‹ Etude historique et littéraire sur saint BasileChapitre 7 sur 44 · TI · texte numérisé non relu

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Basile avait ravivé le clergé, réformé l'épiscopat, restauré l'Église dans ces vastes contrées. A la vue de tant de bienfaits, qui oserait tenir compte de quelques faiblesses au grand archevêque? Qui oserait lui reprocher cette opiniâtre et inflexible fierté qui fit sa force, des rivalités toujours regrettables, un acte de violence peu généreux ? S'il eut transigé avec le faible Dianius, s'il n'eût dominé l'incapable Eusèbe, si, à la mort de ce dernier, il ne se fût saisi du pouvoir, qui allait tomber en de plus mauvaises mains encore, s'il n'eût défendu les droits de l'Église de Césarée

(1) Sancti Basilii, ep. 169, 170, 171.— (2) Ibid., ep.265, p. -109, D. (3) Ibid., ep. 81 et 198. — (4) Ibid., ep. 290. — (5) Ibid., ep. 81.

contre l'ambition d'Anlhime, enfin, s'il n'eût exigé de tous, même au mépris de l'amitié, cette obéissance sans réplique, cette soumission absolue qui était la vertu de ses moines, ce dévouement sans borne à la cause de Dieu, ce sacrifice de toutes les affections terrestres, dont il était le premier à donner l'exemple, eùt-il pu triompher de l'esprit de révolte et de division qui, au milieu de la corruption générale, menait l'Église d'Orient à sa ruine? Mais, si ces caractères entiers sont seuls capables de grandes choses, ils font souffrir les âmes plus douces qui les approchent. L'histoire, qui doit la justice aux faibles comme aux forts, tout en nous faisant admirer ces grandes natures, ne peutelle aussi nous intéresser aux larmes que leur inflexible volonté et d'impérieuses nécessités font répandre autour d'elles ? Ne faisons pas à saint Basile l'injure de penser que sa gloire ait à souffrir de quelques misères, qui sont loin de la ternir. Une vie, comme la sienne, peut paraître au grand jour. Si on y voit des taches, que prouvent-elles, si non que le Verbe est le seul sage (1), que les héros et les saints sont de la même chair que les autres hommes (^) et ne sont, comme nous, mais en des proportions différentes, qu'un composé de grandeur et de petitesse? Le dirai-je, ce mélange de gloire et de misère que présentent les vies les plus parfaites, est une consolation et un enseignement pour l'humanité. En voyant que, dans ce monde, le mal s'est toujours trouvé à côté du bien, l'homme est moins tenté de calomnier son temps ; il se sent plus d'indulgence pour ce que pardonnera l'impartial avenir et sait mieux apprécier ce qui mérite d'être glorifié.

(1) Sancti Greg. Naz., t. n, p. 8. — (2) Sancti Basilii, t. ii, p. 34.

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