‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 71 sur 188 · Chapitre dixième i · texte numérisé non relu

Chapitre dixième i

gneurie de Douillet. Ainsi tout d'abord il poursuit la reconstruction du logis seigneurial de Douillet, détruisant les petits bâtiments situés dans le prolongement de l'aile principale, et prolongeant le château jusqu'à l'escarpement de la vallée. Il fait ensuite bâtir en avant de la façade, de chaque côté de la cour d'honneur, les deux pavillons carrés qui subsistent encore et dont l'un porte la date de 1628. Ces pavillons étaient reliés entre eux et au château, du côté de l'église, par un mur d'enceinte, car l'ordre public n'était pas alors assez stable pour rendre inutile toute mesure de prudence. Les meurtrières percées dans les angles des pavillons ne peuvent efTectivement se rapporter qu'à une idée de défense, et elles étaient sans doute destinées à recevoir au besoin des couleuvrines, dont le feu se croisait devant le portail d'entrée. Autour de François deMontesson se groupent différents membres de sa fiimille ; ses frères, Jean de Montesson, seigneur de la Cheverye, qui lui succédera bientôt, Mathurin et Basile ; sa cousine Marie Le Maire, dame de Brantalon, que remplace dès 1628, comme propriétaire de cette terie, Abraham du Hayer, sieur du Perron, conseiller au présidial et bailliage d'Alençon, père du littérateur (1) ; puis les filles de Thomas Le Roy seigneur du Plessis-Breton et d'Olive de More, également ses cousines du côté de Ferquin ; l'une d'elles, Jeanne Le Roy, a épousé le 2 mai 1609, dans l'église de Douillet, Isaac Poyet, escuier, sieur de la Chevalerie, de la paroisse de Plumellec, évêché de Vannes, qui pourrait bien être le même que M. de la Chevalerie, maitre des forges de l'Aune quelques années plus tard : une autre épousa peut-être honorable Jean Le Roux, qualifié bientôt sieur du Plessi.s-Breton (2).

Enfin à côté du seigneur se réunissent encore comme précédemment, dans les assemblées de fabrique et les actes divers de la vie locale, de nombreux gentilshommes : Christophe de la Vayrie, seigneur de Courtoussaint, marié le 14 janvier 1613 dans l'église de la Roche Mabile à Louise Vasse, dont il a eu cinq enfants : René, Jacques, Christophe, Renée et Louise ; Charles du PlessisChâtillon, seigneur de la Droulinière ; Jacques du Cormier, écuyer, seigneur de Lorière et de la Beauce, puis son fils Thomas, marié le 18 février 1620, en l'église de Malicorne, à damoiselle Françoise de Valentin ; Jacques de Courtarvel, écuyer, seigneur de Carbon et de Boisgency, qui meurt le lundi de Pâques 4 avril 1626, laissant un fils, Joachim, et deux filles, Marguerite et Louise, de son mariage avec damoiselle Louise de Renard ; Gabriel de Cocherel devenu seigneur des Roches à la mort de Picné de Lavergne (3) etc. Toutefois remarquons qu'une partie de cette famille de

(1) Odolant-Desnos, Mémoires historiques II, p. 533.

(2) Registres de l'Etat-Civil.

(3) Reij. lie VEtat-Ciiil.

d4G Douillet-le-Joly avant '1789

Cocherel, qui paraît ici pour la pi-emière fois dans l'histoire de Douillet, semble se séparer pendant quelque temps, au point de vue religieux, des autres familles nobles delà paroisse. Un parent de Gabriel de Cocherel, Pierre de Cocherel, écuyer, seigneur de Marolles, qualifié parfois lui aussi sieur des Roches, appartient à la religion réformée. Il en résulte certains dissentiments de famille: ainsi une de ses filles, née à Douillet en 1615, est d'abord baptisée à l'église sous le nom de Jacquine, puis portée par son père au temple deMimbré, oi^i elle reçoit le baptême protestant et le nom de Françoise (1). De même Jacques de Cocherel, seigneur de la Bouteveillère, est protestant. Il est vrai que tous se convertissent de bonne heure, car une autre fille de Pierre de Cocherel est baptisée le 2 mai 1G26 par le vicaire de Douillet, et Françoise elle-même épousera à l'église, le 7 février 1630, René de Courtarvel, écuyer, sieur de Coulombiers, en présence de Jacques de Cocherel redevenu lui aussi catholique. Ces conversions coïncident sans doute avec celles de plusieurs calvinistes de la contrée, «ramenés au giron de l'église en « 1624 par les prédications d'un jésuite venu en mission à Fresnay (2)». On ne peut donc attacher d'importance à cette influence calviniste de Pierre et Jacques de Cocherel, puisqu'elle ne fut que momentanée, exceptionnelle, et combattue énergiquement par d'autres membres de leur propre famille. — Quant au seigneur de More, Honorât d'Ascigné, gendre de Pierre de Laval, et à Jacques Elisant, seigneur de la Buschaye, demeurant à Blois, auquel Jacques de Guyon et Louise de Vaulx ont vendu la Courbe (3), nous rappellerons seulement leurs noms, car, par suite de leur éloignement, ils ne prennent qu'une part indirecte à la vie paroissiale .

En définitive, avant même l'éci'asement complet du parti protestant par Richelieu, l'élément catholique a repris entièrement le dessus à Douillet. Sous le règne de Louis XIII, plus encore que sous le précédent, le curé domine la paroisse grâce à son alliance avec le seigneur, dont les sentiments religieux n'ont jamais varié. Il est secondé comme toujours par une véritalole phalange de prêtres, au nombre desquels nous devons citer : André Bigot, Gabriel Lavollé, neveu de l'ancien vicaire du même nom (4), Jean Langlais, Julien le Roux, René Fouscher, Michel

(1) Reg. de l'Etat-Civil.

(2) Recj. de l'Etat-Civil de Fresnay.

(3) Archives municipales du Mans et Titres de propriété de la Courbe.

(4) M* Gabriel LavoUé tient avec soin les registres de lEtat-Civil depuis 1606 environ. Son premier registre est intitulé d'une part : « Le libvre ou sont escript ceidx qui ont esté baptisés en

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