Chapitre troisième
réquisitions en grains et fourrages s'élevèrent pour la commune à 2362 fr. chifTre inférieur de 93 fr. seulement à celui de 1870. Un détachement prussien réquisitionna en outre à Douillet deux voitures à trois colliers pour le transporter à Loupfougeres (Mayenne). — Ajoutons qu'en cette désastreuse année 1815 les habitants de Douillet firent encore une perte sensible dans la personne de la vicomtesse de Montesson qui leur avait donné maintes fois des preuves de sa générosité.
Par bonheur cependant les événements de 1815 ne modifièrent pas l'administration municipale, et la commune échappa cette fois aux divisions intestines. M. de Montesson resta maire et vit son influence accrue encore, d'un côté par le grade de lieutenant-général que lui accorda Louis XVIII, d'autre côté par sa nomination de membre du conseil général de la Sarthe. Le conseil municipal ne fut pas renouvelé ; seul le percepteur, M. Dagues de la Hellerie, fut remplacé le 16 novembre 1816 par M. Robert-Pierre Triger, qui venait d'accomplir un stage de quatre années à la sous-préfecture de Mamers. — Ainsi encadrée dans un personnel administratif dévoué et honnête, la commune de Douillet ne tarda pas à reprendre sa marche en avant, dans la voie d'une réorganisation sociale fondée sur l'alliance, désormais nécessaire, de certaines traditions anciennes avec les principes nouveaux. Cette réorganisation, entreprise par l'Empire, interrompue par les commotions politiques, devait faire d'incontestables progrès pendant la Restauration.
En 1817 tout d'abord, l'administration favorise l'industrie en autorisant sans difficultés plusieurs perfectionnements apportés par M. Lhermenault à la forge de l'Aune. A cette époque la consommation du haut fourneau était d'environ 1500 pipes, pesant chacune 8 quintaux et produisant à la fonte 30/100 soit 3600 quintaux de fer en gueuse. Une partie de ce produit était livrée aux consommateurs à l'état de fonte moulée ; l'autre était affinée et convertie en fer ordinaire. L'usine occupait un gi-and nombre d'ouvriers, et « vivifiait la contrée ». (1) — D'autre part, la commune seconde le mouvement industriel et commercial en affectant à la réparation des chemins, sous forme de travaux de charité, un excédant de recettes de 400 fr. — Puis M. de Montesson rend une bienfaitrice aux pauvres de la paroisse en épousant en secondes noces, le 4 juin, M"° Eulalie Vaillant de Savoisy, de Châtillon-sur-Seine, à laquelle il donne par contrat de mariage la terre de Douillet.
En 1818, malgré une épidémie de fièvres putrides qui cause des ravages sérieux et nécessite la résidence provisoire dans le bourg du docteur Gayet de
(,1) Arch. de la Sarthe, S, 50 ; 1.
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Fresnay, la fabrique et la commune réunissent leurs efforts pour faire à l'église quelques travaux, adjugés 709 fr. le 29 septembre. Ces réparations étaient depuis longtemps urgentes, disait une délibération du conseil municipal en date du 40 juin, « mais ils avaient dû être ajournés jusqu'alors, parce qu'une partie des » deniers communaux avait été enlevée de la caisse commune sous l'empire de » l'usurpateur et détournée sans retour (1)^».
En 18!20 M. Couzon, auquel on reprochait quelque inconstance, fut transféré à Désertines, et les habitants de Douillet s'empressèrent de réclamer, pour lui succéder, un de leurs compatriotes, M. l'abbé Pierre-Antoine Dubois, né à Douillet le 9 mai 1797, ordonné prêtre le 19 décembre 4819 et alors vicaire de Saint-Benoit du Mans. Heureusement Ms"" de la Myre, qui avait déjà reconnu les talents et la haute intelligence de M. l'abbé Dubois, repoussa cette demande, destinant bientôt au jeune vicaire un poste prédominant. Ce refus fut, on peut le dire, un bienfait pour tous : au diocèse du Mans il réservait un administrateur de grand mérite, à la paroisse de Douillet il préparait un protecteur aussi dévoué qu'influent. Au reste, les paroissiens de Douillet n'en furent pas moins bien servis en recevant pour curé, le 26 juin 1820, M. l'abbé f'rançois-Désiré Ripault.
Né le 9novembre 1793 à Lignières-la-Doucelle, ancien élève du petit séminaire de La Ferté-Macé et du collège de l'Oratoire du Mans, M. Ripault avait été ordonné prêtre le 1'^"' août 1818, puis envoyé comme vicaire à Bonnétable où il avait reçu de précieuses leçons du vénérable curé M. Boutros, bien connu dans le Maine par son dévouement pendant la Révolution. C'était un jeune prêtre pieux, instruit et zélé, un esprit sérieux et cultivé, qui devait accomplir à Douillet pendant trente-huit ans de véritables prodiges. Les habitants, il faut le dire à leur honneur, surent l'apprécier dès le jour de son arrivée, 26 juillet 1820, et ils lui firent un accueil très sympathique, malgré les regi'ets qu'ils éprouvaient de n'avoir pu obtenir M. l'abbé Dubois. — Le nouveau pasteur n'était pas néanmoins sans inquiétudes. « L'instruction ayant été négligée depuis des années, nous » trouvâmes dans la paroisse beaucoup d'ignorance et d'indifférence pour la » pratique des devoirs religieux. Nous commençâmes notre ministère en nous » efforçant de bien faire sentir la nécessité de l'instruction par le moyen des caté- » chismes, en mettant en circulation de bons li\Tes, et en établissant différentes » confréries où nous reçûmes peu à peu quelques personnes, malgré bien des » sarcasmes. Nous crûmes que c'étaient les moyens les plus efficaces d'éclairer et
(1) Arch. de la mairie.