‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 86 sur 188 · Chapitre douzième · texte numérisé non relu

Chapitre douzième

son testament en date du 25 décembre 1725, il avait réglé d'ailleurs tous les détails de sa sépulture, demandant « à être enseveli en la manière d'un laïque, la face non découverte » , légué aux pauvres près de vingt-cinq boisseaux de Lié ou d'orge « pour être convertis en pain », et donné à la fabrique, en outre de ses ornements, une somme de 200 livres pour « avoir des vases d'argent à mettre les Saintes Huiles (1) ».

Né le 30 janvier 1682 au hameau de Bas-Frobert , de parents vertueux, alliés aux familles Cohon et Cochet, le nouveau curé M-^ Nicolas Pclard était h tous les points de vue un enfant du pays. C'est à peine s'il avait quitté Douillet quelques années pour terminer ses humanités et se faire recevoir en 1706 licencié en théologie à la faculté de Paris. Depuis cette époque il exerçait les fonctions de vicaire à Douillet où il avait acquis, ainsi que nous avons eu occasion de le dire, les sympathies de son curé et de ses concitoyens (2). .

Des lespremiei's mois qui suivirent son installation (15 décembre 1725) il se mit h l'œuvre vaillamment. Tout d'abord il obtient de l'évêque les réductions de legs proposées par son prédécesseur, après avis conforme de Jean Pelard procureur de fabrique, Urbain Rommé procureur-syndic, et Louis Lurson curé d'Asséle-Boisne, commissaire enquêteur (3). Puis il fait approuver les derniers comptes de fobrique par Mgr de Froullay, alors au château de Saint-Aubin, et bénir les nouvelles cloches ; la première est nommée le 30 septembre 1726 /«anne Dorothée par Jean Thomas de Montesson et Thérèse Dorothée Lemaire du Prat représentée par M"" de Montesson, la seconde est nommée Marie-Louise Eléonore par Alexandre Léonor de Jupilles et Marie-Louise Heulin, épouse de Pierre Jacques du Prat conseiller au Parlement de Paris (4). M. Nicolas Pelard fait ensuite réparer le presbytère et disposer plusieurs appartements qui lui permettent de recueillir quelques élèves ecclésiastiques. La même année 1730, d'accord avec le procureur de fabrique François Desartre, il demande à l'évêque l'autorisation de démolir les deux autels que Mgr de la Vergue avait interdits dès 1701. L'autorisation ayant été accordée par ordonnance du 2 février 1731 , après enquête du curé de Saint- Ci) Minutes Urb. Desliais.

(2) Chroniques f» 29. — Insinuations LUI f» 367-372.

(3) .\rcli. paroissiales II, \v> 20.

(i) Reij. de l'Etal Civil.

i84 Douillcl-Ic-Johi avant 1189

Victeur, ^I. Tavernier, doyen rural de Fresnay, il les fait transporter l'un, l'autel Saint-Jean, dans la chapelle du château, l'autre, l'autel de la Vierge, dans la chapelle d'entrée ou du Plessis. Puis il fait ouvrir dans le mur auquel ils étaient adossés une large arcade qui met en communication le chœur avec la nef et dégage la vue du grand autel : construite dans le cours de 1732 par Gabriel Bozo (1), tailleur de pierre, cette arcade coûte 140 livres. Vers la même époque, à la mort du curé de Saint- Victeur, M. Nicolas Pelard est nommé doyen rural de Fresnay , dignité qui le place comme son prédécesseur & la tête du clergé de la contrée.

Sous l'impulsion intelligente du curé la fabrique reprend, comme on le voit, lîlus d'activité. Si elle ne i-eçoit plus que des dons très rares, tels par exemple qu'une rente perpétuelle de 40 sols léguée en 1729 par Cécile Châtelain, veuve de Joachim Quinet, marchand tisserand, elle défend au moins ses droits avec énergie. L'assemblée de fabrique représentée par son procureur, François Desartre, entreprend ainsi Acrs 1730 et 1731 un long procès contre Marc Antoine Jory de Louville, détenteur de la terre de Corbon à rente perpétuelle, pour lui faire payer les droits d'amortissement et de nouvel acquêt de la rente de 170 livres léguée par Anne de Courtarvel, lesquels droits lui étaient réclamés à elle-même par les directeurs de l'enregistrement du Mans. En 1733, elle force les propriétaires du pré de la Chaussée à Montreuil, en les assignant devant le bailli du marquisat de Lavardin, à reconnaître la fondation de Mathurine Laine. En 1738 nouveau procès pour un motif analogue entre Gabriel Bozo, procureur, et les héritiers Thimont, détenteurs de la Petite-Courbe. En même temps la fabrique seconde M. Nicolas Pelard dans ses diverses améliorations. En 1734 elle contribue à faire exécuter des réparations à la chapelle Saint-Michel. En 1739 elle conclut avec Louis Pierre Joseph de Montesson un arrangement relatif à la chapelle du château. Cette chapelle ayant un besoin urgent d'être reconstruite, « au point que la charpente menaçait d'écraser les fidèles », et la fabrique n'ayant pas les ressources nécessaires, M. de Montesson prend les frais à sa charge et même à l'avenir ceux d'entretien ou de décoration, à la condition que la jouissance exclusive de ladite chapelle lui soit désormais réservée et qu'il ait le droit de faire placer des grilles aux arcades qui la séparent de l'église ; le curé seul conservait une clef et la liberté d'y célébrer les offices sans la permission du seigneur. Cet accord important est signé le dimanche 7 juin, devant J.-B. Martineau notaire royal, dans une assemblée nombreuse réunie à fissue des vêpres, en la forme accoutumée, à la diligence de M. Nicolas Pelard et de Gabriel Bozo. En 1742 la fabrique fait encore

(1) Arch. paroissiales.

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