Chapitre septième
curé de Douillet , à permuter avec GeofTroy Fortin , curé d'Ai-tins en Vendômois , lequel Geoflroy Fortin est remplacé lui-même en 1425 par Louis Rouault (1). Il est vrai que le 17 septembre 1421 et le 16 mars 1426 le chapitre fait l'émise à ces deux ecclésiastiques de plusieurs sommes qu'ils lui devaient à cause de leur cure, et qu'ils n'avaient pu payer sans doute par suite des malheurs du temps. D'autre part, vers la même époque, la famille Ferquin reste en possession de la seigneurie qui appartient alors à Jean Ferquin et h sa femme Jeanne de Brée, héritiers directs de Pierre Ferquin et Jeanne Tragin. On peut donc dire, croyons-nous, d'une manière générale que la paroisse de Douillet dut moins souOrir que celles de la rive gauche de la Sarlhe, placées directement, comme Assé-le-Boisne et Hellou, sur le chemin de Fresnay (> Saint-Cénery et Alençon.
Au reste, dès les derniers temps de la résistance, les Anglais organisèrent leur conquête et la situation du pays se détendit. Chaque paroisse fut mise à même de payer un appatis, c'est-à-dii"e une rançon annuelle de 12 salus, pour se mettre à couvert du pillage des garnisons ; chaque feu put acheter une bullette de ligeance constatant qu'on avait prêté serment au roi d'Angleterre ; enfin des congiés ou sauf- conduits individuels furent délivrés à ceux qui en firent la demande (2). Nous citerons comme exemples, pour les environs de Douillet, des congés de trois mois accordés moyennant un salus ou quarante sols tournois en 1434 aux paroissiens de Mont-Saint-Jean, Assé-le-Boisne et Saint-Paul-le-Gaultier ; de même une damoiselle nommée Annette Ermenge paie dix salus pour « demeurer durant six mois environ , elle , ses enfans et familiers en ladite » paroisse de Saint - Pol-le-Gaullier , en l'obéissance du lloy d'Angleterre » ; Philippe Germent d' Assé-le-Boisne , Etienne Gurnier de Sougé, Guillaume du Crocq de Fresnay, achètent également des congés de trois mois un salus chacun ; deux habitants de Saint-Aubin-de-Locquenay en olMiennent un de quinze jours, moyennant dix sols tournois, pour aller à Laval et Chasteaugontier etc (3). Le clergé lui-même est admis à profiter de cet ingénieux système destiné h remplir les coffres du régent : le 21 mai 1434, frère Guillaume Houssaye prieur de Salnt- Aubin-de-Locquenay achète une bullette de ligeance cinq sols tournois, et le 22 août frère Jean Laisné, commandeur de Grateil, obtient une sauvegarde d'un an pour dix sols tournois seulement. En même temps on commence à accorder des lettres de grâce aux émigrés, témoin Jean du Boisyvon, de la famille
(1) Arcli. de la Sartlie G. 18. î" 6.
(2) S. Luce. Le Maine sous la dominalion anglaise, 1878, iii-8°. (3; Arcli. nat. Kli. 321., (<" 51, 93, 172, 21 etc.
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des seigneurs de Saint-Aubin de Locquenay, qui puieSliv. 15 s. t. une lettre de grâce, « pour soy avoir esté absenté et fréquenté avec les adversaires ». Les habitants de notre région peuvent donc au moins désormais, en finançant, rester chez eux ou en sortir sans risquer leur vie. C'est un progrès si on compare ce régime à leur situation terrible pendant la lutte, alors que Français et Anglais les pressuraient successivement, sans aucune explication.
On voit aussi fonctionner plus régulièrement l'organisation administi'ative. La paroisse de Douillet est, au moins en partie, rattachée comme la châtellenie de Fresnay au même bailliage que la vicomte de Beaumont et le Sonnois. A la tète de ce bailliage est placé Jean Guillaume, écuyer, qui a pour lieutenant à Fresnay Pierre Eustasse. Jean Leboucher remplit toujours les fonctions de procureur du roi. Ce territoire est compris dans les donations faites au l'égent, duc de Bedford (1). La partie qui relève de Sillé est placée sous la suzeraineté de Falstolf, baron de Sillé.
Quant à l'organisation militaire, elle subit peu de changements. Falstolf commande en chef au nom du Régent. Jusqu'au milieu de l'année 1438 il reste capitaine de Fresnay, dont la garnison varie de cinquante à soixante lances avec un nombre triple d'archers, suivant l'usage anglais. Il est à remarquer toutefois que Falstolf ne réside pas en personne à Fresnay, et qu'à partir de 1435 de nombreux détachements sont mobilisés et envoyés comme renforts aux armées en campagne ; l'effectif de la garnison se trouvant réduit, les charges des paroisses voisines sont par là même diminuées. Olivier Ofbartirsby porte le titre de lieutenant de Fresnay ; Osberne Mundeford a remplacé William Kirkeby comme maréchal de la garnison ; Jean Hilles a succédé à Séraphin Labbe comme contrôleur.
Au mois de septembre 1438 la garde du château de Fresnay est confiée à messire Thibaut Gorge, chevalier, avec vingt lances à cheval, vingt à pied et cent treize archers ; mais ce capitaine est presque constamment détaché au loin. En 1442 Richard Wideville le remplace avec vingt-deux lances à cheval, quinze à pied et cent cinq archers, soit deux cent vingt hommes, sous les ordres d'André Trolopset Henri Standisch lieutenants ; Richard "Wydeville contribue, pensons-nous, avec le comte de Sommerset à reprendre en 1443 Beaumont-le- Vicomte où les Français étaient parvenus à rentrer, car le 4 avril 1445 Henri YI d'Angleterre lui accorde une somme de 1200 li\Tes, « tant pour ses bons services que pour les dépenses qu'il a faites ». L'année suivante 1446 on ajoute à la garnison de Fresnay,
(1) Bibl. nat. Fs. Fr. etc.