‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 12 sur 188 · LA PAROISSE DE DOUILLET A L'ÉPOQUE CARLO VINGIENNE · texte numérisé non relu

LA PAROISSE DE DOUILLET A L'ÉPOQUE CARLO VINGIENNE

La villa de Douillet au ^^II'' siècle. — Limites présumées de la paroisse. — Kondation du monastère de Saint-Cénéry. — Guerres avec les Bretons. — Invasions des Normands. — L'cipj)ii.lH)n de la forêt de SiUé. — Désordres du X« siècle. — L'an mille.

lEN que la donation du domaine de Douillet à l'Église du Mans, dans les circonstances que nous venons de rapporter, puisse être considérée à juste titre comme la cause et l'origine de la fondation de la paroisse de Douillet, ce serait une erreur de comprendre par ce mot paroisse une sorte d'unité religieuse et administrative analogue aux paroisses actuelles. De même que pour les diocèses, l'organisation des paroisses fut l'œuvre du temps ; la conception nette et définitive des unités paroissiales ne pouvait surgir d'un seul jet à cette époque de barbarie, et la transformation d'un domaine rural en paroisse ne s'accomplissait pas au VU» siècle instantanément , comme se fait aujourd'hui la transformation d'une section en commune. Pendant longtemps le domaine de Douillet resta donc ce qu'il était dans le principe. Seule, la construction probable d'une église rurale, ou au moins d'un oratorhon, lui donna une plus grande importance, et provoqua sur ce point un groupement de population, sous l'administration bienfaisante de Saint Hadouin et de ses successeurs.

Comme la plupart des propriétés foncières, depuis les premiers temps de la monarchie jusqu'à la fin de la seconde race, le domaine de Douillet ou plutôt la villa de Douillet, pour employer le terme le plus usuel au VII^ siècle, comprenait quatre éléments principaux : i" D'abord le rnanse seigneurial, c'est-à-dire l'habitation du maître, l'église, le moulin cl les bâtiments d'exploitation, entourés de vergers et de jardins. Par suite de la disposition topographique des lieux et des circonstances du récit des Gestes de saint Hadouin, le manse seigneurial de Douillet ne pouvait occuper que deux emplacements : celui de l'ancien presbytère

§8 ■ Douillet-lé- Jol y avant '1780

qui semble avoir été de tout temps le centre d'une exploitation importante, ou mieux encore celui du château actuel ; quant à l'église, et pour les mêmes motifs, sa position n'a pu être modifiée et elle s'élevait sans aucun doute sur le même point qu'aujourd'hui, ainsi que le moulin établi assurément de très bonne heure sur la rivière d'Orthe, au pied du rocher que dominent l'église et le château. Du manse seigneurial dépendait en outre une étendue considérable de terres, de bois et de prés ; ces terres étaient cultivées, suivant l'antique système des Romains, au moyen de corvées, la corvée de labour aratura, et la corvée de moisson peditiira in messe, entre autres. — 2" Autour du manse seigneurial et sur divers points du domaine, se groupèrent ensuite un certain nombre de manses tenus à cens par des colons libres ; chacun de ces manses consistait dans une petite maison en bois, à laquelle étaient attachés des champs et des prés d'une étendue suffisante pour l'entretien d'une famille de paysans. — 3" Sur d'auti'es points s'établirent des manses tenus par les serfs. — 4° Enfin çà et là s'élevèrent les cases occupées par les hôtes, locataires de passage, qui payaient une redevance en argent (1). Une partie importante du sol dépendant du domaine de Douillet fut ainsi défrichée, et peuplée bientôt d'une population laborieuse, dont les efforts étaient encouragés par les enseignements qu'elle recevait périodiquement à l'église de la villa.

L'étendue de la paroisse de Douillet à l'époque carlovingienne est impossible à déterminer. Cependant, d'une manière générale, on peut dire que son territoire, limité à l'est par la Sarthe, comprenait au nord une portion de la paroisse de Saint- Georges-le-Gaultier qui n'existait pas encore (2), et s'étendait dans cette direction jusqu'aux bois du monastère de Yendœuvre. De même au sud il empiétait trèsprobablement sur les landes désertes qui firent partie plus tard des paroisses de Montreuil-le-Chétif et de Saint-Aubin-de-Locquenay, créées postérieurement. Mais à l'Ouest, dans les environs de Mont-Saint-Jean, il exista dès une époque reculée un autre domaine qui succéda sans doute à l'établissement gallo - romain de Roullé, de telle sorte que c'est principalement au nord et au sud que la paroisse de Douillet devait alors dépasser ses limites actuelles.

Dans tous les cas, l'église de Douillet semble, d'après les traditions, une des plus anciennes de la contrée, et elle est certainement antérieure h plusieurs églises voisines. Fondée et possédée directement par l'autorité épiscopale, il

(1) Cf. sur le domaine rural : Guérard, Carliilaire de Vahbwje de Saint-Père de Chartres. Paris, 18i0, I. intr. — A. Longnon. Géographie de la Gaule. — M. L. GMiiiev, Cours professé à l'Ecoledes Chartes.

(2) Cauvin. Gcoijr. ancienne, p. 29.

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