‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 73 sur 188 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

LA PAROISSE DE DOUILLET AU XVIIe SIECLE

I. Les Cohon à Douillet. — Anthyme Denis Cohon, prédicateur ordinaire du Roi, curé de Douillet. — .administration de M"' .\ndré Bigot et Gabriel LavoUé. — Influence à Douillet d'Anthyme Denis Cohon après sa nomination à l'évèché de Ximes. — II. Ministère de M« René Colion. — L'élément paroissial atteint son développement complet sous la direction des familles Cohon et de Jlontesson. — Situation brillante de la paroisse au commencement du règne de Louis XIV. — III. Jlinistére de M« llèlie Derouez. — Rôle important du seigneur de paroisse : Jean de Montesson. — Afl'aiblissement de la noblesse rurale. — La bourgeoisie. — L'assemblée de paroisse et le procureur-syndic. — La seigneurie et la communauté en présence à la fin du XVII= siècle.

E XVII" siècle, au moins de 1G28 à 1G96, est une époque particulièrement importante dans l'histoire de Douillet : c'est en effet

-^ celle du développement complet de la société paroissiale, la

période la plus brillante de nos aimales avant les grands événements de 1789. Les guerres de religion sont finies dans la contrée, les troubles politiques de la Fronde doivent y être moins sensibles que dans les autres parties du Maine, le régime féodal a fait place définitivement à un gouvernement ferme et vigilant ; (juant aux désastres de la fin du règne de Louis XIV, la Providence seule peut encore les prévoir. Affranchie dès lors par la monarchie des abus les plus funestes de la féodalité, délivrée des ravages périodiques de la guerre civile et surtout habilement dirigée par deux familles influentes, les familles Cohon et de Montesson, la paroisse de Douillet arrive à son apogée, c'est-à-dire au point culminant qu'il lui soit donné d'atteindre sous l'ancien régime.

Le nouveau curé dont l'avènement coïncidait ainsi avec le triomphe de

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Riclielieu et du pouvoir royal, maître Jean Golion, prit possession de sa cure le -1<^'' avril 1629. Suivant la coutume, après avoir présenté au notaire de la cour du Saint-Siège, maître Etienne Laigneau curé de Moitron, les provisions expédiées en la cour de Piome et le visa de l'évêque du Mans, il se rendit avec ses témoins, André Bigot vicaire et Gabriel Lavollé chapelain, à la grande porte de l'église : « où estant, dit l'acte de prise de possession, il a pris de l'eau béniste, est allé au » devant du Crucifix s'y mettre à genoux ; de là s'est allé prosterner devant le » saint Ciboire, et après quelques oraisons est allé laver ses mains, prendre la » custode, et a apporté le Saint-Sacrement sur le grand autel, l'a montré au peuple » et adoré avec toute révérence ; puis l'ayant remis à la custode, a ouvert les » livres, est allé visiter les fonts baptismaux et sonner les cloches ; de là il est » allé à la maison presbytérale où il a ouvert la porte principale etc (1) ». Or sous les apparences de ce cérémonial commun à tous les cas semblables se cachait un événement caractéristique pour l'histoire de Douillet, la reprise de possession de la cure par la famille Cohon, qui devait la garder cette fois sans interruption jusqu'en 1666.

Cette famille, originaire de Craon où elle occupait une situation modeste, n'était pas encore parvenue à la célébrité qu'elle devait bientôt atteindre. A l'époque où nous sommes, elle était déjà connue cependant par deux membres arrivés à un rang élevé dans le clergé du diocèse : W- Jean Cohon, l'ancien curé de Douillet, chanoine du Mans, devenu archidiacre de Montfort et dont la science, la prudence et l'expérience étaient, comme nous l'avons dit, très appréciées de ses contemporains : et son neveu Anthyme-Denis Cohon, jeune prêtre rempli de talent et d'avenir, docteur en droit, chanoine du Mans lui aussi, qui commençait à se créer une réputation d'orateur. Nous avons vu par quel concours de circonstances les Cohon avaient été amenés à Douillet, M^ Jacques d'Alencé ayant résigné sa cure à M" Jean Cohon, qu'il connaissait sans doute personnellement, et celui-ci la cédant à son tour à un compatriote et ami de la famille. M" Guillaume Laurens. Depuis lors des relations intim'>s semblent avoir uni les Cohon et M« Guillaume Laui'ens qui échangent entre eux, à plusieurs reprises , divers bénéfices : d'aboi'd la cure de Douillet, ensuite le prieuré de Boère, plus tard celui de Saint - Jacques - d'Ernée etc. Enfin , c'est au presbytère de Douillet que M" Laurens recueille ce jeune homme qui porte le nom de Cohon , mais que l'irrégularité de sa naissance force à éloigner de la famille ; bien plus il lui résigne sa cure, preuve évidente de l'intérêt qu'il porte à tous les membres de la famille Cohon.

(t) Insinuations. XXV. f» 289.

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