‹ Étude historique sur ChouillyChapitre 8 sur 44 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Suite (lu piécéileiit. — Haute-Bonn- ou Menijii gauloi^. — Dis»iMl:itloii sur l'origine de la Vieille-Cliaussée.

Au sud-est de Cliouilly, près du moulin, se trouve une contrée appelée la Haute-Borne. Existait-il en cet endroit quelque borne digne de remarque ? Un titre de 1657' le dit expressément : « Item, une autre pièce de terre assise aud. terroir de Choilly, sur la borne du moulin à vent qui souloit estre (solebat esse) aud. Choilly. » Ce devait être une longue pierre de grès , verticalement plantée au bord du chemin. De là, le nom demoîc/M du Grès, conservé jusqu'à la Révolution ^ par cette vulgaire

' Déclaration des terres et autres héritages situez et assiz en la ville et terroir de Choilly, appartenant aud. sieur Commandeur du Temple). — Archives de la Marne. Sac intitulé : Moulin de Ponreux.

* Procès-verbal d'enchères et adjudication de la terre de Chouilly. au profit de Jacques-Thomas de Pange, par

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machine à moudre, et de rue du Grès, que porte encore la voie qui reliait le village avec le moulin en ligne la plus directe, avant le nivellement des anciens remparts et fossés d'enceinte (V. pi. XVII et XVIII).

Il est bon d'examiner : quelle valeur historique pouvait avoir cette Haute-Borne ; quel endroit précis elle occupait; depuis quel temps elle est détruite.

On voit ailleurs qu'à Chouilly des monolithes désignés sous le nom de Hautes-Bornes, celui, entre autres, qui marque l'ancienne limite des Leuci, habitants du Barrois. Tous absolument sont regardés par les archéologues comme des Menhirs ' ou Pe/z/mws 2 celtiques : préjugé, on le conçoit, très-favorable pour l'interpi'étation du nôtre.

Mais ce qui n'est d'abord qu'une simple conjecture se transforme en quasi -certitude, lorsqu'on songe que, dans la même direction, plusieurs monuments analogues stationnaient à peu d'intervalle les

Louis-Philippe-Joseph , duc d'Orléauji , prince français, seigneur de Chouillij . ii mai 1792. — Coiniiiunication de .M. Fouclier. négociant et maire do Mareuii.

1 De maen, men, pierre, et Mr. longue.

2 De peut, pilier et mean, en construction, ou vean, pierre. On dit aussi ; pierre-levride ou levée, pierre-frite, pierre -fitle. pierre-fiche ou fichade.

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uns des autres, le long d'une voie dont nous aurons, du reste, à rechercher le caractère.

Chacun sait les destinations diverses qu'avaient les Menhirs. Ils étaient, soit commémoratifs d'événements heureux, soit gardiens funèbres de la dépouille des héros, soit indicateurs au croisement des grandes voies de communication. Quelques-uns même passent pour des idoles ou des trophées de victoire.

Il serait difficile, assurément, d'assigner à quelle catégorie de Menhirs appartenait la Haute-Borne de Chouilly. Mais, s'il fallait exprimer notre avis, nous inclinerions à penser qu'elle était, comme celle de Mutigny*, un signe tumulaire; ce qui expliquerait pourquoi, durant les troubles politiques et religieux du xv!"* siècle, on a cru devoir lui substituer une croix, après avoir confié au sol de son emplacement les victimes huguenotes de l'assaut meurtrier du château-fort. En d'autres termes, nous regardons la croix, dite des Huguenots, située sur un terrain vague

1 Un grand vase de poterie gauloise, trouvé il y a une dizaine d'années aux alentours de la Haute-Bome de Mutigny. contenait des ossements humains , outre les objets dont il sera parlé. — Communication de M. Duquevelle, antiquaire à Reims.

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rempli de cadavres, entre le moulin à vent et Texlrémilé sud-est de Cliouilly, comme le lieu probable où s'élevait autrefois la Haute-Borne. Elle aurait, selon nous, disparu en 1567, époque de la fatale agression des Calvinistes. Quoi qu'il en soit, dès l'année 1657 elle n'était plus {qui soidoif estre) , bien que le souvenir en fût toujours présent. Son nom seul demeure à la contrée. Ceci constaté, nous arrivons à l'exploration d'une voie déjà mentionnée, et dont l'origine problématique appelle les réflexions de l'investigateur studieux. Des savants de premier ordre l'ont parcourue avant nous, mais pas tellement exploitée qu'à la gerbe des maîtres ne puisse s'ajouter l'épi du glaneur, si toutefois la richesse des uns ne fait pas dédaigner l'insignifiance de l'autre. Il sera glorieux, du moins, d'avoir osé suivre d'aussi nobles traces'.

