‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 61 sur 188 · DE RELIGION · texte numérisé non relu

DE RELIGION

I. Les guerres de religion. — Attachement des gentilshommes et des manants de Douillet à la religion catholique. — Ministères de M«^ de la Vayrie et de llerbelin. — Dons à la fahrique et construction d'une chapelle à l'église, par les seigneurs du l'Iessis-Breton. — Séparation administrative de la communauté et de la fabrique ; le procureur général des manants. — Progrés du pouvoir central. — II. La Ligue et Henri IV. — Les ligueurs à Douillet. — Ministères de M's d'Alençéet Jean Cohon. — Rétablissement de l'ordre. — Création de l'Etat-Civil. — La Société paroissiale à Douillet après les guerres de la Ligue. — III. Ministère de M« Guillaume Laurens. — Progrés du Tiers-Etat. — Triomphe définitif de l'élément cathohque : refonte de la grosse cloche et travaux à l'église. — La noljlesse et le clergé pendant les premières années du règne de Louis XIII, jusqu'à la prise de la Rochelle en 1628.

USQU'AU milieu du XVI» siècle environ, la réforme n'avait pas troublé d'une manière sensible les campagnes voisines de Douillet. Dès l'année 1535 un acte sacrilège avait bien été commis dans l'église de Montsort, mais il n'avait eu qu'un retentissement passager, excitant l'indignation des populations plutôt que leurs sympathies pour les doctrines nouvelles. Seule, l'influence de Jeanne d'Albret, devenue en 1548 dame de Fresnay et de Beaumont par son mariage avec Antoine de Bourbon, put porter quelque atteinte à la religion catholique dans nos contrées ; à partir de 1550 surtout, la propagande était devenue active à Fresnay, et il s'était formé dans la banlieue de cette ville, entre autres dans la paroisse de Saint-Ouen-de-Mimbré, un noyau nombreux de calvinistes.

Les environs de Douillet subissent dès lors le contre-coup des guerres de religion, et, avant que la fermeté de Richelieu ne soit parvenue à rétablir définitivement l'ordre public dans l'Ouest de la France, la vie paroissiale traverse successivement trois périodes distinctes : la première est marquée par les

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dissensions religieuses proprement dites, la deuxième par les dissensions politiques et la lutte entre la Ligue et Henri IV, la troisième par les progrès décisifs de l'élément catholique.

Le mariage de Jeanne d'Albret avec Antoine de Bourbon ayant assuré aux protestants de nombreuses sympathies dans notre contrée, les paroisses voisines de Fresnay ne pouvaient échapper longtemps aux agitations que suscitaient de toutes parts les luttes religieuses. Ainsi, dès la première guerre de religion, lorsque les protestants, qui avaient occupé Le Mans pendant trois mois, furent contraints d'abandonner cette ville, le 10 juillet 1562, ils s'empressèrent de battre en retraite dans la direction de Beaumont, Fresnay et Alençon, domaines de la reine de Navarre. Après avoir commis de graves excès à Beaumont, les débris de leur armée arrivèrent à Fresnay sous les ordres de la Motte - Thibergeau ; la ville ouvrit ses portes sans résistance , « pourquoy il ne fut faict aucun déplaisir aux « habitants, hormis que les ymages et les cloches de leur temple furent rompus », c'est-à-dire que l'éghse fut entièrement saccagée. Peu de temps après, celle de Sougé-le-Ganelon semble avoir eu le même sort, et le désordre devint si général qu'Henri de Bourbon dut envoyer à Fresnay un capitaine nommé de la Borderie, avec cent arquebusiers à cheval. Ceux-ci malheureusement se contentèrent « d'emplir leurs bouches » aux dépens des paroisses, de telle sorte que le pays demeura troublé plusieurs années de suite. Enfin, en 1568, une armée protestante traversa Fresnay une seconde fois, venant d' Alençon sous les ordres de Montgommery pour rejoindre dans le Maine le marquis de Lavardin et se rendre ensuite à l'armée des Princes (1).

Il est incontestable que la paroisse de Douillet subit dans une certaine mesure les conséquences de ces événements. Toutefois la rive droite de la Sarlhe eut beaucoup moins à souffrir que la rive gauche, et elle ne fut pas sillonnée, comme celle-ci, par les armées protestantes. De même que pendant la guerre de cent ans, Douillet dut à sa situation un peu écartée d'être laissé de côté par les gens de guerre, qu'éloignaient le mauvais état des chemins et surtout la nature du sol si accidenté et si boisé. Les habitants eurent bien à supporter des charges extraordinaires, telles qu'une taxe de 43 liv. mise sur leur paroisse, vers la fin de 1568, par « Mgr Gilles du Verger, président à Tours, commissaire du Roi », ce qui

(l)Moulard. Chroniques de Sougé, p. 193, tOi, d'après les archives paroissiales de Sougé et Assé.

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