‹ Étude historiqueChapitre 6 sur 25 · EMPS · texte numérisé non relu

EMPS

i administratives. Il s'aiiicipe important, anjourd'hni paifaitement reconnu. Un membre de i'ojijogttion, M. Boulton, proposa d'empêcher tout emploi des deniers publics sans la sanction préalable du Parlement. M. Letellier vota contre le ministère, et M. Chauveau fut le seul canadien- français qui se rangea avec lui. M. Lafontaine admettait le principe et le suivait en praliiine, mais il ne voulait pas lier l'administration pour les cas soudains et d'urgence imprévue. Aujourd'hui ou y supplée par un bill d'indemnité, que les ministres s'empressent de demander aux chambres à leur jjremière réunion. Messieurs Chauveau et Letellier curent le tort de ne pas persister jusqu'au bout, et revinrent à l'opinion de M. Lafontaine, qui fit rejeter te bill.

Le nouveau député prêta une attention suivie aux débats de la session. Ami sincère du peuple, implacable contre les abus, il prit sans gène son franc-parler, quoiqu'il donnât son concours au ministère Lafontaine- Baldwin. Maïs, comme la plupart des nouveaux venus, il consultait de préférence son propre jugement, sans se lier absolument, malgré son profond respect pour M. Lafontaine et sa grande confiance en M. Baldwin. 11 n'avait pas encore acquis l'expérience de l'impérieuse et inévitable discipline de parti, qui domine en paile-

3nt, au Canada, avec une rigidité qui étouffe trop

uvent les dictées saines de la raison,

Sa hardiesse étonna les vieux de Tancienne école. On connaît le respect que les anglais attachent à Tautorité de ce qu'ils appellent les précédents. Dans le cours d*uu débat, on lui objecta qu'il n'en montrait aucun à Tappui de sa pioposilion. " Eh bien, répondit-il, s'il n'y " en a pas, nous en ferons un ; ce sera le premier, puisqu'il ** en faut un pour apprendre à penser par autrui." Cette idée d'innovation et d'indépendance, qui aurait été applaudie devant une chambre française, causa jîresque un scandale, d'autant plus qu'elle provenait d'un jeune député. Mais sa franche allure et la valeur personnelle qu'on lui reconnut effiicèi eut l'impression qui aurait pu lui être défavorable.

La session fut remarquable par le nombre et l'importance des mesures qui furent soumises, telles que la construction du chemin de fer du Grand Tronc, l'épuration des mandats des députés, l'abolition du droit d'aînesse dans le Haut-Canada, l'abolition des droits féodaux, le retrait des terres réservées au clergé protestant, l'adoption du système décimal au cours de la monnaie, l'élection du Conseil législatif, l'augmentation du nombre des députés, etc., etc.

M. Merrit y introduisit pour la première fois le projet d'une " Confédération," en proposant une adresse à la Eeine dans le but de la réaliser. Ce projet n'eut pas de suite.

M. Letellier, de son côté, y présenta deux mesures,

une pour rJJuirô Tinlemaibé sessionnelle des députés, l'autre pour récuser, dans les cas où les droits féodaux étaient mis en question, les juges qui se trouvaient être en même temps seigneurs. La clôture de la session mit fin à ces deux projets de loi. Il aurait dû confier le premier à un ancien député, pour écarter le soupçon de vouloir leurrer le peuple à rapproche des élections générales. Quant au second, l'expérience a démontré qu'il n'était pas nécessaire, et que l'on pouvait compter sur l'impartialité de ces juges.

Ses goûts pour la chasse et ses observations pratiques à ce sujet, l'engagèrent à faire adopter une loi pour la conservation du gibier.

Cette session est restée mémorable par la démission de M. Baldvnn. Il n'avait pu rallier une majorité hautcanadienne pour maintenir la cour de Chancellerie qu'il avait précédemment établie dans sa province. II voulut sanctionner, par sa démission, le principe de la double majorité, qui maintenait eu éq^uilibre les forces de chaque province, et son noble désintéressement lui gagna l'admiration de tous. Ses amis, qui avaient été la cause de sa défaite, firent des efforts persistants pour l'engager à revenir sur sa détermination, mais il demeura inébranlable. On n'a pas encore oublié les adieux touchants que fit à la Chambre le plus vertueux de nos hommes d'Etat, celui qu'on peut regarder à juste titre comme le père du gouvernement responsable, te} qu'il

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lions l'a tiansmis. Son nom est rest

de nos gloires parlementaires.