Le cbemin dit la Vieille-Chaussée traverse du nord au sud la partie comprise entre Mareuil et Chouilly.

Détérioré, rétréci et même supprimé en quelques endroits, par suite d'enlèvement de matériaux ou

' « Proximus tm. longo sed proxiinus intcrvallo Insequitur....* 1 Virgile. En(^ide, liv. Y. v. 320.

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d'annexions riveraines, il se retrouve en d'aulres assez bien conservé sous une couche d'atlérissements de 45 centimètres.

Différentes coupes en travers nous ont donné les résultats suivants : largeur moyenne 5 mètres, épaisseur 23 centimètres, ainsi répartie : Au-dessous du gravier préexistant ,

Craie concassée 0"',03

Pierres siliceuses posées à plat. . . 0'",16 Fragments de cailloux siliceux. . . 0^,04

0'»,23 Les débris de métaux qu'on y trouve, javelots, lances ou instruments usuels, fers à cheval de provenance anglaise \ un pont démonté, dit Vieux-

» V. pi. XIII et pi. XIV, tig. 3, 6 et 8. — Ils se reconnaissent : à lexiguité de leurs branches, au long biseau de leurs étampures, souvent remplacées par une rainure courante dans laquelle les trous se noient; enfin, lorsqu'ils ne sont pas rainés, à la tête triangulaire et doublement épaulée de leurs lames. — Voir aussi le dessin des fers à cheval recueillis sur les champs de bataille de Crécy (26 août 1346), et d'Àzincourt (25 octobre 1415), par les soins du docte abbé Cochet. — D'après les dimensions de tous ces fers, on peut juger ce qu'étaient les chevaux angloécossais des xiv^ et xv^ siècles ; leur taille ne devait guère dépasser celle des poneys modernes.

En fait d'origine du ferrement des chevaux, les uns veulent que cet usage, introduit au xiii' siècle, soit une véritable importation anglaise. Cette opinion se fonde sur

Pont, et dont les piles puissantes ' reposaient sur des pilotis ferrés de sabots, amènent d'abord à conjecturer qu'il s'agit simplement d'une voie de communication entre le château-fort de Mareuil, longtemps au pouvoir des Anglais, et celui de Chouilly, trop rapproché du premier pour qu'il ait échappé aux mêmes vicissitudes. L'erreur (car c'en est une) provient surtout de ce qu'on voit la tête du

ce que : 1" pas un des chevaux sculptés sur l'admirable frise du Parthénon d'Athènes ou sur les monuments de la vieille Rome ne porte de fers ; 2° que. dans les sépultures antiques où l'on rencontre le squelette du cheval avec le mors, les fers manquent habituellement; 3° enfin, que l'argument tiré des 352" et 353' vers du Xr livre de l'Iliade n'a pu être invoqué qu'à la faveur d'un énorme contresens. — A cela les adversaires répliquent -. 1° qu'on ne peut nier qu'Appien, dans son livre de Bello Mithridatico , Suétone, in Nerone, c. 30 , Pline et Catulle, n'aient parlé de fers à cheval et à mulet ; 2° que l'absence de fers sur les bas-reliefs de Rome ou d'Athènes prouve seulement que les artistes ont négligé cet accessoire comme inutile à l'effet quils cherchaient ; 3° que si les fers sont rares dans les barroics gaulois et les sépultures franques, ils ne sont pas néanmoins introuvables, témoins ceux du lumulus saxon de Caenby, dans le Lincoinshire, trouvés par M. Jarvis; et en France , celui que renfermait le tombeau de Childéric, au rapport de Monfaucon, qui en donne le dessin dans ses Monuments de la Monarchie française t. I", p. 10; pi. VI, fig. 4.

1 Les matériaux de ces piles ou jetées, extraits en 1846. suffirent à la confection des caniveaux d'écoulement qui bordent toutes les rues de Chouilly.

