‹ Étude historiqueChapitre 4 sur 25 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Situation politique en 18î;0.— Ministère Lafontaine-Baldwin. - Retour de Papineau. — La pléiade rouge. — La presse.- Les " Cleargrits ". — Scissions dans le parti libéral.— Coup d'œil sur l'église du Canada.— Mgr Plessis.— Prospérité de l'église du Canada. — Ingérence du clergé dans la politique.—^Jonflit entre l'Etat et le clergé.

Pour bien comprandre le rôle que M. Letellier a joué dans sa carrière publique, il faut se rendre compte de deux choses. D'abord de la situation politique du Canada à l'époque de son entrée en scène, et ensuite de la situation de l'Eglise dans ses rapports avec l'Etat.

Prenons à vol d'oiseau un aperçu de cette double situation.

Le ministère Lafontaine-Baldwin était monté au pouvoir pour la seconde fois. Franchement libéral, il l'avait emporté sur le parti conservateur ou "Tory," et "^nvernait, sous Lord Elgin, suivant les principes loyale-

nt reconnus du système que nous appelons gou-

nement responsable, et qu'enfin nous avions conquis,

aiirés (les luttes qu'il serait trop long de i sans contredit le ministôre le plus hom pays ait droit de se gloi'iKer; grave, dési:

de respect pour l'ordre It-^^.il, de sollici iiitL-rèts du peuple, et dV-Hicacité à soi; clergi', i-evL-nu de sou antiiwthie contn Caniidas, loiti de se montrer hostile au vtait favorable, sans toutefois s'iuimiscer i du corps éli:ctoraî.

Chacim s'honorait alors du titre et du rid " ou " réformiste. "

Grâce à Lafontaiiie, l'apineau, fugitil l'aris, c'tait revenu de son exil. Il é Canada avec tout le prestige de son glor avait i-té élu peu après, dt'put*!' du comté l'ice. Il pouvait jouir eu triomphateur ses longs et rudes combats pour les liben chises [lopulaires, et cueillir encore des veaux sur le sol arrosé du sang des patrîi

Maix le fougueux tribun ne comprit Il ne s'aperçut pas que les temps et la changé. Fier, ambitieu.v, désappointé, encore désabusé des adulations sans bon À sa première grandeur, de l'immense pre entouré sou nom, et du pouvoir presque i; avait exei'cé i^cndant si longtemps sur '.

où il avait plus que rêvé de fonder une r.

6a présidence. Il recommença ses longues harangues et ses invectives contre le gouvernement impérial et le régime constitutionel, au lieu d'essayer à tirer un parti utile du nouvel oidre de choses établi. Il n'avait appris qu'à démolir, il ne sut ou ne voulut }'as mettre la main à l'œuvre pour reconstruire. Lui, chef pendant si longtemps, ne voulut pas abdiquer et servir en second, pas plus que César à Rome.

Faute de mieux, il devint le patron de la nouvelle éeole fond('e ])ar VAiWfiir. Ce parti naissant était composé de jeunes gens de talents, aux idées avancées, appelés la "Pléiade rouge," et ]»lus tard 1< s "l'oiiops." Dès leur début, ils portèrent ombrage au clergé j.ar leurs tendances républicaines, leur esprit frondeur et novateur, et ils ne tardèrent pas à se l'aliéner comjJèteluent par des écrits irréligieux, des attaques contre la dîme et contre l'influence du prêtre.

Leur programme politique, tel qu'il avait été exj)osé à Saint-Ours dans l'automne de 1851, n'aurait pas di\ être rejeté en entier, puisqu'il fut sagement et forcément ado])té en grande paitie plus tard, comme, entre autres articles, l'élection du Conseil Législatif, la codification des lois, la réfoime de la iudicature et du svstème municipal, l'amélioration de l'agriculture et de l'éducation, ^« réforme électorale, la réforme postale, la réciprocité u commerce avec les Etats-Unis, etc.

Mais l'ivraie était mêlée avec, le bou grain, et le radi-

calisme de leur organe contribua à étouffer la bonne semence.

