‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 78 sur 188 · Chapitre onzième lOo · texte numérisé non relu

Chapitre onzième lOo

A plus forte raison, si la paroisse de Douillet ne souffre qu'indirectement des troubles de la Fronde, les progi'ès de tout genre qu'elle est en voie d'accomplir suivent une marche progressive après le triomphe de Mazarin, le rétablissement de l'ordre dans les pouvoirs publics et la majorité de Louis XIV.

Toutefois il faut bien reconnaître que c'est toujours l'élément religieux qui absorbe l'attention dans les annales de Douillet. Ainsi, à côté de la nouvelle confrérie du Rosaire, nous voyons dès 4654 l'antique confrérie du Saint-Sacrement de Fresnay, réorganisée en 1616 par Monseigneur de Beaumanoir, prendre un grand développement dans la paroisse : elle comprend plus desoixante-dixmembres de toutes classes, et en première ligne le seigneur, -Jean de Montesson (1). L'année suivante 1655, M" René Cohon procède en grande pompe, le 19 juin fête de saint Gervais et de saint Protais, à la bénédiction du nouveau cimetière. Cependant le cimetière étant à peine clos et difficile d'accès on l'abandonne presque aussitôt après y avoir enterré deux corps seulement, pour revenir à l'ancien : il est à remarquer d'ailleurs qu'au XVII" siècle les habitants notables sont encore enterrés dans l'église et en si grand nombre que les droits c< d'ouverture de l'église » constituent pour la fabrique un revenu important. Enfln cette même année 1655, M" René Cohon est élu pour deux ans procureur fabrical, nouvelle preuve du rôle important qu'il remplit dans la paroisse et de l'influence qu'il exerce sur les habitants.

Pendant toute la durée de son ministère, une des principales préoccupations de M» René Cohon fut de faciliter et encourager les vocations ecclésiastiques ; il forma dans ce but un certain nombre d'élèves qui vinrent successivement augmenter le clergé paroissial de Douillet. Au premier rang de ce clergé on doit placer M° Michel Cochet, sieur de la Grenousière, vicaire en 1640 et ensuite prêtre habitué, ecclésiastique rempli de foi et descendant d'une des meilleures familles du Tiers-Élat de la paroisse. Vers 1650 il fut nommé titulaire delachapellenie du Plessis-Breton , après quelques difficultés avec un personnage bien connu: Adam Deschamps, écuyer, conseiller du roi, li^eutenant en la maréchaussée du Maine. René de Pannard, chevalier, seigneur de Chantepie et de Saint-Paul-le- Gauthier, mari de dame Anne de Fossay et curateur des enfants mineurs de feu Claude de Fossay, sieur de Lamboust, et de damoiselle Marie Le Roux sa femme, héritiers de la terre du Plessis-Breton, avait en effet présenté cette prestimonie à Adam Deschamps, tandis que Guy Le Roy la présentait de son côté à Michel Cochet. Un procès s'éleva, et Adam Deschamps obtint une sentence favorable du

(1) Arch. municipales du Mans : dossier Fresnay.

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présidial du Mans ; Michel Cochet interjeta appel, mais une transaction signée au Mans en mai 1650 mit terme à l'affaire. D'une part, Michel Cochet se désista et restitua les revenus perçus ; d'autre part, Adam Deschamps lui céda pour l'avenir le bénéfice en litige, lequel lui fut aussitôt présenté par le seigneur de Chantepie (1). Michel Cochet mourut le 43 janvier 1670. Par testament en date du 5 juin 16"î9, il légua à la fabrique une rente de 20 livres, à charge que la première messe de chaque dimanche fut dite pour lui et ses parents par un prêtre de sa famille, ou à son défaut par un prêtre au choi.\ du curé ; une ordonnance de monseigneur de Froullay du 12 octobre 1726 réduira cette fondation au chiffre de quarante messes par an (2).

Après Michel Cochet il faut citer dans le clergé paroissial les autres vicaires : M" Jean Cochet ; Joachim Foies ; Jean Coisnon ; René Cohon neveu du curé, qui assista son oncle dans les dernières années de son ministère et passa ensuite dans le diocèse de Nimes ; puis des prêtres habitués nombreux, Jean Denis, Léonard Drouet, Jean Cadieu, Louis Briffaut, Sébastien Leduc qui légua une rente de 3 liv. 10 sols à la fabrique et une livre di.\ sols au curé pour être l'ecommandé tous les dimanches au prone ; enfin les bénéficiers dont quelques uns résident, tels que Michel Cochet, chapelain du Plessis-Breton, et Louis Beugler, titulaire de la prestimonie Bigot.

Mais non seulement le zèle de M= René Cohon fut secondé par un clergé paroissial d'une conduite parfaitement régulière, il le fut encore par les exemples du seigneur et par d'excellentes relations avec les gentilshommes de la paroisse. L'aUiance entre le curé et le seigneur, entre l'assemblée de fabrique et la noblesse, fut même si complète à l'époque où nous sommes que M" Jean de Montesson accepta vers 1660, peu après M" René Cohon, les fonctions de procureur de fabrique. On peut juger du reste de sa piété et de celle de la dame de Douillet par les dernières dispositions qu'ils dictent dès 1656 à Louis Durand notaire au Mans, dans la crainte d'être surpris par la mort. Ainsi ils demandent à être inhumés dans le chanceau, au lieu de la sépulture de leurs prédécesseurs, avec une grande simplicité, par le curé et les prêtres de la paroisse seuls. Ils règlent tous les détails de leur enterrement et font de nombreux dons aux pamTes, aux Capucins et aux Sainte-Claire d'Alençon (3).

(1) Communication de M. l'abbé Esnault.

(2) Arch. paroissiales. Cette fondation existe encore aujourd'hui, car, par une exception bien rare la fabriqu; a recouvré une partie delà rente, après la Révolution: toutefois une ordonnance épiscopal3 du 12 janvier iSil a réduit le nombre des messes à douze.

(8) Chartrier du château.

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