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chemin s'engager précisément dans le creux du fossé d'enceinte qui isolait la motte du château.

Un nouvel examen des lieux rectifie bientôt ce premier jugement.

Là, en effet, ne se termine pas la Vieille-Chaussée. A peine interrompue, elle reparaît, à partir de la Haute-Borne, dans les mêmes conditions, mais sous un autre nom, celui de Chemin de Vertus ou de Chemin de l'Armée. Si, de ce point, l'on cherche à se rendre compte de la direction commune aux deux extrêmes, on soupçonne de suite qu'au lieu d'ohliquer brusquement vers l'ouest, en-deçà comme au-delà de l'ancien château, celte voie, dans le principe, pourrait bien avoir suivi une ligne plus naturelle et suffisamment indiquée par la configuration du sol, l'aboutissement des champs actuels, l'échancrure très-visible de la berge correspondante. En ce cas, la courbe et la jetée inférieures n'auraient été créées qu'au moyen-âge et pour les seuls besoins du château , tandis que lexistence de la Vieille- Chaus.tée serait antérieure à cette époque.

A l'appui de cette hypothèse, vient un titre de partage, en date du 25 février 1582, des biens seigneuriaux entre les héritiers de d feue damoyselle

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Catherine de la Chapelle, par acte notarié de Milliart el Galois, notaires royaul.x. résidons à Chouilly ' ». Nous y voyons désignée : « Une terre boutant sur la Vieux Chaussé, n Ainsi , voilà une pièce authentique dressée en faveur des seigneurs eux-mêmes, laquelle qualifie de vieux un chemin encore en plein exercice. Alors, comme aujourd'hui, cette Chaussée était donc réputée irès-vieille, plus vieille, sans aucun doute, que le château qui jusque-là s'était estimé heureux de l'avoir à sa disposition.

La surprise sera moindre après cela d'y rencontrer de matériels témoins de la présence du peupleroi, et du passage de ses valeureuses phalanges.

Nous l'avons dit : la partie basse de la Vieille- Chaussée, celle que les âges féodaux ont dû recharger ou modifier, ne présente guère que les humiliants vestiges de l'occupation anglaise. Mais plus loin, dans la traversée des terrains montueux, apparaissent assez fréquemment des monnaies romaines du Haut- Empire : trouvailles dispersées sans profit pour la numismatique. Le peu qui nous en reste ne manque pas d'intérêt. Ce sont, en gé-

' Communication de M. le comte de Bruneteau de Sainte-Suzanne. — Archives de la famille.

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néral, des bronzes de divers modules, aux effigies des empereurs Néron, Trajan, Vespasien, Titus, Adrien, Anlonin-le-Pieux , Marc-Aurèle, Seplime-Sévère , Caracalla, Constant in-le-Grand, etc.'; noms qui comprennent les quatre premiers siècles de notre ère, et cette période de temps qu'on est convenu d'appeler l'époque gallo-romaine. Veut-on poursuivre la démonstration d'un tel fait ? Mareuil en fournira les moyens. Non-seulement la Vieille-Chaussée — ici le C^emme^— traversait la Marne à la hauteur de l'île du Petit-Mareuil, mais, avant de se diriger vers Durocortorum, Reims, par Mutigny, Mons ignis, et Mont- Flambert, Mons flammiger, elle se bifurquait au pied de la montagne, aiin de desservir l'important bourg de Mareuil avec sa demi-lune en amont sur la rive gauche de la rivière , et de relier — présument quelques auteurs — le poste retranché de 5oco^e , au-delà du village moderne de Tours-sur-Marne.

Sans parler des médailles aux types de César- Auguste, Agrippa, Trajan, Constantin, etc., trouvées en 1600^; de celles que les érosions de la

• Voir la description de ces médailles à l'article 1" de l'Appendice, du N" 3 au N" 12 inclusivement.

Annuaire de la Marne. 1837, p. 90.