La presse protestante, particulièrement les organes des clear^grits, appuyait le nouveau parti, et par làmême rendait les catholiques plus hostiles, plus défiants. Dans le Haut-Canada, les sorties virulentes du Olobe contre les papistes, et surtout à l'occasion de l'établissement de la hiérarchie catholique en Angleterre, lors de l'élévation de Mgr Wiseman au titre d'archevêque de Westminster, créèrent, dans notre province, nne rupture complète entre le clergé et les partisans libéraux de George Brown. En les combattant, le Journal de QuébeCy rédigé avec vigueur par M. Cauchon, s'alliait le clergé, dont il défendait la cause. Ce fut M. Cauchon qui, à cette occasion, commença à créer parmi ce corps religieux une école politique inconnue jusqu'alors, et qui, avec les années, a pris le développement dont nous sommes aujourd'hui les témoins. C'est un fait admis maintenant que M. Cauchon s'est fait un piédestal de cette influence pour satisfaire son ambition.

En général la population des campagnes lisait alors

peu ou point les journaux, et ne pensait pas s'en trouver plus mal. Les vues politiques des partis, exposées sur les husfinga par les orateurs ambulants, dans les tournées électorales, n'étaient guère plus p* près qu'aujourd'hui à développer en elle une sai

intelligence de ses droits et de ses devoirs dans l'Etat Elle avait à s'appuyer sur son bon sens natnrel pour se guider. Néanmoins quoique non suffisamment éclairée, cette population ne méritait pas à coup sûr le reproche qui lui fut lancé plus tard, d'être une rdce inférieure, même en admettant un progrès matériel plus avancé chez les Haut-Canadiens et nos voisins des Etats-Unis, lequel progrès n'est après tout qu'un des éléments de la civilisation.

On peut l'affirmer, les idées d'ordre social, les vrais principes du bien-être des peuples, le respect du chef de famille, de la loi, de l'autorité, des magistrats et des ministres de la Religion, sont bien inculqués chez le Canadien-Français, découlant d'une source incessante, pure et régulière, et toujours prête à relever le niveau moral du peuple. De là vient une supériorité dans ses notions, une saine intelligence de ses devoirs sociaux, qui en font un peuple comparativement sage et heureux, qui ne craint pas sa fécondité, et qui sera longtemps encore à l'abri des ravages du socialisme.

Ce qui lui a manqué et ce qui lui manque aujourd'hui, c'est l'enseignement clair et simple, dès l'école primaire, des éléments de notre constitution, afin d'apprendre à en apprécier les avantages inestimables, à en connaître les rouages et le fonctionnement, et en faire

fige avec connaissance de cause.

ifotre amour propre dût-il en être blessé, il ne faut pas

LETKLLIER 1 E SAINT-JU

se le cacher, et noua le disons, il y av il y a encore anjoui-d'hui, une opinion iner sur cette base, i^'clairi^e par le jiig3 pour arriver, par ce moyeu, à nn mou ble qui impo.9e les vnes du la masse d bonne administration de la chose pnbli

Malheureusement, le peuiile n'a pt surveiller par lui-même ses intérêts; 1 montre à cet égard une insouciance classe dirigeante, dans notre payn, à que appartienne, n'a-t-elle pas des reproc cet endroit ? Est-ce donc si peu de ch individuelle, l'égalité devant la loi, 1 taxer soi-même et de se gouverner lit même, surtout de ne pas subir des cause de son culti ?

Celtes, ce n'est pas en flattant constat du peuple qu'on l'instruit à devenir n»

cette tâche aux chercheurs de populari' défauts en apjircnant à les connaître.

journaux indépendanis.

La presse française, en giînéral, a t notre province, une immense difficu pour maintenir l'existence de ses joi mêmes, ce qui est le seul moyen de caractère d'indépendance. A très peu (î elle a dû avoir recours k des subventio

ment sous diverses formes, et en retour elle prenait sa défense obligée. Les journaux de l'opposition, après avoir épuisé les ressources privées, fournies par le zèle et le patriotisme de leurs fondateurs et de quelques amis dévoués, finissaient par mourir d'inanition les uns après les autres. Les sacrifices pécuniaires que ces journaux entraînaient sont devenus ruineux pour plusieurs de leurs fondateurs.

