‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 83 sur 188 · I III M AMIE, I · texte numérisé non relu

I III M AMIE, I

André, fils de Charles Louise, Elisaueth, Henée, baptisée le 2 Charles,

et de Ji'LiENNE Poyvet. baptisée à baptisée à baiitisée le 11 juillet 16t5, baptisé le 10

Baptisé à Douillet, le Douillet, le Douillet, le mai lGi5, épouse à novembre

5 juin 1636 ; épouse : 26aoùtlt)38, 14 novembre épouse à Douillet, le 10 1647.

1° Louise du Bu.VT, inhumée le 1650, inlui- Douillet le 18 septembre 1671

inhumée à Douillet, le 18 octobre mée le 20 septembre 1660 Denis IIallé,

29aoùt 1661; 2' Catherine 165'J. septembre Louis du Pin, bourgeois du Briéhe. Lui-même 1659. écuyer, s' de la Mans.

est inhumé à Douillet, Motte, à Saint-

le 3 juillet 1084. Ouen-de-

Miuibré.

Charles, fils d'ANORÉ et de

Louise du Buat, baptisée Douillet, le 27 décembre 1658 II

ne vit pas sans doute, car

la terre de la Droulinière passe

à la famille Briére.

Chajiitre onzième 113

même manière que l'assemblée de fabrique, avec cette seule différence que les seigneurs et le curé n'y prennent pas part. Il soutient les procès, et surtout surveille la levée des impôts, qui reste toujours la principale des afliùres soumises à la communauté.

Plus heureux que précédemment nous avons désormais des documents qui nous permettent de saisir sur le vif le fonctionnement de la communauté des liabitants de Douillet. En 1694 par exemple, Michel Le Sage, notaire de la baronnie de Sillé, sieur du Cormier, se trouvant taxé à une somme trop élevée pour la valeur de son « faisant valoir », forme opposition au rôle dressé par les collecteurs. Aussitôt, le procureur-syndic, Mathurin Colombu, fait lire au prône de la grand messe un billet invitant les habitants à délibérer sur les affaires les plus pressantes du général, et particulièrement sur la réclamation du sieur du Cormier. Puis, quelques heures plus tard, après midy, il fait sonner la cloche et se rend dans le cimetière, à la grande porte de l'église, avec Urbain Deshais notaire royal ; les « manants et habitants » arrivent de toutes parts ainsi que Michel Le Sage, et lorsque le général est ainsi deuemenl congrégé, Mathurin Colombu expose l'affaire. L'assemblée délibère, et, reconnaissant le bien fondé de la réclamation, propose d'abord au plaignant de diminuer sa taxe pendant les six années suivantes, « afin de le remplir de la surcharge qu'il a subie ». Michel Le Sage, avec son expérience d'homme d'affaires, objecte la mauvaise volonté des collecteurs futurs qui pourraient ne pas admettre cette convention. La remarque est juste, parait-il, car la . première proposition est abandonnée et les habitants s'engagent ù payer solidairement entre les mains de Michel Galpin, collecteur de l'année présente, la moitié de la taxe imposée à tort au sieur du Cormier (1).

On peut donc résumer l'état de la paroisse de Douillet vers la fin du XVII« siècle, pendant la période heureuse du règne de Louis XIV, en disant que l'élément religieux, parvenu à son complet développement dès le ministère de Picné Cohon, se maintient à peu de choses près au même point sous celui de M" Hélie Dcrouez ; que la seigneurie, malgré la mort de Jean de Montesson décédé le 27 avril 1693 h (luarante-deux ans laissant une veuve avec trois enfants (2"), voit accroître son importance par suite de la haute situation de la famille de Montesson et aussi par suite de la disparition de la petite noblesse rurale qu'attire dans les villes un premier essai de centralisation ; enfin que la communauté dont l'existence administrative est réglementée par le pouvoir royal, tend à devenir de plus en plus puissante , gi'àce aux efforts d'une petite bourgeoisie rurale , ambitieuse et

(1) Minutes Urbain Desliais.

(2) Reg. de l'État civil.

iTA Douillet-le-Joly avant 1789

remuante, prête à prendre dans les campagnes les places abandonnées par la noblesse. C'est en définitive une situation brillante pour la paroisse de Douillet, et en général pour l'ancienne société qui atteint en ce moment son apogée. Mais aussi les contrastes s'accentuent entre le seigneur, que ses privilèges mettent au-dessus des autres mortels, qui ne paie pas la taille, qui est à l'abri dans son château de toutes les crises agricoles, et les manants qui supportent péniblement des impôts de plus en plus lourds, qui sont soumis à des obligations féodales surannées, et que la moindre disette éprouve durement. Ces contrastes constituent par eux-mêmes un danger, et il est facile de prévoir déjà qu'un choc se produira lorsque des calamités publiques ou des abus de pouvoir auront excité les passions, et surtout lorsque le sentiment religieux ne sera plus assez fort pour maintenir les esprits.

M" Hélie Derouez, affaibli par l'âge et les infirmités , craignant d'être surpris par la mort, résigna sa cure au commencement de 1696 à un compatriote M" Claude Guyon, de Vallon, prêtre instruit et dévoué qu'il connaissait depuis longtemps. Le 24 février suivant il dicta ses dernières volontés à M" Jacques Lemaitre notaire royal de Saint-Germain-de-la-Coudre ; il léguait à la fabrique de Crannes son pays natal, où il demandait à être transporté, plusieurs rentes dont une de cent livres pour la fondation d'un école gratxiile, qui serait tenue par un pi'être de sa famille : à la fabrique de Douillet une rente de trente livres pour l'entretien d'une lampe devant le Saint-Sacrement, et cinq sols chacun à cinquante pauwes de la paroisse. Puis par une disposition bizarre destinée à en assurer l'exécution, il ordonna que son testament fut gravé sur deux plaques de cuivre que les fabriques de Crannes et de Douillet feraient appliquer, avec des crampons de fer, à la grande porte de chaque église (1). M» Hélie Derouez mourut quinze jours plus tard, c'est-à-dire vers la fin de février 1696, regretté de tous ses paroissiens.

(1) Arch. paroissiales.

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