Chapitre huitième 8i
Douillet à la fm du XV" siècle ; Perrine mariée le 28 septembre 1488 à Roland Le Maire, seigneur de la Bougrie ; Ambroise mariée à un sieur de la Poterie ; Geneviève mariée à Guillaume Le Fève ; et Jeanne à Robin Lion (1). C'est ainsi que la famille Ferquin, non contente d'agrandir son parc après la guerre de Cent ans, se reconstitue rapidement, et que le château de Douillet voit naître toute une génération nouvelle.
A la seigneurie de Douillet se rattachent deux terres sur lesquelles nous avons peu de renseignements, mais qui semblent en avoir été démembrées, très probablement à l'époque où nous arrivons.
Le Pletssis-Breton, à environ 2 k. Ouest du bourg, qui deviendra au siècle suivant un manoir d'une certaine importance, lorsqu'il sera entre les mains de Jeanne Ferquin, fille du seigneur de Douillet. Nous avons lieu de supposer en effet que la terre du Plessis fut comprise dans la mouvance de la seigneurie de Douillet au milieu de laquelle elle était enclavée. A la fm du XV° siècle elle comprenait deux métairies ; le Haut-Plessis qui prit le nom de Plessis-Courtimont lorsque Jean Le Sage et Guillaume son fils, paroissiens de Douillet, l'eurent vendu le 14 février 1475, pour la somme de 130 liv. à Georges de Wellys, écuyer, seigneur de Courtimont en Saint-Georges-le-Gaultier (2) ; le Grand-Plessis, surnommé le Plessis-Breton, sans doute au moment du mariage de Jeanne Ferquin avec un gentilhomme breton.
Brantalon. Ici l'hésitation n'est plus possible. Dépendance directe du château de Douillet, dont elle était distante de deux kilomètres, au Sud-Ouest, cette terre fut donnée en dot en 1488 à Perrine Ferquin quand elle épousa Roland Le Maire.
2" Seigneurie de Courtoussaint .
C'était, après la seigneurie de Douillet, le plus important des fiefs de la paroisse. Courtoussaint relevait en effet directement, lui aussi, de la baronnie de Sillé, et se trouvait dès lors au même degré que le fief de Douillet dans la hiérarchie territoriale établie par la féodalité. Toutefois le seigneur de Courtoussaint ne jouissait ni du droit de patronage, ni de celui de haute justice, qui appartenait au baron de Sillé ; il était seulement bas justicier, mais il possédait le droit de banalité, car, aux termes de la Coutume du Maine, le droit de faire moudre au moulin était une conséquence de la propriété de la terre et dépendait de la justice foncière (3).
(1) S. d'Elbenne, Généalorjie ms. des Ferquin.
(2) Titres de propriété du Plessis.
(3) La justice foncière était le droit du suzerain de forcer le vassal à payer les redevances,
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D'après les plus anciens aveux, le seigneur de Courtoussaint devait au baron de Sillé l'hommage de foi simple et quatre livres tournois de devoir, moitié à l'ange\inne et moitié à Noël, « à cause de sadite terre, en laquelle il y avait dix-huit « livres en deniers, seize corvées, trente-six chefs de poulaillcs et plusieurs « domaines (1) ».
