‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 64 sur 188 · Chapitre (li,viî'iiic · texte numérisé non relu

Chapitre (li,viî'iiic

plus Iroublés. Eu 1583 Robert Glniik'lou duiiiie à perpétuité uu pain bénit de 2 sols 6 deniers au jour de Toussaint, sur le jardin de la Loge. En 1586 Jeanne Deschamps, veuve Jean Marlineau, do la Guiloire, lègue dix deniers à chacune des églises de Douillet, Sougé, Saint-Georges, Monlreuil et Fresnay, plus un pain bénit à l'église de Douillet le jour de Sainte-Catherine, hypothéqué sur le pré Ribot. L'année suivante, ^1"= Michel Horeau, prêtre, meurt le 5 juin laissant de même une rente de 20 sous tournois au curé et à la fabrique, trois écus un tiers pour avoir des ornements, douze deniers à chacun de ses frères et sœurs de la flanje de Notre-Dame, trois boisseaux de blé aux pauvres, sans parler d'une foule d'autres dons moins importants, comme « deux lès de drap noir à sa niepce Rose Horeau pour lui faire un chaperon etc. » Quatre mois plus tard, le 24 octobre 1587, Georges Lagogué lègue une rente de 40 sols au curé et à la fabrique, sur le clos d'Oi'gères, pour avoir la prière tous les dimanches. En 1589 enfin ce sont de simples femmes du peuple, Catherine Déret et Rose Cormaille qui lèguent chacune un champ à la fabrique , exemple suivi encore par un autre paroissien nommé Ambroise Chappeaux (1).

Bien plus, cette môme année 1589 est marquée parla construction d'une nouvelle chapelle à l'église. Thomas Le Roy, seigneur du Plessis-Breton, et Olive de More son épouse (2) ayant terminé le manoir commencé par Jacques Le Roy, et ne pouvant plus compter sur la chapelle des seigneurs de Douillet devenue la propriété de la famille de Montesson, voulurent avoir eux aussi une chapelle spéciale dans l'église de la paroisse, « afin d'y placer leur banc, d'y faire célébrer le « service divin et d'y être ensépulturés ». C'était en effet le complément de leur œuvre, la consécration définitive de la reconstitution de leur seigneurie. Le 10 avril, jour de la dédicace, une assemblée de fabrique, à laquelle assistent Jacques de Montesson, patron fondateur de l'église, Ambroise de Herbelin, curé, Gabriel Lavollé vicaire, Jean Agin, procureur fabrical, Michel Vlnvani procureur du général des manam, leur concéda un emplacement de quinze pieds carrés à prendre dans le cimetière au-dessous de la chapelle de Corbun , à charge de payer chaque année à la fabrique une rente de dix sols tournois au jour des Rois (3).

Pour la première fois dans cette assemblée solennelle de la fabrique, on voit

(11 Arch. paroissiales.

(2) Olive de More descendait des seigneurs de Bresteau à Tennie, Elle devait être fille de René de More, marié en 1550 à Françoise de Bois-Simon. — Cf. S. d'Elbemie : Les Sires de Brailel, dans la Revue du Maine I, p. 248.

(3) Arch. paroissiales.

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figurer à côté du procureur fabrical, avec lequel on ne peut plus dos lors le confondre, un procureur général des manans. Or, nous pensons qu'il faut considérer cet agent, qui existe à Douillet depuis 1586 au moins (1), comme le représentant spécial de la communauté, appelé au siècle suivant ji^ocureur syndic. De là cette conclusion, qu'à l'époque où nous sommes arrivés, et sans doute par suite du développement des affaires, il s'est produit une tendance à séparer la communauté de la fabrique, les affaires des manants de celles des paroissiens en général. C'est une conséquence de l'importance chaque jour plus grande que prend la vie administrative de la communauté, et surtout de l'accroissement continu du pouvoir central, auquel il faut désormais un intermédiaire dans ses relations avec les moindres communautés d'habitants.

Depuis le commencement du siècle en effet le gouvernement n'a cessé d'étendre ses attributions et de multiplier ses rapports avec la communauté. Non seulement il continue à manifester directement son autorité par la levée des impôts, mais encore il est arrivé à exercer presque exclusivement le droit de justice. A part quelques cas peu importants de basse justice, laissés aux procureurs fiscaux des seigneuries, la plupart des causes viennent désormais au bailliage royal de Fresnay, dans le ressort duquel est comprise la paroisse de Douillet, et par appel au présidial du Mans, puis un peu plus tard au présidial de La Flèche ; tels sont spécialement les procès relatifs aux biens de la fabrique et les causes criminelles. De même, le mouvement des affaires devenant sans cesse plus actif, la Royauté crée de toutes parts de nouveaux officiers publics ; les anciens notaires de la cour du Bourgnouvel et les membres du clergé, qui recevaient les actes à l'époque précédente, sont ainsi remplacés dans chaque paroisse par un notaire royal. Tels sont à Douillet Georges Busson dès 1547 et Pierre Lebouc en 1587, à côté desquels on trouve encore René Lefaucheux notaire de la Cour de Sillé, en 1566, et Julien Briffaut notaire de la cour du chapitre. Cette multiplicité des notaires royaux dans les communautés d'habitants, et la prééminence qu'il ne tardent pas à y prendre, contribuent insensiblement à augmenter l'influence du pouvoir royal.

Malheureusement ces progrès de l'autorité centrale, avantageux sous bien des

(t) Gervais Agin est cité à cette date comme procureur général, à côté du procureur de fabrique, dans un fragment d'inventaire des titres de la fabrique. Dès 1574 Jean Provot était bien qualifié lui aussi procureur général, mais il n'était pas distingué aussi nettement du procureur Ue fabrique.

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