Peu nprùs M. Lafontaine causa ii en annonçant son intention de se re que, une fois la session teraiiniie.

ans ; il était au sommet du pouvoi encore dans tout son <^ctat.

Il est difficile d'assigner les eau inattendue du chef le plus fort du Bas-Canada. La réticence de M. L jet n'a pas permis de les conuattre. léguer des motifs purement personu à croire qu'il a commencé par être f de la carrière ingrate qui s'offre ai dans une colonie où l'indépendauct pas réunie à celle du caractère. Si fait pour l'intrigue, et sa dignité au se fût cru obligé de faire un pas ] Il voyait une certaine cabale se form cabale qu'il lui eût été facile d'écm à le supplanter, Uu mouvement ; contre les droits seigneuriaux, et qu spoliation qu'à un règlement équi été, après la démission de M. Baldw nante de sa retraite. Au reste il rempli sa tâche, et mis les finances

. gloire, prévoyant qu'il ne pourvec aiitiint de prestige, e, ]>artictiliè renient celle de M.

r un coup fiital au parti libéral nener la division diins ses rangs, i à nne alliance avec les tories du )ni(jer le pouvoir dans des mains :er peu à peu le niveau moral

ministres étaient demeurés' à de péculat, de vénalité et de coruis celte époque, chaque année a

les gouvernants une corruption

allées en grandissant, pour arri- ;énéml des caractères, à la catasîétri l'honneur national.

t pu prévoir seulement une partie

sa retraite devait euti'alner, la eût été de sa part nue licheté :ez longtemps pour s'apercevoir L tenir le timon de l'Etat, son iix, n'aurait pas été absorbé par ' l'élément conservateur, jusqu'à do libéral dans la Province de

d'adieu à la vie pitk1ik[ue, au donnèrent ses amU à Montré.tl, t trop sur le patriotisme, l'esprit

de sacrifice, l'abuëgatioD et le d^ ses successeurB.

Mats, au milieu de l'afTaisseni civiques dont nous avons été téi soonages dont les noms sont Ki nous devons saluer avec respect, exemples aux g^nérationa future

Espérons que oouh en aurons français purs comme Morin, g Papinean, intègres comme Sir dants comme de Sales- Laterrii Geoffrion, irr^prochaUes conn dignes et fermes comme Foun CaioD, vertueux comme de Boi l'honneur et chsvalesques comm'

M, LeteUier considérait com d'avoir été en mpport intime t hommes.

Il se plaisait à rappelerle soiiv Baldwiu, ces deux beaux caractè son imagiuation au début de sa Il établissait souvent un parallèl ces deux hommes, nos plus gram chez lesquels il ne voyait point d admirait les nobles dous de l'intelli deux, doués de qualités différenU par l'autre dans leur action com

id qui impose ; ielacandenret onr convaincre ie«x hommes, M, L«teilier devenait éloquent dans son admiration. L'appréciation qu'il faisait de M. Pajiinean, dont il s'était trouvé le collègue, était moins enthousiaste. Il le voyait descendu de son haut piédestal, et déchu par luimême de sa première grandeur. Son patriotisme et son zèle pour la cause du peuple étaient bien les mêiuea, mais mal dirigés. L'expérience ne lui avait rien appris; et depuis l'époque de sa fuite, il était resté stationnaire. Ses harangues étaient toujours les mêmes, et ses coups portaient 1© plus souvent dans le vide, parce qu'il n'y avait guère plus rien à détruire de ce ([ii'il combattait. II ne comprit pas la nécessité d'adopter le nouveau régime de gouvernement, de l'organiser et d'en tirer le meilleur parti postible. Sa haine et ses préjugés coutre lesinstitutions monarchiques de l'Angleterre lui voilaient les avantages de la stabilité et de l'équilibre des pouvoirs, qui fout de son peuple celui du monde le plus librement gouverné.

