Cf. Basnage, sur l’art
d’une fragilité inconciliable avec un véritable droit de propriété. Sans parler de la révocation qui pèse sur eux comme une menace perpétuelle, les aliénations qu'ils pourraient faire, les charges qu’ils pourraient constituer sont susceptibles de tomber par leur prédécès de sorte qu'ils ne peuvent disposer des biens pour après leur mort par succession ou par testament. Leur crédit se trouve donc très diminué. Enfin au décès du démettant leur droit pourra encore être amoindri par suite des actions en nullité ou en rescision que pourraient intenter les codémissionnaires. C'est donc le décès seul du démettant qui les rendra vraiment propriétaires ; jusque-là ils n’ont qu'un droit provisoire, précaire, incertain. C’est là le principal inconvénient de la démission de biens, cette incertitude sur la propriété pouvant être une source de surprise pour les tiers, une entrave à la bonne
marche des affaires et aux relations des citoyens.