Le manoir s'élevait à un kilomètre environ au Sud du bourg , au sommet d'une croupe limitée, d'un côté par le ravin de ^lontlouveau, de l'autre par le ruisseau dit de Courtoussaint. Pour y arriver en partant du bourg, il fallait remonter le cours de ce ruisseau, puis franchir une gorge étroite i-esserrée entre deux rochers, et au-delà de laquelle prend naissance la croupe que dominent les bâtiments. Des fenêtres du manoir la vue s'étendait en avant jusqu'à cette gorge, porte naturelle pour ainsi dire du domaine de Courtoussaint, à gauche sur le ravin de Montlouveau, à droite sur le vallon principal au fond duquel on apercevait le moulin blaret de la seigneurie et des étangs encadrés de grands arbres. C'était sur une échelle plus petite un site analogue à celui du château de Douillet, le ruisseau de Courtoussaint tenant lieu de la rivière d'Orthe, le ravin de Montlouveau de celui du Boifade. Aujourd'hui, le « logis seigneurial de Courtoussaint » est entièrement détruit et remplacé par des bâtiments d'exploitation de construction récente ; seuls les murs d'enceinte du jardin subsistent. La tradition attribue cependant une certaine importance à l'ancien manoir, et conserve le souvenir de souterrains qui auraient, dit-on, relié les différents corps de bâtiments ; au siècle dernier une tour en ruines se voyait encore à l'angle de la boulangerie. Le moulin comprenait dans ses dépendances: « une maison, les mouteaux, un étang et deux « journaux de terre » ; il devait chaque année un denier de devoir à la Toussaint, et valait à la fin du XV" siècle deux cents livres tournois.
Le manoir de Courtoussaint et le moulin qui en dépendait étaient situés presque rigoureusement au centre de la seigneurie, dont un Inventaire, heureusement retrouvé aux archives de la Sarthe (2), nous a permis de reconstituer la mouvance avec une précision bien rare. Du pont de Douillet, point où la rivière d'Orthe la séparait du fief de Douillet, et en tournant de gauche à droite, la seigneurie de Courtoussaint comprenait : les métairies de la Gauffardière et de la
elle s'exerçait au moyen des assises du fief, sorte do tribunal où les vassaux et tenanciers étaient tenus de comparaître devant les officiers du seigneur. Il existait un Registre des Plaids et assises de Courtoussaint en 1450 et 1454.
(1) Arch. de la Sarthe, E, 226-227.
(2) Ibid. E. 232.
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Charpentrie, depuis longtemps détruites, situées dans les prairies en amont du parc, entre la rivière et le chemin de Montreuil ; le cours de l'Orlhe, de la GaulTardière îi l'Aune, avec le droit do pèche ; une partie des terres de la Jarretière et de la Foubayère ; les métairies du Genetay et de la Morlière ; le boidage de la Butte aujourd'hui disparu , sur la rive gauche de l'Orthe ; le moulin de l'Aune ; une maison près du moulin de Bernay ; la ferme de la Coquinière ; le domaine d'Yvré actuellement détruit ; les métairies du Rocher et des Gorbelières ; une partie du hameau des Etricheries ; le lieu de Montlouveau ; deux maisons et plusieurs champs à la Bouglière ; plusieurs « maisonnais » au bois des Laires; une partie des villages de Frobert et de la Courbe, sur les bords de la Sarthe ; enfin le bordage de Bois-Rasoir, d'où la limite revenait rejoindre en ligne droite le pont de Douillet, en passant par le carrefour de la Baste, le hameau de la Perrière et la mélairie du Pont. En d'autres termes, la seigneurie de Courtoussaint renfermait dans sa mouvance la vallée de l'Orthe et ses deux versants entre le moulin de l'Aune et les murs du parc ; le cours inférieur du ruisseau de Couitoussaint depuis la Coquinière ; enfin toute la partie Sud-Est de la paroisse entre le vallon de Courtoussaint et la vallée de la Sarthe.
Le plus ancien seigneur de Gourtoussaint, dont le nom soit parvenu jusqu'à nous, est Eudes de Montigné qui vivait dans la seconde moitié du XIV« siècle. Sa veuve, Alix de Montigné, dame de Courtoussaint, rend aveu en 1 i09 au seigneur de Sillé (1).
En 1457 et 1400 le fief de Courtoussaint appartient à Guillaume de Beaugencé, écuyer , qui doit à la baronnie de Sillé la foi et hommage simple, (piatre livres tournois de devoir, et quarante jours de garde monté et armé par chacun an (2). Nous serions porté à croire qu'à la mortde Guillaume de Beaugencé, Courtoussaint fit retour aux seigneurs de Montigné, car le 14 mai 1484, Jean de Saint-Rémy, écuyer, seigneur de Montigné, se qualifie seigneur de Courtoussaint, dans un aveu rendu pour la terre de Montigné à François de l'Epervier, seigneur de Boulouère, Combres, Montbizot et le Meau (3).
