Chapitre onzième ili
de Courtoussaint, Jacques de la Vayrie (20 juillet 1660), cette terre a été achetée par René de Jajollet, fils de Gilles de Jajollet, déjà propriétaire de la Courbe, de Bernay à Montreuil et de TEpinay à Assé. Gilles de Jajollet, d'une origine modeste comme nous l'avons vu, est devenu conseiller et secrétaire du roi, mais il habite à Paris paroisse Saint-Roch, et son fils René est receveur des finances à Caen. Ni l'un ni l'autre n'appartiennent dés lors à l'histoire de Douillet ; ce ne sont que des spéculateurs qui ne paient pas leurs acquisitions et dont la faillite, bientôt déclarée, modifiera singulièrement la situation de plusieurs anciens fiefs de Douillet. Le logis seigneurial de More est habité par un simple fermier général qui représente il Douillet Anne-Madeleine du Bellay et Charles du Bellay, chevalier non prêtre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, héritiers de Louis du Bellay et Anne d'Ascigné. Il est vendu en 1689, ainsi que le domaine de More tout entier, moyennant une somme de 21794 livres et la faculté de rachat pendant neuf ans, à Suzanne de Neuillan Parabère, duchesse de Navailles, épouse du maréchal. Inutile d'ajouter que la marquise de Navailles n'habitera jamais Douillet (1). Il en est de même de la famille Tavernier de Boulogne devenue propriétaire de Lorière et des Beauces ; puis de Mathurin Le Feron, écuyer, sieur des Pioches, et de sa femme Renée de Cocherel. Des anciens logis seigneuriaux de la paroisse trois seulement sont habités par leurs propriétaires à la fin du XVII" siècle : la Bouteveifière, la Droulinière et Corbon. A la mort de Françoise de Cocherel, veuve Etienne de Havard, la Bouteveillére est échue à un fils qu'elle avait eu de son premier mariage, Charles de Courtarvel sieur de Coulombiers (2). Celui-ci a épousé damoiselle Françoise Piau qui meurt à la Bouteveillère postérieurement au 17 novembre 1691 ; par son testament en date de ce jour, Françoise Piau, dame de la Bouteveillère, laisse « deux cents livres de messes », vingt livres aux Mineurs de Sillé, cinquante livres à perpétuité à la fabrique de Douillet pour trois grandes messes par an, dans le cas ou sa fille décéderait sans héritiers, mais elle est obligée d'enlever la nue propriété de ses biens à cette dernière Françoise de Courtarvel, ainsi qu'à son gendre François de Loubat, sieur de Caries, « à cause de leur dissipation, pour conserver le bien de sa famille » (3). Elle leur substitue ses petits-enfants nés ou à naître, et supplie M" Hélie Derouez d'être son exécuteur testamentaire. La Droulinière est habitée par Julienne Poivet et son fils André du Plessis Chàtillon qui a épousé Catherine Brière, petite fille de René Doissseau, sieur de Thou, de Crannes-sous-Vallon et parent de M" Hélie Derouez. André du Plessis Chàtillon
(1) Arch. mun. du Mans.
(2) Archives de la Sarthe G, 45.
(3) Minutes Urliain Deshais.
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étant mort en 168i, la Droulinière est achetée par René de Jajollet qui ne peut sans cloute la payer ; car elle est saisie presque aussitôt et adjugée en avril 1687, pour 10500 livres, à Jean Brière, prêtre, supérieur de la communauté de N.-D. des Aides de la chapelle de Saint-Rémy-du-Plain, curé de la paroisse du Val et frère de Catherine du Plessis-Châtillon (1). Le nouvel acquéreur n'habite pas la Droulinière, mais il y laisse sa sœur qui continue à y demeurer et y fait son testament en 1694. Corbon enfin est habité par Anne de Courtarvel, fille de Jacques de Courtarvel, mariée à René de Barville écuyer.
