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acharnement des deux cotés, et partagea le mon'de savant de cette époque. Un autre Angoumoîsm, De Javresac, né à Cognac, y prit part, et publia un livre contre les deux adversaires (19). Ce dernier excita tellement ranimosité de ses enne^ wi», qu'on vint jusque dans son domicile i attaquer avec i'épée et le pistolet. On publia contre lui un libelle di&matoire et il fiit alors plus connu par le ridicule déversé sur lui que par le mérite de ses ouvrages. Fatigué des querelles que loi attirait son talent , Ralzac quitta Paris, se retira dans TAngoumois pour y vivre dans une terre qu'il possédait sur les bords de la Gbarentef il y vécut en bomme de bien, entouré d'amis, estimé des riches et adoré des pauvres, au soulagement desquels il consacrait une partie de ses revenus. Il n'aima pas pour lui seul la culture des Lettres ; car il fit tout pour en hàtcr les progrès dans l'avenir, comme si la gloire du siècle de Louis XIV eût du réfléchir sur la tombe du littérateur-philosophe un des rayons de cette lumière qui éclaira l'intelligence des peuples, et les conduisit à la civilisation ^^0).
Tous les anciens ennemis de Henri IV n^a--
"* Imitalé : La <lé£ûte dn pabdin Jamiac.
sua L'ANGoeMois. sas vaîent point encore reconnu l'aiitorité de ce Prince *. Quelques débris de la ligue agitèrent de nouveau certaine» parties de la France. Plusieurs gentilshommes ayant tenté de s'emparer de Saint-Yriex, dans le Limousin, une grande partie de la Noblesse de TAngoumois s'y opposa, et se réunit à Saint-Germain , près de Confolens , lieu désigné pour le rendez- vous par le Comte de La Rochefoucauld. Après que le Roi se lût réconcilié avec la cour de Rome, les protestants craignirent de ne pas obtenir la protection promise à leur religion ; mais dans cette grave préoccupation des esprits , ceux de 1 Angoumok restèrent calmes, jusqu'à ce qu'enfin l'édit de Nantes -vint sanctionner leurs droits Ainsi , les disciples de Calvin suivirent librement les pratiques de leur religion « et TAngoumois vit naître une prospérité inconnue depuis bien des siècles , et eut loi dans Tavenir.
Cette province fut ensuite occupée d'un de ces prodiges qui ont bien quelquefois une certaine réalité dans la nature, mais qui la perdent le plus souvent dans les excès d'une imagination
* 1807 — VAnbigDé.
frappée y et disposée i tout eroire. Il eiistût a Gonfolens une fille qui, au rapport de plusieurs
historiens * , passa trois ans sans prendre au- "cune nooniture ni aucune boisson. Ce dégoût pour toute sorte d'aliments iut la suite d'une maladie. Son ventre était aplati ; toutes les parties de son corps étaient froides , eicepté la région du cœur, d'où partait une chaleur naturelle. Cependant, ses membres et son sein o&aient assez d'embonpoint , et son visage annonçait la santé ; elle vaquait aussi librement aux occupations du ménage. T^a nouvelle d'une . chose si étonnante se répandit bientôt dans toute la France , et quelques médecins se rendirent à Confoiens, par ordre de Henri IV, pour y faire des observations dans IHntérét de ta science. La jeune ûUe , fatiguée de leurs importunités , et excitée par les soUicitation» veitérées de ses pa« rents, s'efforça de prendre quelques gouttes de bouillon ; elle y parvint, et réussit peu à peu à s^aecoutumer à une nourriture plus solide (âl).
Quelque temps avant la mort de Henri IV, de« craintes s'étaient répandues sur la conduite de ce Prince à l'égard de la religion catholique que,
* Ménrai.— De îlMm»etc
8im VàsmwmxnB, m dUait-on, il était sur le point de sacriûer aux eiigences des protettanU. Cette calomnie tnmya malhetirensemeiit des hommes crédules dans l Angoumois. De ce moment, Je fanatisme aiguisa son poignard, et rAngoiimoia , tiatniventle théâtre des iiiclions , devait fournir l'assassin. François Ravaillac, né à Angouléme, âgé alors de trente deux ans y conçut le projet d'être le meurtrier de Henri IV. Il partit de cette ville le jour de Pâques, aprèê avoir assisté à la messe , se rendit à Paris , et assassina le Prince au moment où sa voiture était arrêtée dans ia rue de la Ferronnerie *, Le Roi expira aussitôt, et l'as*sassin,. comme frappé d'étonnement à l'aspect de sa victime , resta immobile sans songer à prendre la fuite , tenant encore dans la main le poignard couvert de sang. Il fut arrêté à l*in<« stant même. Interrogé sur les motifs qui Tavaient porté à cet attentat , il répondît, y avoir été poussé depuis loiig-tomps par une secrète impulsion dont il n'avait jamais pu être maître ; qu'en dernier lieu , il était venu à Paris seulement dans le dessein d'engager le Roi à faire la guerre aux protestants. On trouva dans ses poches des vers Français faits pour consoler un
« iSIO.