Dans ces conditions, comment parvenir à former, par la presse, une opinion publique saine et éclairée ? Les journalistes n'ont-ils pas de graves reproches à recevoir de la génération qu'ils ont voulu diriger, depuis un quart de siècle, au point de vue exclusif de l'intérêt des partis ?

Pendant que les rouges du Bas-Canada se détachaient du parti libéral ou réformiste dirigé par MM. Lafontaine et Baldwin, il se fonnait, dans l'autre province, un nouveau parti appelé " Clear Grit" dont le progmmme était à peu près le même que celui du parti rouge.

Ces deux scissions devaient produire un funeste résultat pour le parti libéral du Bas-Canada. Elles amenèrent, en 1854, son alliance avec les "tories" du Haut Canada. Le parti devint de plus en plus conservateur, jusqu'à ce qu'il en prît exclusivement le nom, qu'il porte aujourd'hui dans la province de Québec.

lis les conservateurs d'Ontario lui ont maintenu habi-

uent jusqu'à ce jour son nom de baptême " libéral-

îservateur."

Telle était l'arÈne politique où M trer.

PassoDâ maintenant eo revue, ai

possible, l'ensemble des év«-i>emeiifc destiniie du clergé canadien, depuis nie jusqu'à l'époque qui nousocciif fera apprécier la situation qu'il occ de l'ordre temporel.

Nous veiron'î comment il est pai ficultéa en apparence insurmoutabL gré l'inégalité des chances contraire 30U3 le régime protestant de l'Angl dance de fait qui n'est pas conlest ercer une prépondérance marquée t

Avant la conquête, le clergé fiui nada, emporta avec lui le droit cot de la France, a^sez bien déliui alo l'Eglise gallicane, devenues anormi l'Eglise universelle, n'en existiiient depuis saint Louis. Elles avaient 1:

outre celle des Concordats survenu tiqne sanction, et précisaient Cijrtai pouvoir de l'Etat et celui de l'Eg démarcation, destinée de tout tem flottante, sinon en théorie, du nioit soumise à une vigilance sévère ou

on indulgente, suivant les dispositions de caractère des fonctionnaires publics de la colonie.

Il y a des exemples assez nombreux, dans les registres du Conseil Supérieur de Québec, pour attester qu'on tenait la haute main pour arrêter tout empiétement illégal, ou prétendu tel, sur le pouvoir temporel, et qui montrent une défiance et une jalousie réciproques bien prononcées. Cette attitude est assez bien définie par Frontenac, quand il écrivait que le clergé " étant ** maître du spirituel, c'était une grande machiue pour " mener tout le reste. "

Eu sorte qu'on peut affirmer que le clergé était soumis à une dépendance de l'Etat, souvent contestée, mais réelle, et qu'il ne jouissait pas, comme Eglise, de l'indépendance absolue qu'il réclame pour elle comme pouvoir distinct et supérieur à Tordre civil, car il était, en certains cas, justiciable des tribunaux séculiers, et du Conseil souverain du Roi de France.

Eien ne démontre mieux cette dépendance vis-à-vis de rhiat que le recours continuel au Eoi, même dans les questions qui sont exclusivement religieuses, et qui ressortissent essentiellement à la cour de Home.

Nous n'avons pas ici à approuver ou à désapprouver

l'ancien état de choses, ni à traiter les principes de

essence et d- s limites des deux pouvoirs. Nous nous

ornerons à la relation des faits qui nous occupent, lais-

mt au lecteur à les appi-écier par lui-même.

62 LRTKLLIER DE S.

Il est indubitable qu'après la queliiiiea o[iiiiioii3 contraires, * tiqiie, avec les dispoàitions si contintift ft exister, sauf les moi ordre de cliuâOâ itu[KJ3ait, et la du ciilti; Ciitlioliqiie, suivant la Imité de 1703, qui ne l'accord' anr/laUes le lierTiiettent.

