEuvres complètes, t. Il, p
ques restrictions, n'est pas moins explicite : « Or avant sortir dn palais de la eonsetence, je levé la main à Diea que, nonobstant ces choses, je tiens Testât de la Royauté le plus honorable et excellent de tous, quand elle *est appuyée des correctifs qui Tempescbent de tomber en la Tirannie ; car les mesmes accidents peuvent arriver aux autres Gouvernements, selon que
Dieir les bénit ou les maudit Nous tenons Testât où
chacun se trouve pour le plus désirable, en practiquant ce que dit Guicciardin, qui est de le rappeler souvent à sa première institution. » Ainsi, loin d'être un révolutionnaire^ subordonnant la forme du gouvernement ' à des droits naturels, imprescriptibles, à la justice absolue, au bonheur populaire, d'Aubigné partage sur ce point Topinion du sceptique Montaigne et celle du bon M. Plbrac :
Aime TEstat, tel que tu le vois estre :
S'il est royal, aime la Royauté :
S'il est de ipeu i, on bieo Ck)mmanaatés, Aime Taussi, car Dieu t'y a faict naistre.
(Quatrains moraux, i09«.)
Inutile d'ajouter que d'Aubigné ne pousse pas aussi loin que ces écrivains Tinsouciant optimisme. Il lui faut des garanties contre la tyrannie possible. La première de ces garanties est une aristocratie digne, quelque peu hautaine, faisant payer à la royauté ses services par une indépendance souvent gênante, mais toujours désintéressée. Elle n'a point « les genoux escorchés ' » ni rien de commun avec ces « champignons » ambitieux et cupides « qui possèdent TEstat et le mangent.