ÉTDDES nSTORlOOES
homme condamné à mort; il les reconnul comme rœuvre d'un bourgeois d'Angoalém», mais n en désigna point le nom. Aux questions qui lui furent faites par le président De liariay , il ajouta avoir postulé pour être reçu dans l'Ordre des Jésuites, et que n'ayant pas été admis, il avait embrassé la profession de maître d'école . pour instruire les enfants des catholiques ; qu'avant de se roiulre à Paris , il s'était confessé à un prêtre d'Angouléme, dont il ne voulut pas aussi faire connaître le nom; qu'arrivé à Paris, il avait pris un couteau dans un cabaret pour exécuter son crime. Arrêté quelques moments par la crainte , il avait repris le chemin de son pays , et cassé la pointe de son couteau \ mais s'étant mis à prier, son imagination s'exalta de nouveau; une pensée de mort se présenta à lui , et alors il fut décidé à tout oser. On sut par ses autres réponses qu'il fréquentait à Angouléme les moines de l'Abbaye des Jacobins. Il avait sur lui, lors de son arrestation, des reliques que lui avait données Guillebaut, chanoine d' Angouléme. C'était, disait-il, un morceau de la vraie croix bénit par les capucins de la même ville , et plusieurs morceaux de papier où était inscrit le nom de Jésus. Il fut condamné à mort. Le même arrêt portait que sa maison serait détruite
SUR L*ANGOmfO!9.
de fond en comble ^ que son père et sa mère «ortiraient du Royaume, et que les membres de sa famille changeraient de nom. il lut conduit - devant le portail de Téglise de Notre-Dame pour demander k Dieu pardon de son crime : ensuite, on lui brûla avec du soufiic la main qui avait tenu le poignard f on tenailla toutes les parties de son corps ; on yersa de Thuile bouillante sur ses plaies ; enfin , il fut tiré à quatre chevaux^ son corps fut brûlé, et les cendres jetées au vent
L'histoire cherche encore les lâches instigateurs • de cet assassinat, et la vérité est encore cachée
sous de nombreux soupçons. L'imagination du coupable, exaltée par les rêveries religieuses, la société des prêtres , les noms de ceux qu^il fréquentait à Anp^oulême, tels que le jésuite D'Aubigny, les moines Béliard et Breteau, ennemis de Henri IV > tout porte à croire que Ravaillac fut Tin s trament de la haine fanatique de prêtres catholiques, qui ne pardonnèrent jamais au Roi ses triomphes sur la ligue, et l'édit de Nantes accordé aux protestants. Mais peut-être aussi, Ravaillac ne fîit-il que raveugjle instrument-
* «7 BUB 1610.
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d'une opinion tpd n'arma le bras de FaMattui que par des doctrines subirersives des droite de
la royauté. Il circule quelquefois, à certaines époques de l'histoire des peuples, des fables^ ' des bruits alarmants, imaginés par on ne sait qui, crus par tout le monde , publiés par tous , ▼us en tous lieux, et dont personne n'a été
témoin , et qui sont considcrcs par le vulg'aîre comme le pronostic des événements subséquents. C'est surtout après les révolutions que Timagination, accoutumée aux grandes choses, rentrant difficilement dans le calme des idées , croit aux prodiges, s'entkousiasme^ et ne marche plus avec le doute.
Ainsi , quelque temps avant la mort de Henri IV , les habitants de l'Angoumois prétendûrent avoir vu une armée fantastique de huit à dix mille hommes , avec des enseignes bleues et rouges, commandée par un Chef qui marchait à la tete. On disait que cette armée , après avoir marché quelque temps, s'éleva dans Tair, et se perdit ensuite dans une forêt *. Le peuple crédule avait-il puisé cette fable ches les prêtres intéressés à livrer son imagination , à peine repo-
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sée des guerres civiles, à de trompeuses illusions, pour lui donner un prodige qui lui servit à expliquer la mort de Henri IV comme une punition du Ciel ? Au reste ^ ce fait caractérise le peu d'instruction de l' Angoumois , à cette époque ; et pour faire connaître les moeurs d'un peuple et le degré de sa civilisation, il faut que Thistoire en dise les errements.