‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 66 sur 188 · Chapitre dixième 'J · texte numérisé non relu

Chapitre dixième 'J

fut signalé que par deux laits ; une gelée exceptionnelle qui déiruisil la récolte dans la nuit du 2i au 25 niailSîli; un procès devant l'ofOcial ijui condanuia Jacques d'AIencé, le 10 avril 1595, à payer sept années d'arrérages du droit de luminaire dû par la cure de Douillet au chapitre du Mans (1). Cette condamnation dégoiila sans doute Jacques d'AIencé de son bénéfice, car un an après en avoir pris possession, le 14 juillet 1595, il permuta la euro de Douillet avec Jean Cohon, curé de Sougé-sur-Loir. Ordonné prêtre en 1596 et reçu licencié en droit canon, il fut pourvu d'un canonicat à Tours, termina ses études à Paris au collège de Boncourt, et devint plus tard chanoine prébende et scolastique de l'Eglise du Mans.

M" Jean Cohon prit possession de la cure de Douillet le -4 août 1595 avec les cérémonies habituelles, en présence de Jacques de Montesson, Thomas Le Roy , Gabriel Lavollé, Jacques Deschamps et Gervais Galpin, prêtres ; Jacques Feron et Raphaël Marye, avocats au Présidial du Mans, et de plusieurs habitants de la paroisse (2). Il appartenait à une famille qui deviendra bientôt célèbre et sur laquelle nous aurons à revenir longuement ; bornons-nous ici à remarquer par quel concours de circonstances il est amené à Douillet, c'est-.' -dire par suite de ses relations personnelles avec Jacques d'AIencé.

La prise de possession de M<' Jean Colion coïncidait avec une ère d'apaisement, et une pacification (jui devint peu ajirès générale, à lagrande joie des populations. Cette joie se manifesta surtout le dimanches juillet 1598, lors de la grande procession fuite à Fresnay pour remercier Dieu delà paix avec l'Espagne ; la paroisse de Douillet y prit part, ainsi que toutes les paroisses voisines de la ville et du doyenné ; il y eut à la procession une prédication par M. Mimbré, principal du collège de Sillé, et aux vêpres un Te Deum en musique, suivi d'un feu de joie devant les Halles (3). Aussitôt les affaires de tout genre reprirent une impulsion nouvelle ; les devoirs féodaux furent remplis plus exactement ; l'évèque du Mans Claude d'Angennes, entreprenant la visite de son vaste diocèse, vint à Fresnay célébrer une messe ponliOcale ; eiilin la comptabilité des fabriijues fut examinée

son jnini.stère jusqu'en 159!). ce qui est certainement inexact. En outre, elles placent avant lui et après M« de Herbelin, en ISOO, un curé du nom de Jean Cochet, chanoiae du Mans. Or, il nous a été impossible de retrouver la moindre trace de Jean Cochet, ni dans les archives paroissiales, ni dans les InsiniuUions, et nous avons tout lieu de croire qu'il y a eu ici encore une confusion avec Jean Cohon, (7ia(î0(ue rfu il/fl/is et curé de Douillet en 1595, lequel au contraire est omis dans les Chroniques.

(1) Arch. municipales du Mans, il/cm. du Luminaire.

(2) Insinuations XX, p. 110.

Ci) Hc(j. de l'Elal-Cifil de Fresnay.

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et mise en ordre. — A Douillet par exemple, Jacques de Montessou renouvelle dès 1597 l'aveu qu'il doit à Charles de Cossé, comte de Brissac, à cause de « Madame Judith d'Assigné son épouse », à laquelle appartient la baronnie de Sillé (1). Puis le 2 novembre 1599 une assemblée de fabrique importante arrête les comptes de Gabriel LavoUé, procureur de fabrique de 1589 à 1593. Jean Cohon assiste à cette assemblée, et il y est qualifié chanoine du Mans (2) ; le curé de Douillet était en effet un prêtre de mérite, pourvu d'une prébende dès 1595 (3), et connu « pour sa science, sa prudence et son expérience ». Rien ne prouve il est vrai qu'il ait résidé à Douillet d'une manière continue, car il est représenté maintes fois par ses vicaires, Gervais Galpin et André Bigot ; Gervais Galpin tient avec régularité les registres de baptême de 1594 à 1598, André Bigot les signe presque exclusivement de 1600 à 1606 (4).

Mais hélas, malgré ces premiers indices favorables et les efforts du gouvernement de Henri IV, le commencement du XVII" siècle ne devait pas être heureux pour la paroisse de Douillet. Il fut effectivement marqué par une série de crimes et d'épidémies ; les uns et les autres n'étaient en réalité que les conséquences inévitables des guerres et des misères des années précédentes. Dans la nuit du 19 au 20 octobre 1600, Pierre Guiller, dit la Vallée, est assassiné près de la Guiloire ; le 15 octobre 1605 un autre habitant. Marin Descarié, dit le Cadet, reçoit un coup de poignard dont il meurt six jours après ; enfin le 8 janvier 1608 on enterre un maitre d'escrime du nom de Gilles Gombaut, tué par des forgerons au bas du tertre de Haut-Moré (5). Ces crimes indiquent suffisamment quelles secousses profondes les mœurs de la population ont éprouvées pendant la guerre civile. — L'épidémie fut encore autrement funeste . Précédée dès le mois de janvier 1602 d'une espèce de coqueluche, « de laquelle presque grands

et petits de tout sexe furent fort vexés » , cette contagion prit rapidement

(1) Arch. paroissiales.

(■2) Ibid. I, n« 4, Jean Cohon avait été pourvu de soncanonicat par permutation avec un chanoine nommé de Berthe, malgré une certaine opposition de l'évéque du Mans, et en vertu d'une autorisation spéciale de l'archevêque de Tours accordée en octobre 1595. Dom Piolin,flis(.e/t' l'Eglise du Mans V, p. 606.

(3) Insinuations XXI, f» 281.

(4) Le registre des baptêmes est intitulé : « Papier baptismaloù sont enrerjistrés tous les enfants « baptisés en l'é(j\ise de Douillet depuis l'année 1594, suivant une lettre à nous envoyée par ilijr « du Mans, par laquelle il est commandé de n'admettre qu'unparrain et une marraine au baptême « de chaque enfant, laquelle est en dabte du seiziesme jour d'août 1594 et demeure collée sur l'un « des (gardes) de notre missel. — Ce que certifie estre vrai et témo'ujne de mon seing, ce 20' jour « de septembre 159S. — Signé Galpin ».

(5) Reg. de l'Etat-Civil

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