‹ Étude historique sur les professions accessibles aux femmes: Influence du sémitisme sur l'évolution de la position économique de la femme dans la sociétéChapitre 47 sur 58 · LA REVOLUTION. I9I · texte numérisé non relu

LA REVOLUTION. I9I

citoyennes françaises à l'Assemblée nationale (i) » où elle flétrit « Téducation fade et énervée des cloîtres, repaires d'ignorance et de fanatisme » et qu'elle termine en disant : « Vous achèverez votre ouvrage en accordant aux filles une éducation morale égale à celle de leurs frères. . . car l'écucation est à l'âme ce que la rosée est aux plantes... » Elle termine de même une autre « adresse de la Société des Amies de la vérité » : <f II faut donner aux filles, l'éducation nécessaire pour leur faire trouver des ressources contre l'indigence dans des travaux honnêtes (2). »

Les femmes ne se bornèrent pas à réclamer une meilleure éducation ; elles demandèrent ensuite, que les métiers ne nécessitant aucune instruction leur fussent réservés ; dans la pétition qu'elles adressent au Roi (3), les femmes du tiers-état demandent « que les hommes ne puissent exercer, sous aucun prétexte, les métiers qui sont l'apanage des femmes, soit couturières, brodeuses, marchandes de modes ; qu'on leur laisse au moins l'aiguille et le fuseau... ^ Dans la même pétition, elles demandent ce qu'on leur fournisse les moyens de faire valoir les talents dont la nature les a pourvues, malgré les entraves que l'on ne cesse de mettre à leur éducation ».

(i) Appel aux Françaises, op. cit., p. 40.

(2) Id., ibid., p. 4.5.

(3) Pétition des femmes du tiers état au Roi. (S. 1.), 1789. in-80,

pièce), I "

192 LES TIÎMPS MODERNES.

Dans des motions adressées à TAssemblée nationale, elles vont bientôt plus loin, et réclament purement et simplement le « droit au travail. » (i) « Le travail peut seul remédier aux maux sans nombre qui accablent les femmes et les forcent à se vendre pour échapper à la faim ; la Providence, en créant la femme, n'a donné à l'homme qu'une compagne pour coopérer avec lui ; cette idée de compagne et de coopérateur commun renferme celle d'une égalité parfaite. »

Ceci préparait les réclamations plus entières, présentées dans une requête des Dames à l'Assemblée nationale (2) et qui se terminait par un projet de loi, portant l'égale admissibilité des femmes et des hommes, à toutes les fonctions sociales (3). Une autre brochure datée de 1791, et adressée à la Reine, par Olympe de Gouges, sous le titre de « déclaration des droits de la femme (4) » contient des dispositions analogues : « toutes les citoyennes, y est-il dit, et tous les citoyens doivent être également admissibles à toutes les digni-

(I) A. Le Faure. Op. cit., p. 122.

(2^ Requête des dames à l'Ass. nat. (S. 1. n. d.l, in-8% '— J'

(3^ Art. 8. « Les femmes pourront aussi être promues aux offices de magistrature. »

Art. 9. <t II en sera de même de tous les emplois, récompenses et dignités militaires, s

Art. 10. <r La femme pourra aussi remplir des fonctions sacerdotales. (A. Le Faure. Loc. cit., p. Cig).

(4) A. Le Faure. Op. cit., p. 14.5.

LA UEVOI.r I ION". H).-»

tés, places et emplois publics selon leurs capacités, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

En mcMne temps que les femmes réclamaient pour l'avenir, contormémcnl au principe posé par Condorcet et ses disciples, la réforme de l'éducation , le droit au travail et l'égale admissibilité à toutes les fonctions sociales, quelques-unes proposèrent de transférer immédiatement aux mains des femmes, les places de surveillance et d'administration dans les institutions de charité et de secours aux indigents : « Ne serait-il pas juste, » lit-on dans une motion adressée à l'Assemblée nationale (i), « de réserver pour les femmes toute espèce de bureaux de distributions et tous emplois quelconques qui seraient à leur portée ? » — M""' Etta Palm d'Aelders (2) avait proposé dans le même sens, de former des cercles de citoyennes, qui aui-aient été chargées de surveiller les établissements de nourrices, l'éducation publique donnée dans les écoles de charité, et la distribution des secours aux indigents.

Les femmes de la Révolution, pour appuyer leurs

(i) A. Le Faure. Op. cit., p. 126. Motions adressées à l'Ass.

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