Marne mettaient à jour dès le commencement du XVIII*' siècle ' ; des deux ou trois cents bronzes, des fers de javelines et de flèches, d'une amphore « et d'une foule d'objets curieux ^ » que M. Foucher a recueillis depuis 1823 ; des restes de constructions, médailles, ustensiles, meules de moulins-à-bras, hache en bronze, trouvés de 1839 à 1842*-, des fragments de poterie de toute sorte, que les basses eaux découvraient en 1863, sur l'emplacement de l'ancien fort romain * ; nous signalerons en particulier les sépultures gallo-franques qui garnissent la partie supérieure du Cheminet, depuis presque sa bifurcation appelée le Chemin creux, jusqu'audessus de la crayère de Mareuil. L'un de ces cercueils, en plâtre gâché, contenait, outre l'inscription hiéroglyphique du couvercle (V. pi. XIII, fig. 1 '"'"),

» Lettre de M. Berlin du Rncheret , du 19 mars 1749, rapportée dans la Chronique de Champagne, t. IV, p. 245.

2 Mémoires de la Société académique de la Marne, 4859. p. 149. — Les types les plus communs sont, outre ceux déjà cités : Domitien, Lucius-Vérus, Commode. Gallien, Aurélien, Tétricus, Probus, Dioclétien, etc.

3 Ibid.

4 En les montranl . un brave homme disait : « Faut croire qu'avant do partir les Romains ont cassé là toute leur vaisselle

un cultellum ou poignard en fer et un bijou d'argent avec facette bilobée en verre violet, reposant sur une chape en craie (fig. 4). Ces objets, ainsi que l'auge en plâtre, se voient chez M. Bouché-Gayot, qui a bien voulu nous permettre de les reproduire.

Mareuil, au temps des Romains, avait donc une grande importance, importance, remarquons-nous, qui fut loin de s'amoindrir sous la domination des Francs. Et comme nulle autre voie ne rattachait cette localité avec la cité Rémoise , la Vieille- Chaussée ou le Cheminet, sans être une de ces voies dites solennelles, viœ privilegiatœ, n'aurait-elle pas été, en définitive, un grand chemin de communication ouvert par les Romains?

C'était l'avis de feu M. Chalette.

« La Neuville en Beauvais, dit-il \ a été au moins une forteresse bâtie par les Romains, près de leur grand chemin, dit aujourd'hui Cheminet, qui conduisait de Villers-Mlerand à la Neuville, et peut-être de Reims à l'ancien Châlons et à Troyes par Tours-sur- Marne. Près de Germaine passait le grand chemin desBomaim, que l'on suit presque sans interruption

' statistique du canton d'Ay. — Annuaire de la Marne, 1857, p. 77 8179.

de Tours-sur-Marne, par Mont-FIambert et la Neuville, jusqu'auprès du village dont nous parlons. Ce chemin, néanmoins, n'est pas, selon Bergier, l'ancienne roule de Reims au vieux ChâJons, et quelques personnes éclairées doutent même qu'il soit l'ouvrage des Romains. Cependant il a pu être un chemin militaire, et s'appuyer en quelque sorte sur les forteresses du Mont-Aigu, deMont-Flambert, de la Malmaison, de la Neuville et du château de Germaine. Comme l'histoire se tait à cet égard, nous n'insisterons pas davantage. »

A la bonne heure ! Mais les personnes éclairées se garderont toujours d'attribuer aux Romains une voie : 1° que n'indique aucun itinéraire des voies romaines, celui d'Antonin pas plus que la carte de Peutinger ou table théodosienne ; 2° dont le savant ouvrage du Rémois Bergier ' ne dit absolument rien ; 3" enfin, où l'on n'observe ni la ligne droite, ni la surélévation sensible de la chaussée, deux conditions caractéristiques qui distinguent le génie de la

' Histoire des grands chemins de l'Empire romain. I6i2. — Voir aussi lexcellent travail de M. Savy : Topographie fusqu'au P siècle de la partie des Gaules occupée aujourd'huipar le département de In Marne. — Congrès archéologique de France, t XXII.

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construction des routes romaines. Autrement se présentent les chemins gaulois rotnanisés, c'esl-à- (Jire, celles des voies anciennes qui, ne pouvant entrer dans le vaste réseau tracé par le gendre d'Auguste, Agrippa, furent utilisées depuis comme chemins secondaires pour faciliter la circulation générale entre toutes les parties du territoire conquis. Ces voies substituées ou transformées , un antiquaire bien connu dans la science les décrit en des termes qu'il nous permettra de lui emprunter.

