Chapitre huitième
En 1413 la terre de la Droulinière se composait : « 1" de l'habergement et « domaine de la Droulinière avecques le plessis et la circuite d'environ, tant « courtis, vergers, plessis à conins, contenant icelles choses quatre-vingts journaux « de terre ou environ, tous contigus et adjacens l'un de l'autre. 2" Journée à vingt « hommes faucheus de près, près le patis ou environ , en plusieurs plessis. « 3° Trente-huit journaux de bouois ou environ, en plusieurs plessis, et un estant « appelé l'estant du Passouer. 4° Un autre domaine de cinquante journaux de terre « ou environ avec journée à quatre hommes de près et deux estans. 5» Trois « journaux de bouois au bois des Boulays joignant les terres précédentes ». Le fief de la Droulinière comprenait en outre, d'après des documents plus récents, les métairies des Rambeudières en Douillet, de Lorière, de Vaumorin, de la Postière, de la Brosse, des Chevillardières, de l'Esperonnière à Mont-Saint-Jean, et plusieurs rentes sur les héritages de la Vau et des Fleurières, même paroisse (1). La mouvance de la Droulinière s'étendait donc sur cette partie du territoire de Douillet que bornent aujourd'hui le bois des Boulais, la rivière d'Orthe et les limites de Mont-Saint- Jean.
A la fin du XIV» siècle, Jean du Mesnil, escuier, était à la fois seigneur du Mesnil à Mont-Saint-Jean et de la Droulinière. En 1409 il rendit a^'eu au seigneur de Sillé pour le premier de ces fiefs, et reconnut lui devoir quarante jours de garde en son chastel ; il possédait également plusieurs dépendances de la terre de Vassé, appartenant alors à messire Jean de Vassé, chevaher. Il mourut sans doute peu après cet aveu, car le 24 mars 1413 son fils Charles du Mesnil, escuyer, rend aveu co mme seigneur de la Droulinière à noble et puissant seigneur, monseigneur de Couaymes, seigneur d'Orthe, auquel il doit « un baiser en entrant dans sa foi et hommage ».
Vers le milieu du XV'^ siècle le Mesnil et la Droulinière changent de famille. Dès l'année 1457 ils sont entre les mains de Guillaume Hellier, escuyer, dont le frère Michel Hellier est à la même époque propriétaire du domaine de Thimont, près du Mesnil ; Guillaume Hellier, seigneur de la Droulinière, assiste en 1466 avec l'abbé de Beaulieu et le seigneur de Courtarvel, à l'enterrement de son suzerain Charles de Coesmes, seigneur d'Orthe, qui vient de mourir en son château d'Orthe ; il avait épousé Jeanne Rilland que nous voyons mentionnée en 1468, lors de l'acquisition du pré Drouet, près du pont Landry.
Il est probable que Guillaume Hellier et Jeanne Rilland n'eurent pas de fils, car la Droulinière passera bientôt aux seigneurs de Courbayer, et le pré Drouet est vendu dès 1478 au seigneur de Douillet Jean Fcrquin.
(1) Arch. de la Sarthe, E, 203, 227, 263, 30i. — Titres Duplessis-ChâtiUon.
88 Douillet-le-Joly avant il89
Au nombre des principaux sujets du seigneur de la Droulinière il faut citer : « en 1413, Jean Gerart, Drouet Louenson, Colin Busson ; et plus tard le chapelain de la chapelle du Peron à Mont-Saint-Jean, qui doit, outre la foi et hommage, trois deniers de semée par an et une con'ée à faner dans les prés dudit seigneur de la Droulinière ».
Fiefs relevant de la vicomte de Beaumont.
Dans la région Nord et Est de la paroisse de Douillet, mouvante de la vicomte de Beaumont, se trouvaient : 1" la seigneurie de More, de laquelle relevait celle de la Courbe, 2° La seigneurie de Corhon, et le fief des Roches qui en dépendait, 3" Les seigneuries de Launay, des Beauces et de Lorière qui semblent former un même groupe.
i" Seigneurie de More.
Ce fief nous est déjà connu : nous avons eu occasion de prouver que son importance au XIII» siècle avait été exagérée, et aussi de signaler un legs fait par un de ses premiers seigneurs à l'église de la paroisse.
La seigneurie de More était située à l'entrée de la vallée de l'Orthe, sur les deux versants de laquelle elle étendait sa mouvance. Le « logis » reconstruit au XVP siècle, s'élève au sommet d'un mamelon qui domine le confluent de la Sarthe et de l'Orthe, et commande le gué de More. C'est un site pittoresque, varié, qui offre tout à la fois des rochers sauvages ou des prairies encadrées de hauts peupliers, sur les bords de la Sarthe ; de riches cultures sur les coteaux voisins. Au pied du mamelon, sur la rivière d'Orthe, s'abritait le moulin blaret de la seigneurie.
Le fief de More relevait de la châtellenie d'Assé-le-Boisne, qui dépendait ellemême de la baronnie de Fresnay et par suite de la vicomte de Beaumont.
Sa mouvance comprenait : le domaine de More avec ses circonstances et dépendances, c'est-à-dire le mouhn, lagarenne,lesbois,lariviêreetle droit de pêche entre More et les Roches ; les terres de Haut-Moré, du Souillet, du Bois-Besnard , des Boulais, de la Bussonnière, du Fléchin, de Beaucoudray et de la Courteille sur le versant gauche de la vallée de l'Orthe ; celles de la Bergerie, de la Chalonnière et plusieurs champs près Lorière, sur le versant de droite (1). Elle s'étendait donc sur le nord de la paroisse et le cours supérieur de l'Orthe, occupant ainsi une
(1) Arch. paroissiales. — Minutes Martineau. — Arch. municipales du Mans.