En d'autres termes, la petite noblesse rurale, si vivante et si nombreuse aux siècles précédents, s'affaiblit de jour en jour pour faire une place plus grande d'une part à la famille de Montesson, d'autre part à la bourgeoisie, qui se trouveront bientôt seules en présence.
Cette dernière classe progresse en effet toujours à la faveur de la paix et de la prospérité qui régnent dans la contrée. Les fermiers généraux devenus des personnages importants se substituent insensiblement aux seigneurs qu'ils représentent : tels sont par exemple Guillaume Levrard sieur du Ronceray, fermier général de More, procureur de fabrique en 1696, et René Poybeau sieur du Clos, qui exploite les forges de l'Aune pour le compte de la baronnie de Sillé. Puis le nombre des membres du Tiers arrivés à une situation moyenne augmente sans cesse. A leur tète on voit : honorable Guillaume Jory sieur de Louville, marchand et greffier du rôle des tailles, « l'un des particuliers habitants de la paroisse », auquel l'assemblée de fabrique concède un banc dans l'église « en considération du zèle qu'il a pour rendre service à la fabrique » ; Michel Le Sage, sieur du Cormier, qui obtient également la concession d'un banc dans la nef ; Jacques Bellanger chirurgien et procureur de fabrique (2).
En même temps, par une conséquence des progrès administratifs qui marquent les débuts du l'ègne de Louis XIV, la communauté s'organise sur des bases plus complètes. Protégée par le pouvoir central et placée sous la sauvegarde des intendants, elle ne tarde pas à se ressentir de l'appui que lui donne volontiers le gouvernement ; elle devient même en quelque sorte l'alliée de la royauté, car elle est trop faible encore pour lui porter ombrage, et assez forte déjà pour l'aider à limiter l'omnipotence des seigneurs. Le procurextr-nyndic placé à sa tête est élu par les habitants suivant l'ancienne coutume ; mais, comme il n'a d'autre autorité que celle qu'il tire de son mandat, il ne saurait être rigoureusement comparé au maire actuel. Il convoque Yas6emhlée de la comnnmaulé composée et réunie de la
(1) Minutes Urbain Deshais.
(2) Arch. paroissiales.
GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DU PLESSIS-CHATILLON (branche des seigneurs de la droulinière, a douillet).
D'après la Généalogie puliliéo clans la Semaine du Fidide du diocifte du Mans, tome XV, p. 205, et les Registres de VEtat-ciril de Douillet.
Armes : D'argent à troiis quintefeitilles de (iitciilcs.
GuiLLAU.ME , s' (lu Plessis, de Châtillon sur Colnioiit, en l'27l.
Gervais, s' du riessis.
Jean I, s' du Plessis et de la Poissonniéie eu .Vnjou, vers 1373.
Jean II , s' du Plessis.
Jean- III, épouse Marie de Parfasse, dame de Mmitchouan et du Bueil, en Anjou.
11 est mort en 1122.
Jean IV, chevalier, épou.se ; 1" en 1457, Marie de Vaulx ; 2» Catherine d'Av.^ugol'R.
Jean V, épouse en 1470, Jeanne des Aibiers, dame de Mortayn et do Cljauvigné, en Anjou.
Jean VI, épouse en 1495, Jeanne de Mathan, de Normandie.
Louis, énouse: 1» Charlotte de Speaux ; 2» en 1.540, Renée du Bellay, fille du s' de la Flotte ; leur fils aine, François du P. contiruio la ligne principale.
Jean, écuyer, s' des Vaulx, fils cadet de Loris et de Renée du Dellav, épouse en 1.583,
Suzanne de Colruaver, héritière de la Droulinière. Suzanne de Courbayer est inhumée
à Douillet le 12 septembre KJOi.
Claude, Georges , Charles , épouse : 1° le 5 septembre 1600, à Mont-Saint-Jean,
inhumé a inhumé le dame Renée de Guénée, morte à Douillet le 8 février
DoLiiUet le22 lOnuiilGU. 1032; 2", Julienne Poyvet, de Fresnay.
novembre 1600. I