« La saillie de la chaussée, dit-il S y est presque insensible et ne dépasse pas vingt à trente centimètres en moyenne , bien qu'il se trouve par exception des lignes surélevées. On voit que l'apport des matériaux y a converti la cavité que présentait le travers du chemin gaulois en un plan légèrement convexe dans ce sens. Je suis convaincu qu'on trouvera sous ses couches, qui datent de l'époque romaine, les traces des ornières de cbemins gaulois enfouis à l'époque de la transformation. La pierre dure brisée en fragments, les cailloux, le sable, la terre du lieu même y forment, suivant les

' Recherchen sur divers lieux du Pays des Silvanectes. par M. Peigné-Delacourt. — Amiens. 1861.

lieux divers, des couches disposées à la romaine. La pierre domine surtout aux points où le sol est disposé à s'effondrer. Le signe distinctif deTorigine gauloise, qui consiste dans l'ondulation de la voie, reste là pour type formel. »

Telle est la Vieille-Chaussée. Elle a pu subir de la part des Romains des modifications accidentelles; mais son caractère essentiellement gaulois lui est toujours demeuré; et, ce qui ajoutera un nouveau poids aux considérations qui précèdent, plusieurs monuments celtiques se trouvaient échelonnés sur son parcours :

A Chouilly, les cavernes sépulcrales de Saran et la Haute-Borne.

A la descente de Mutigny vers Mareuil, un second monolithe, détruit depuis quelques années, et au pied duquel, on le sait, un grand vase de poterie f/auloise , l'ornement aujourd'hui du cabinet de M. Duquenelle, antiquaire à Reims, contenait, avec des ossements humains, un couteau en bronze (V. pi. XIV, fig. 10) et deux médailles de même métal à l'effigie d'un chef gaulois nommé Atisios Remos.

Dans la plaine d'Avize, au sud-est de Saran, un Iroisiènio Menhir, plus heureux que ses compa-

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gnons, esl encore debout, servant de limite territoriale, depuis que les empiétements des riverains ont flni par l'isoler au milieu d'un champ, quoique à l'inverse des sillons de labour. Lui aussi porte le nom signillcatif de Haute-Borne. C'est un grès blanc, méplat, non taillé de main d'homme, et mesurant, en dehors du sol, 1 mètre 34 centimètres de hauteur, sur 86 centimètres d'épaisseur à sa base, et 35 à son sommet. Celles de ses faces orientées nord et sud ont une épaisseur moyenne de 40 centimètres. Toutconcourt à luifaireassignerune ovigme gauloise.

Avec une élymologie gauloise, Mareuil offre des objets de provenance identique : vases en pierre creusée, hachettes en silex, grains de collier en galets percés, etc.

Enfin, au-dessus du hameau de Nogent, commune de Sermiers, sur un tertre de forme triangulaire, dans un endroit qui ressemble à un croissant, appelé le bassin de Chamery, trente grosses pierres de grès réunies ont pu être justement regardées comme les restes d'un Cromlech ' ou enceinte druidique.

' Du celtique crom, courbe, ou croum, cercle, et lec'h ou leac h. lieu, espace. — Voir la Slatwtiqiie du canton de Kersy,parM. Lacatte-Joltrois, Annuaire de la Marne, 1831, p. 57.

Il nous reste à exposer que la Vieille-Chaussée, dont on observe les traces dès SézanneS après avoir contourné le Mont-Août, Mons Augustus, et le Mont- Aimé ou Moymer, se dirigeait sur Voipreux, Avize et Ciiouilly, par le Mont-Aigu et la Haute-Borne. De là, franchissant la Marne, à l'île du Pelit-Mareuil, elle remontait à Mutigny, passait près ou par la ferme de Mont-Flambert, les étangs de Germaine,- les bois de Notre-Dame, et, quittant la forêt de Reims vers le dernier tournant de la route actuelle, elle allait s'embrancher, aux environs de Montchenot, sur le Chemin de la Barbarie, « voie gauloise, préexistante à l'époque de la conquête par les Romains, et établissant une communication directe de la Germanie jusques à la frontière de la Gaule voisine de la Grande-Bretagne ^. »

' M. Savy. — opère citatu, p. 91 et 92. « M. Peigné-Delaeourt. — Ibid.

SIR CllOlJILLY.

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