Chapitre neuvième i
Cette longue cnumération des générosités faites par les paroissiens de Douillet paraîtra peut-être aride : au fond elle a une portée historique réelle. Elle montre d'une part que le clergé garde son influence et l'idée religieuse sa puissance , malgré la réforme sans cesse grandissante ; d'autre part que le Tiers- État se groupe peu à peu. Enrichis par le commerce, protégés par le clergé dont ils ont soin de conserver l'alliance, les paroissiens de Douillet marchent toujours en avant dans la voie que l'Église leur a ouverte et que la monarchie leur aplanit ; au milieu du XVI" siècle beaucoup d'entre eux s'élèvent rapidement, et quelques-uns, tels que les Pelard et les Belocier, sont déjà parvenus à la bourgeoisie.
Nous ajouterons que la noblesse rurale, pour avoir perdu son omnipotence politique et être forcée de faire chaque jour une place plus grande au Tiers « ce protégé de l'Église et de la royauté », n'a rien perdu de la considération qui lui appartient dans la hiérarchie sociale. Nous arrivons au contraire au moment où la seigneurie de Douillet passe de la famille Ferquin à la famille de Montesson, une des plus illustres du Maine. Antoine de Ferquin en effet, qui avait épousé en premières noces Renée d'Orcisses morte à Douillet en 1543, était resté veuf avec quatre filles : Rose, Jeanne, Guyenne, et Marguerite. Or, au mois de février 1555, il mariait Rose à Guillaume de Montesson, seigneur de Saint-Aubin et du Cormier, veuf de damoiselle Françoise Jagu, tandis que lui même épousait Françoise de Montesson lille des précédents. Ce double contrat fut signé au château de Douillet, le 14 fé\Tier, par devant Georges Busson, notaire royal à Douillet, en présence de Thomas Le Roy, seigneur du Plessis, fils de Jacques Le Roy et de Jeanne de Ferquin, de Florent Le Maire, fils de Perrine de Ferquin, de M" René Busson vicaire de la paroisse (1). Antoine de Ferquin et Françoise de Montesson eurent un fils François de Ferquin, mais celui-ci étant mort jeune encore, sans héritiers et avant sa mère, la seigneurie de Douillet devenait quelques années plus tard, en vertu des dispositions du contrat de mariage, la propriété de la famille de Montesson, qui la consen'era pendant trois siècles.
C'était un événement pour l'histoire de Douillet. La famille de Montesson, qui avait figuré aux croisades et occupait un des premiers rangs dans la noblesse du Maine, devait donner à notre paroisse une illustration nouvelle, par suite des hautes situations que ses seigneurs occuperont désormais (2).
(1) Chartrier du château.
(2) La généalogie ite la famille de Montesson a été donnée trop souvent pour qu'il soit nécessaire de la reproduire ici. V. entre autres : Borel d'IIauterlve. Annuaira de la noblesse 18C3, p. 2i6 : Notice histofiqwi cl fjéiiéalogique sur la maison de Montesson.
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DouiUet-Ie-Joly avant il 89
En d'autres termes la paroisse de Douillet pouvait affronter sans crainte la tempête des guerres de religion : la Providence lui avait donné un clergé nombreux, dévoué, profondément enraciné dans le pays ; des seigneurs influents et puissants ; enfin une vaillante population, courageuse au travail, inébranlablement attachée à l'ordre public et à la religion catholique.
ECUSSON Encastré dans le pignon nord du manoir du Plessis-Breton.