‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 129 sur 188 · Chapitre deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième

à Sougé une troupe de partisans * qui se jettent à 5 h. du matin sur le poste de la garde nationale et blessent le factionnaire (1) ». Le 19 il attaque près deMontreuille-Chétif un détachement de cinquante cinq hommes de la 179° demi-brigade, l'attire dans une embuscade sur la route de Ségrie, le force à se replier en toute hâte sur Frcsnay et le poursuit jusqu'aux portes de la ville (2). Le 1"'' avril il tend de nouveau une embuscade à la garnison de Fresnay, presqu'au même endroit : (( Encore un combat avec les Chouans avant-hier, écrit en effet le 3 avril le commissaire du canton au commissaire du département ; il a duré depuis deux heures » de l'après-midi jusqu'à la nuit. Soixante et quelques hommes, qui composent » toute la garnison, étaient allés porter des ordres du général du Mesny à Sillé- » le-Guillaume. Les Chouans au nombre de quinze à seize cents (!), les attendaient » au retour, au-dessus de Montreuil-le-Chétif. Ils étaient embusqués dans un bois » au côté gauche de la route. Ils tentèrent de cerner cette petite ti'oupe qui » l'ompit leurs mesures en se divisant en tirailleurs et en leur adressant un feu vif » et soutenu. Cent hommes de la garde nationale allèrent au secours des volon- » taires et partagèrent le combat. Nous n'avons perdu personne ; deux volontaires >i ont été blessés. J'ignore si les Chouans ont eu des morts et des blessés (3) ». Jusqu'à la fin d'avril 1796, la commune de Douillet fut ainsi enveloppée dans un cercle d'escarmouches et sillonnée sans aucun doute par les deux partis successivement : une maison et des bâtiments ruraux occupés par la veuve Vaugond y furent même incendiés par les Chouans, s'il faut en croire la police.

Mais dès le mois de mai, malgré le brillant courage et les efforts de Charles de Tilly, les mesures de pacification de Hoche, nommé commandant en chef de la région, commencent à produire leurs effets. Une surveillance plus étroite des gens .suspects, particulièrement ic d'un nommé Dubois, tailleur à Douillet, et d'une » femme Perrochel de Saint-Aubin », sur la conduite et les principes desquels le ministre de la police générale demande lui-même des renseignements (4) ; une certaine tolérance pour les prêtres, au moins assermentés, « qui se mêlent de » culte dans le canton » ; enfin quelques succès du général Wati'in et les habiles promesses de Hoche portent des coups perfides à l'insurrection dans les environs de Fresnay. Le 7 juin, le commissaire du canton écrit au déiiartement que les Chouans sont entièrement désorganisés, qu'on n'en rencontre plus dans les campagnes, et que des colonnes mobiles de garde nationale, formées sur la rive

(1) Arch. de la Sartlip. — Fonds du rrOsidial.

(2) Arch. delà Sartlic, L. 2t-21.

(3) Arch. de la Sarthe. ]bUI.

(i) Arch. de la Sarthe. Ibiil.

S'jO Douillet-le-Joly depuis il89

droite de la Sarthe, vont achever de rétablir la sûreté publique (1). A partir de ce moment l'ordre se consolide peu à peu dans le canton de Fresnay, et quelques mois plus tard la pacification est pour ainsi dire complète, grâce au génie et à la modération du général Hoche.

Délivrée des préoccupations de la guerre, l'administration municipale de Fresnay voulut tenter quelques réformes, et en premier lieu elle proposa d'établir une école primaire dans l'ancien presbytère de Douillet que la nation avait confisqué (2). Mais l'agiotage était tel h cette époque, et l'instruction publique si absolument nulle, que le projet ne put être exécuté faute d'argent, d'instituteur et d'élèves ! Le premier août 1796 l'église et le presbytère furent vendus au curé Amiard pour 5020 francs (3), ce qui fil dire au commissaire du canton « qu'autant » valait donner les biens nationaux que de les vendre à de pareilles conditions » ; M. Amiard avait fait cette acquisition au moyen d'une souscription entre ses paroissiens qui espéraient ainsi sauver leur église de la destruction (4). Quant à la République, elle se dédommagea de la perte en imposant de lourdes impositions aux communes qui avaient favorisé les Chouans : celle de Montreuil fut taxée entre autres le 3 juillet à 2000 iVancs (5). Puis on poursuivit avec ardeur les prêtres insermentés « qui cherchaient à séduire le peuple », et les déserteurs qui mettaient les campagnes îi contribution.

Malgré ces efforts, malgré la suspension d'armes, des Chouans plus compromis que les autres, des déserteurs et des aventuriers sans opinion politique, toujours prêts à profiter du désordre pour voler ou piller, continuèrent à tenir en haleine la police du Directoire. Le 8 octobre pour la première fois on signale à Sougé le passage d'une bande de cliauffeurs, qui brûlent les pieds afin de découvrir l'argent de leurs victimes (6). Le 14 décembre on annonce au ministre de la police générale le départ pour Paris, en poste, d'un chef de Chouans de Saint-Georgesle-Gaultier nommé Croizé (7). Le 14 janvier 1797, deux marchands de porcs sont assassinés à l'entrée de la forêt de Sillé (8). Le 24, trois chefs de Chouans, dont Picard dit Landemann officier à la légion du Mans, capitaine des cantons de Préen-Pail, Villaines et la Poôté , sont arrêtés à Assé-le-Boisne où ils étaient venus

(1) Arch. de la Sarthe. Ibid.

(2) Arch. de la Sarthe. Ibid.

f3) Arch. de la Sarthe. Ihid.

(4) Chroniques, f" 45.

(5) Arch. de la Sarthe, L. 22 : 47.

(6) Arch. de la Sarthe, L. 12 : 9.

(7) J^rch. de la Sarthe, L. 21 ; 21

(8) Arch. de la Sarthe. Ibid.

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