Admis en pratique depuis pt droit commun ecclésiastique de firiuer, s'applique eucore au Ba

Comment, en présence de ce qui upiiosait un obstacle lég.i agrandissement, l'Eglise du Ca lopper, devenir forte, vivaee el une de ciis éventualités que temps ne pouvaient giièi'e prév« et qui nous anièuB à r^^eonnuît.

ciale de la Providence.

Car on ne pouvait pas se dis; vait inspiier, iuiméJiatement a aupréniiilie et les suites visiblt lande. Il lie f.uit pas oublier qi tinetement, clergé et peuple, qn pays devinrent »ujp.U anrfla'itt,

• Piign.itlo.— /J- /a liUrU rfhijii^use ,

TIMTS 63

re soumis, de par la codsir spirituel et temporel du istitution rend indivisible, re, à l'endroit de la religion à se dessiner clairement, ^lise anglicane et sa hiémrnllers du Roi, à deux reprises amorentes, en ivoo et en 1768, la question de savoir si on devait appliquer aux nouveavx «vj^Ab IfS lois pénales du royaume contre les catholiques. Il est vrai de dire que l'opinion foiinuk'e fut favomble aux Canadiens ; s'il en eût été autrement, peut-être auraient ils subi, en dépit du traité, le sort des Irlandais ou des Acadiens.

Sous le rapport de la subsistance matérielle, le clergé semblait devoir être pris par la famine; car les dîmes devinrent affectées aux deux églises protestante et catholique, et elles demeurèrent en suspens jus(]u'à l'acte de Québec, en 1774, faute d'autorité reconnue pour les percevoir, Mazères nous dit qu'elles furent peu ou point ues.

joutons à cela les instructions formelles envoyées aux /erneurs, de donner l'usage des temples catholiques deux cultes alternativement, à leur convenance , de re communs les cimetières ; de ne permettre À auprêtra d'exercer ses fonctions sans licence de l'iiué protestante, seul titre qui donnât droit au titu-

64 LETELLffiR DE SAIKT-J

laire de percevoir la dîme ; de rcsen droit de iiomiiiatiou aux cures; d'ob gouverneur |iour enlror di.na les o clure de tout bfjiit'fice ecclésiastique canadien de naissance, et de l'astrei d'allégeance spécifique (14 Geor. III ver de toutes censures de la cour de qui voudraient enibi-asser le protestai enfin, ajoutaient les mêmes instructi du culte catlioli'iue rien au delà de ment indispensable à son exercice, devant partout ciîder le pas il l'église ci (levant être la seule reconnue dant

Toutes ces restrictions et ces entra raisonnables et tyranniques, étaient ■

Elles demeurèrent les unes secret effvjt, ou plutôt ellei furent éludées p qui étaient bien aisus de les voir dai pas froisser le sentiment religieux d des jours menaçants.

I^ chef de l'Eglise catholique du C élu par le chapitre après la conquêtE sieurs années pour se faire reconnaît Ji se faire admettre que comme adni clemé. Sa situation était extrêmen:

barrassante. Il se trouvait en préseï ministère anglais, prise par suite de

Lord North en plein Parlement, que jamais un évoque catholique n'aurait droit d'exercer, sous l'autorité papale, aucune fonction en Canada.

I-e nouvel évêque, dont l'existence, pour nous servir de l'expression anglaise, could not be ignored, ne se trouvait pas dans une position moins délicate vis-à-vis le Érouverneur du Canada : ce dernier ne pouvait reconnaître officiellement sa qualité d'évêque, car, par son serment d'office, il avait juré de ne recoimaître et permettre dans la colonie aucun autre pouvoir spirituel que celui de son souverain.

On sait quels ménagements, quelle adresse et quelle diplomatie l'évêque Briand dut employer, pour obtenir, non pas sa reconnaissance comme titulaire, mais le simple silence sur son investiture, qui n'eut lieu qu'en 1766, et pour s'assurer en même temps un successeur dans Mgr D'Esgly.

