‹ Étude historique sur l'intervention financière de l'état dans lChapitre 10 sur 19 · D. RAYNAL · texte numérisé non relu

D. RAYNAL

M. d'Eichlal repliqua par la letlre suivante :

^ Paris, le 29 mai.

« Monsieur le Ministre.

« Vos affirmations contraires aux miennes ne reposent que sur des souvenirs personnels qui remonlent a onze ans; les

mienoes, auxquelles je joins celles de M. Aucocque vous mettez egalement en cause, s'appuient sur le lemoignage que nous avons apporle a TAssemblee generate des actionnaires du 22 decembre 1883 en leur soumettant la convention.

« Dans son rapport le conseil d administration signalait expressement les nriodifications apportees aux textes des conventions anterieures en ce qui touche la garantie d'interM et declarait notamrnent. qu'il avait obtenu que celte garantie durerait jusqu a la fin des concessions. Est-il admissible que, si la question n'avait jamais ete posee dans les negociations, j'aie pu,d'accordavecM. AucocetM. Lancelin, presenter a nos actionnaires une declaration aussi manifestement fausse dont un dementi emane de vous devait immediatement faire justice?

(( Estil admissible que M. Andral et M. Sevene, disparus aujourd'hui, mais dont le temoignage subsiste dans le rapport du Conseil d'administration de la Compagnie des chemins de fer d'Orleans, aient pu emettre de leur cote et < ans les memes conditions une assertion aussi conlraire k la verite.

« Le rapport du conseil d'administration et la resolution de Tassemblee generate des actionnaires de notre Compagnie rendant la convention definitive, vous ont ete immediatement adresses. II etait de voire devoir de protester si nos declarations etaient erronees , nous n'avons re^u aucune protestation devotre part, nous n'en avons pas recu davantage de la part de vos successeurs.

« Je maintiens mes affirmations, Topinion publique appre-

ciera.

« Veuillez

« D'EICHTAL. 3)

Gette polemique fut ctoturee par la replique suivante de M. Raynal.

« Paris, 29 mai.

« Monsieur le President.

« A votre premiere affirmation uniquement fondee sur vos

souvenirs personnels et ceux de M. Aucoc, j'ai oppose une denegation formelle basee sur le souvenir tres present et ires net que j*ai garde moi-meme de nos negociations de 1883.

« Vous renouvelez aujourd'hui cette affirmation en i'etayant d'un document emane du conseil d'administration que vous presidiez, n^engageant quelui seul et auquel jen'ai eu k aucun moment a donner ou k refuser mon approbation.

« A mon tour j'invoque, k Tappui de mon precedent temoi- \ gnage, le texte des seuls commentaires de la convention de

1883 dont je sois responsable : k savoir Texpose des motifs du projet de loi approbatif et mes declarations publiques devant I le parlement.

« Ni les uns ni les autres ne contenaient la moindre allusion a cette pretendue prolongation de la garantie d'interels et pourtant ni alors, ni depuis, voire Compagnie n'a proleste.

« Une autre occasion s'est offerte a elle de le faire, le jour oil publiant pour la premiere fois les dates d'expiration de la periode de garantie pour les six grandes Compagnies [Statislique des chemins de fer frangais, documents principaux : Imprimerie Nationale, 1889, p. 146), Tadministration des travaux publics a officiellement mentionne dans un document qui vous a ete distribue celle du 31 decembre 1914 pour la compagnie du Midi.

« Cette fois-la encore vous avez garde un absolu silence.

« Cela dit, je tiens pour close cette discussion toute personnelle.

« S'il etait vrai (ce qu'une derniere fois je denie absolument) que le sens du texte qui Ta motivee put demeurer douteux aux yeux de certains, ce ne serait ni a vous ni a moi qu'il appartiendrait de le fixer. La tache en incomberait a la juridiction competente de laquelle pour ma part j'atlendrais avec la plus entiere confiance la decision souveraine.

« Agreez , etc.

Page 1