Dans tous les cas le fief de Courtoussaint devient peu après la propriété de la famille de la Vayrie, qui le possédera pendant les XVI« et XVII" siècles.
Parmi les principaux sujets du seigneur de Courtoussaint nous citerons : le seigneur de Douillet qui s'avoue, dans une déclaration du 10 février 1402, « subjet
(1) Archives de la Sarthe, E, 227.
(2) Ibid. E, 227, 233.
(3) Ibid. E, 59.
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« du seigneur de Sillé, par le moien du seigneur de Courtoussaint, de tout ce qu'il « a es environs de la Aille de Douillet, de çà le cours de l'eau de la Sarthe, fors le « travers cfii'il a sur la coutume » ; Guillaume Busson qui paie en 1402 cinq sols tournois de rente pour héritages aux environs de la Coquinière : il forme la souche d'une famille nombreuse et aisée, dont le chef Jean Busson, établi peu après à la Corbelière, rend aveu pour ce lieu en 1461 et 1466, à charge de deux deniers de devoir à la Toussaint ; Jean Julienne, dont messire Guillaume de Berné, écuyer obtient par échange en 1402 une portion de pré, « pour faire le fond d'un biau « près de son moulin de Bernay, en la rivière d'Orthe » ; Etienne Husset qui tient censivemeni en 1419 le lieu de Frobert sous le devoir de deux sols, six deniers ; Jean Louveau, tenancier du lieu d'Yvré en 1425 ; le curé de Douillet en 1455, Jean Fouillet, redevable d'une maille pour un journal de terre sur le chemin de Sillé au pont de Douillet ; Guillaume Cochet et Jean Pelard, chefs de deux familles qui parviendront bientôt au premier rang du Tiers, tenanciers de Frobert ; Marin Fouscher et Jean Lasne du Bois-Rasoir ; Guillaume Juillé qui rend une déclaration pour le lieu d'Yvré en 1456 ; Hubert Boutin tenancier de Montlouveau ; Richard Billon et Jean Gouin de la Bouglière ; Jean Le Comte de la Morlière et d'une partie de la Foubayère ; Thomas et Guillaume les Gesbert de la Gharpentrie ; Thomas Huron qui rend aveu le 3 janvier 1470 pour le moulin de l'Aune, sous le devoir de deux deniers tournois à la Toussaint ; Jean Cosnard, propriétaire du pré des Rivières sur le ruisseau de Courtoussaint ; Léonard Langlois ; Jean Ferquin, écuyer, qui reconnaît en 1478 « tenir de la seigneurie de Céans le pré de Vau « d'Orthe, situé entre la rivière et le chemin de la Gauffardière à l'Aune, moyen- « nant six den. de devoir à la Toussaint » ; Jean Carré tenancier du Rocher ; Robert Paris qui rend aveu le 29 octobre 1493 pour le moulin de Courtoussaint, et dont la veuve Gillette, remariée à Guillaume Gérard, vend ce moulin en 1502 à son propre seigneur moyennant « huit vingt-cinq livres etc (1) ».
Domaine delà Bouglière. A la seigneurie de Courtoussaint se rattache étroitement le domaine de la Bouglière, enclavé pour ainsi dire dans sa mouvance et situé dans la même région topographique. Longtemps nous avons cru que cette terre relevait exclusivement de Courtoussaint, dont la Rememhrance mentionne deux maisons et plusieurs champs à la Bouglière. Cependant, dans un aveu rendu le 30 août 1485, par Antoine de Beauveau, baron de Sillé, à François de Coesmes, seigneur d'Orthe, pour les fiefs de Saint-Berthevin, François de la Vayrie est cité comme honmie de foi et honamage simple d'Antoine de Beauveau, « pour raison
(1) .\rchires de la Sarthe, E, 232.