Comment l'épiscopat et le clergé sont-ils parvenus à tourner tant de difficultés et à surmonter tant d'obstacles ? Ce fut par une prudence consommée, qui sut profiter d'une suite d'événements inattendus, et survenus à point, tels que l'invasion américaine de 1775, la révolution de 89, la longue suite des guerres de l'Empire, la guerre de 1812, et la rébellion de 37, qui, donnant au clergé l'occasion de montrer sa parfaite 80 mission et sa loyauté à la couronne d'Angleterre, fo '^rent les conquérants à ménager son influence, et

66 LETELLIEB I

contribuèrent h affermir s ment anglais dut se moiitit sant, ei acconler «ne tolc'ra naient i son profit.

Il est vrai de dire que le cabinet de Londres de voir les ennemis du dehors, i^taic de cette lolémnee ; mais, < n'en denienrait pas moins a

D'un autre côté, il fai l'Angleterre, qu'à mesiire i ses prûjngés, elle h nionlriî valoir le sentiment de lil chez elle.

Il (îtait réservd à nii hon plus illustre des prt-lats d soitir de l'imjmsse ûtroite où seni'S depuis plus d'un de consommée, d'une hnbi'etî ; d'une fermeté sage, calme c tout BpostoIi(]ue, il parviii signalés Ji l'Etat, tout en sacré confié à ses soins, à af faire reconnaître officiclleme bec.

Depuis lors on peut dire n'a été mise au libre exerci

nis sur un pied

pH se diîvelopper ueésaiues, et est un coips orga-

' le seiment d'inlie lui a gracie»'

és&ince officielle l'une subvention :t K'giile. * Les ;s sont reconnues ères. En un mot a était devenu ni u 5e concile de iiter hautement :

1 déclarée solen- " ueliement qu'en aucun pay:j l'I'.glise n'est plus libre

' qu'au Canada." Et Mgr Baillai'geou, archevêque de

Québec, répétait un peu plus tard :

" Nous ne connaissons aucun pays où la religion

' jouisse d'une aussi grande liberté, et exerce une plus

' large part d'influence."

quniquc iiii'K^ilemcnt r£ parti?, n'n jins soulcrû de tntcan )ai]i les conlrcj populeux In preuve il.' ente iiiégikli ù s n supplimi-iit fixû par l'I^vJque ; mica ce supptôioeQt

Après avoir vu s'asseoir, douù hiérarchie et son pouvoir spirit clergé aurait dû trouver sage do i s'exposer à troubler sa paix, oo terrain si he lire n sèment conqi causes et les motifs qui l'ont i conflit avec l'oidre temporel î N suffisantes en dehors de hii-mân] blier que cl'.rgt; d'alors n'avait pi passé. Devenu indépendant, il hérente à l'huinaiiîté, à étendre pouvoir te»i]ioreI, et rien d'étonna même le raisonnement que prête trefois en Fnince ; "Comment!

" ce qu'il a du plus élevé, de ] l'homme, sur sa pensée, sur sa " sa conscience, et je n'aur^iis \>i extérieurs, uiatéviels vt passuyt di! ia justia', de la vérité, et j r.'p|H)rts ni'in.liiius suivinit la ji Ce lanyage était bien difféivi ries-is, quand il écrivait au " l'révost: '■ Cinnme on le .suit ' " évê'i'ies de (Juébi'C ne ji'éietu " qu'an spirituel, et seulement " liqnes."

Dès lors commença (tant il c

e son autorité) cette intertiques, par une action d'aocale, qui devait plus tard de mouvement du cierge^, erteinent dans le fameux .871, approuvé par deux

e tendait à rien moins qu'à : son choix et i^ gouverner 3 le nom de grand parti idre mii et l'wi^sant.

