Chapitre onzième
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Cocherel, qui avait été baptisée deux fois en 1G15, à l'église de Douillet et au temple de Mimbré, sous deux noms différents : le prélat régularisa sa situation en
ajoutant à son nom catholique de Jacquine son nom protestant de Françoise, lequel fut ajouté par son ordre sur le « Papier baptismal » (1).
(1) Reg de l'État civil.
109 Douillet-le-Joly avant il89
Développé ainsi pai- les f flbrts combinés de l'évèque, du curé et du seigneur, l'élément paroissial prend une force suffisante pour traverser sans arrêt les secousses politiques et les crises agricoles.
La mort de Louis XIII en 16-43, les troubles de la Fronde si funestes à certaines parties du ilaine de 1648 à 165'2, et même la cruelle famine de 1650 ne produisent pas de contre-coups apparents à Douillet. Malgré des alarmes inévitables, malgi'é le passage dans les environs de troupes de gens de guerre, les affaires de la fabrique et la cure ne subissent pas de ralentissement sensible. La Paroisse, encadrée on peut le dire entre les familles de Montesson et Cohon, poursuit sa marche en avant, à tel point que la population s'accroit rapidement, et qu'en 1651 le nombre des baptêmes s'élève à quarante, chiffre maximum qu'il lui soit donné d'atteindre à Douillet. Les donations et les legs continuent ; une cloche est refondue et le pinacle réparé ; les « ymaiges de l'église sont rhabillées » par un ou^Tier de Fresnay , et « on remet un bras à Saint-François ». Les assemblées de fabrique sont convoquées régulièrement pour approuver les baux et arrêter les comptes. On y trouve à leurs places respectives les principaux éléments de la vie locale : le curé, les vicaires, le seigneur, les gentilshommes, et les procureurs de fabrique ; remarquons au passage parmi ces derniers un parent du curé et de l'évèque de Nîmes, maître Pierre Cohon, chirurgien à Douillet et procureur de fabrique en 1648.
De même la Communauté se fortifie peu à peu et les fonctions de procureursyndic prennent chaque jour plus d'importance. C'est à cet agent par exemple que le bailly de Fresnay transmet, le 28 juin 1651, l'ordre de convocation des Étatsgénéraux, aux termes duquel la députation du tiers ordre des jmroisses, composée d'ung ou deulx de chaque communauté, doit se trouver à la Flèche le 24 juillet afin d'élire les députés du Tiers (1).
Enfin l'industrie elle aussi semble se développer. Mathieu Gohy, commissaii'e de l'artillerie, ayant charge du Maréchal de la Meilleraye, exploite les forges de l'Aune et y fait exécuter diverses améliorations ; la construction d'une levée de cent mètres de longueur, qui traverse un pré des Prêtrises, nécessite un arrangement entre M^^ Cohon et Gohy : celui-ci promet au curé, le 4 février 1650, une indemnité de 60 sous tournois (2), mais il est remplacé peu après par « noble René de Crespy », qui sera inhumé le 25 septembre 1660 dans la chapelle du Rosaire, en l'église de Douillet, « sous le bon plaisir de M"^ Cohon et de Montesson (3) ».
(1) L'abbé G. Esnaiilt. JSoftf Siff la convu::atiûii aux Etats-rjénéraïuc de i65i. Mamers, 1882, in-8».
(2) .Archives paroissiales.
(3) Reg. de l'Etat ch-il.