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de paix et de rcconciliatiou entre les partisans des deux religions , si long-temps ennemies.
Le dix-huitième siècle, dont les grands événements devaient changer Tétat de la société, en imprimant à la marche de la civilisation un caractère de progrès et de perfectionnement dans tous les genres^ vit naître dans TAngoumois plusieurs hommes, dont les noms lurent assez célèbres pour mériter d'être cités dans cet ouvrage. En l'absence de faits politiques particuliers à cette province, leurs talents et leurs actions donneront une idée de ce qu'était déjà une société qui produisait de tels liommes , pour jouer un r&le si important dans les débats d intérêt public et de régénération sociale.
Le Marquis De Montalembert, de l'ancienne famille d'Ëssé • dont un des membres avait noblement payé sa dette à la patrie , en mourant sur la brèche, au siège de Térouane , naquit à Ângoulême etse dévoua au métier des armes, à râge de dix-huit ans. Il fit plusieurs campagnes en Allemagne, et se livra, pendant la paix, à l'étude des sciences, principalement de celles
* 16 joiOeC 1714.
sus L'HiCrOUMois. sair qui ont des rapports avec les armes. Sa réputation lui ouvrit les portes de l'Académie des sciences, où il montra qu'il était digne de s'asseoir à coté de ses savants collègues, par la publication de plusieurs mémoires scientifiques. Un de ses compatriotes, Morand, médecin, né à Chabanais,. faisait déjà partie de la même société où l'avaient appelé ses vastes connaissances en médecine. La lecture des écrits stratégiques de l'illustre Vauban porta Montalembert à étudier avec soin l'art des fortifications. Alors, tout occupé de consacrer ses talents au profit de sa patrie , en la dotant d'utiles établissements, il fit bâtir la superbe forge de Ruelle et plusieurs autres, qui fournirent à la marine Française une grande quantité de canons et de projectiles dont eUe n'était pas assez pourvue Pendant la guerre de sept ans, il fut attaché à l'état-miqor des armées de Suède et de Russie; après la paix , il offrit au Duc De Choiseuil, alors ministre, de Taider à la publication de son grand ouvrage sur les fortifications «t d'en suivre les règles; ce qui ne fut exécuté que quelques amiées plus tard Alors, le corps entier du Génie se d^jbia contre ce livre et con-
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Irc «on auteur. Cependanl, Montalcnibeit, pour donner une preuve de rexcellence de «es doctrines, fut chargé de construire, i Hle de Ré , un fort destiné à défendre celte position contre les attaques des Anglais *. Ce fort, construit en bois , à peu de frais , et contre l'avis des plus célèbres ingénieurs, n'éprouva pas le moindre dérangement par reflfet de la détonation subite de toutes les batteries.
Les innovations de cet honune de génie furent surtout employées avec succès aux sièges de Hanovre et de Brunswich* La révolution lui enleva presque toute sa fortune ; mais telle était l'ardeur de son patriotisme , au moment oà la Noblesse Française se réfugiait dans ïexû^ que malgré l'injustice de sa patrie pour tant de services rendus dans la retidite , comme sur les champs de bataille , il abandonna volontairement, pour les besoins de l'État, une pension qu'il avait reçue du Roi pour la perte d un oeil. Lorsque Garnot fut chargé spécialement des opérations militaires, il appela ce savant Général auprès de lui pour profiter de ses talents. Montalembert fut ensuite proposé pour remplir une
son L'ANGOiniOIS. 391 des places vacantes à 1 Institut ^ mais il se retira en apprenant qu'il avait pour concurrent le jeune vainqueur de l'Italie , Napoléon. On a de lui plusieurs quvrages scientifiques , traduits depuis en plusieurs langues , quelques pièces de théâtre et des contes en vers qui annoncent une imagination aussi riante que ses travaux scientifiques annonçaient de génie
La carrière militaire, dans laquelle Montaleni» bert se distingua , offrit aussi une certaine réputatioii (le gloire à plusieurs de ses compatriotes, parmi lesquels on distingue principalement Duboys^Labemarde, né dans la Commune de Saint- Amand-de-Boixe **. Après avoir servi dans le régiment de Périgord , il passa dans celui d'Orléans-Dragons , où il reçut le grade de lieutenant-colonel , et servit dans l'état-major du Général de Broglie ^ pendant les guerres de Hanovre. Plus tard , quand la France voulut ouvrir des routes de communication dans 1 iie de Corse ) pour faciliter la civilisation de ce , pays , il fut cLai gc de commander le camp destiné à protéger les travaux contre les attaque*
* 11 est mort à Pwia, te SS mm 180S.
% teptembra 171S.
m ÉTUDES HISTORIQUES SUR L AISGOUMOIS.
des indigènes* D^autres militaires , nés dans le même pays , se sont encore distingués , et ont obtenu une place méritée dans les fastes de la gloire Française ; nous ne les citerons pas ici, parce que leur gloire appartient au dix-neuvième siècle , et qu'il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de dire les faits de cette époque. Peutêtre , plus tard , entreprendrai-je de dire quels furent les événements survenus dans TAngoumois pendant nos orages politiques , sous la République ^ sous l'Empire , et pendant la restauration ; peut-être irai-^je , fouillant les archives de nos clubs populaires, de nos districts et de nos communes, rechercher quelle part le pays et nos concitoyens ont prise dans ce grand drame de notre histoire nationale. J'ai pensé qu'on devait différer ce travail, au moment où les passions politiques se dressent encore avec tant d'énergie , souvent avec bonne M ^ les unes fortes de leur passé, les autres rêvant un avenir qae chaque individu croit possible , ou repousse loin de lui, selon ses convictions.
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