; les leitros pastotiilea de suivirent de près, provomtuée de la part de la nii- T. Galt, ancien ministre )i;lmres intitulées, " Civil '' et " VJiurch and State," Attitude du clergé canadien corps électoral. I,es proiicr nue alliance défensive, e.

e danf^er, ordotuia la supprescrivit anx évêipies un i le coiiceriiuit. L'archei désavoiié par une circiiait connu que par la voie

Oii peut se demander aujourd'hui s' lionr une jiartie <Iii cler^ô, dont les m Hii-elleineiit solidaires, d'oublier si vi passcVs, si longues à Riiriiiontcr, jw nouvelles sans nécessilô absolue. Le( teiirs de ce nouveau mouveiuent oiil-il tioua ni'cessaires iioiir se mettre en g; pluitatian de leur influence \^a.v des ui h en tii'er pixifit ! Les uns et les autre rendu eam|ite de leur conduite ? Oi diingers qu'il y avait de saper pour Vi It'gitinie du clergé î

Il senn't curieux de rc^capituler ce q personnages de la classe dirig^'aiite, dé ont fidi, ditcbéeiit depuis trente nn:

n.-ligion à toutes les questions, sous p dre ce qu'ils a[i[«luient les tioiis j quelle insigne luaiiviiise foi n'a-t-on [la fondu les libéraux en politique avec It iîqncs, pour abuser du la ci'édulilé du du lauftage du chef de l'Kglise in^idiei

L'c\ê-|uc d'Amiens, JlgrGuilbiirt, a vèque de lîordeauK, a dénoncé nne œi semblables individus en France. " " doctrinales, dit-il, de c-rtaiiis Jou " cathiiliques, les polémii;ues lucour^idi " membres du cleig', et surtout lu. foll

•* f\?oder la religion aux partis politiques, n'ont pas peu " contribué à soulever contre elle «le friclieuses préven- " tions. Car, à moins d'être aveugle, il est difficile de ne " pas voir que si beaucoup de nos défenseur sont de " vrais et sincères chrétiens, qui placent avant tout les " intérêts religieux, il en est aussi, parmi eux, qui ne " considèrent que les intérêts politiques, et qui vou- " draient faire de la religion un instrument pour leur " cause."

Ce passage remarquable contient le tableau fidèle de ce qui s'est passé au Canada. Et on serait tenté de dire qu'une suite d'événements aurait été préparée exprès h l'avance dans l'intérêt de ces individus, pour soulever une guerre politico-religieuse et Talimenter sans fin. Faisons brièvement cette nomenclature : l'affaire Guibord, celle de Kiel, les écoles du Nouveau- Brunswick ; les arrêts des tribunaux dans les élections de Bonaventure, Berthier et Charlevoix ; le protêt collectif des évêques à l'encontre du jugement de la Cour Suprême sur l'élection de Charlevoix ; la condamnation du catholiscisme-libéral, les mandements des évêques sur le même sujet, et ceux explicatifs des précédents ; la publication du programme de 1871 ; celle de " la " comédie infernale " ; la division des cures de Montréal ; H guerre contre l'Université Laval ; les divergences lubliqups d'oï)inion entre les prélats; les meurtres et iolences à l'occasion des processions orangistes à

72 LETELLIER DE BAIST-J

Montn^al, de celle des catholiiiues ù T du Légat Aîgr Cooroy, lea recoure contre, etc., etc.

Il faudrait étudier en détail les eau ces divers événements et les écrits qu' pour se former une idée du nouveau tif)ue créé par le clergé, yimt juger d tévede son action sur l'ordre social, i rôle qu'il a rempli sur ce point dura époipie : ce qui nous entratnemit tro nous k constater comme résultat un f fluence que le clergé a exercée eu pol:

électoral et sur la classe dirigeante. ( on ne peut rej)rocher au clergé d'avoii timc influence. La fnute consiste à ne en réserve pour une oc-asion grave nécessité absolue et impi'rative, au pi gieiix ou national.

Sa puissance, dans un semblable ca tout le corps électoral catholique avec

En dehors de son caractère divin, \i influence étaient multiples. On n'a pa nous, les services immenses qu'il a française comme nationalité canadiec avait pi-odnit, entre le corps du cit fidèles, une parité de situation qui cim et les liait dans ua int^irét commun.

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