Défait à Montréal aux élections de 52, il fut élu peu après aux Deux- Montagnes. Son prestige diminuait ^uellemeut. Peu a peu son intluence s'effaça. Il se 'tira enlin à son manoir de Montebello, pour y couler I paix le reste de ses jours, et les termina avec ses

LEïELLIER DE SAINT-JUST

seules vertus païennes, qu'on ne saurait refuser de liû reconnaître comme possédées à un haut degré. Sa mort, arrivée eu septembre 1871, fut loin de créer la sensation à laquelle on aurait pu s'attendre après un tel passé.

On a jeté un voile sur sa fin pour ne se souvenir que des glorieux états de services qui ont rendu son nom impérissable. *

11 est un autre de ses collègues que M. Letellier avait deviné, et dont il avait mesuré la portée du talent et l'étendue des ressources. " Cet homme, est destiné, " écrivait-il dès cette époiiue, à devancer, si Dieu lui " jnête vie, tous les autres dans la lice." "f C'était le jeune député de Kingston, devenu depuis Sir John- A. Macdonald.

Vers la fin d'octobre 1851, le ministère Ilincks- Moiin s'était formé à la suite de la retraite de M. Lafontiiine. Il était composé de l'élément libéral du Bas-Canada et de celui du Haut-Canada, avec l'accession du Dr Rolp et de Malcolm Cameron, deux Clear

• Le vieux greffier F.-X. Perrault, si bien connu à Qnébîc avait fondé et maintenait ù ses frais divci-ses écoles prinaaires, d'agriculture, etd'arts et métiers. Il racontait l'annecdDte suivante, avec un plaisir malin, au sujet de l'encouragement qu'il recevait du public. Ayaot invité M Pa])inpau à visiter se^ écoles, il en reçut des éïojçes si flatteurs et si eue .ura«îeants, qu'il crut pouvoir lui demander une aide en faveur di» SOS élèves. A sa grande surp;ise et à son vif dé appointement M. Papineau lui rem't un trente fo'ê. Apres cette décoavenue, il n'est pai étonnant que toute la ville en fit des gorges chaudes.

f Lettre di M. Lclellicr à Mme LotL'Uier, du 19 mai 1851.

■3 provoqua niÎEiistL're.

nbikttiiit les [tit ditiis Ità tance i>oni' r iiieilleiii'e lï l'élément ■e, puisque on, Driun- .but, agréèrJjiidiciab!*!

et les (ilec- !t diiViiient ienx tories yéa [lai lus lea ronges ibles. Papit sa défaite à uae habile stratégie de ses adversaires, qui, à la dernière heure, pour sauver la pactîe, portèrent leurs suffrages en masse sur un seul candidat, M. Badyley. Ils furent secondés par l'influence du clergé. Ailleurs les libéraux avancés, Holton, Doutre, Plainondon, C. lîflOttst, Fouriiier, de Witt, J.-B.-E. Dorion, restèrent le carreau, ^ns le comté de Kamouraska, la lutte s'engagea

chaudement. M. Chapaia n'i depuis sa défait& Il avait divers curés du comté, et s'ei dont quelques-uua nés actifs paré les esprits à suivre l'i leur imprimer. L'Avemr di luent suffisantes pour être o suivait nullement que M. Le s(.>rt, au moins sans être enu ue pouvait iudiquer qu'il ap Chapais, comme nous l'avoii accust!, dans la presse, d'être .

Les attaques du Globe cou Chapais exploitait habilomei particulière à sa cause. Il étt qu'il en attendait, en retraçai] et des " clear j^rits."

Ce fut alorj qu'un incidem vait prévoir détermina une li comté coutre lui. Voici k qu< la paroisse de *•* alla assiste dans la maison d'un habitant candidature de M. Chapais.

sion, il se laissait aller à h dirigea une attaque directe n'avait pa» été invité à l'asf présents se permit de lui

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