I -^9 h nat. en laveur du sexe. (S. 1.), 1789, m-80. L
(2) Appel aux Françaises. Op. cit.. p. 26 sq.
Lettre sur les démarches des ennemis extérieurs et intérieurs de la France, suivie d'une adresse à toutes les citoyennes patriotes et d'une motion à leur proposer pour l'Ass. nat., lue à l'ass. féd. des Amis de la Vérité, le 2.5 mars 1791.
Chauvin. i3
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réclamations et les fortifier par le nombre, avaient en même temps formé des clubs et des sociétés de propagande, destinés à recruter des adhérents, et à propager Tidée de l'égalité des sexes, non seulement au point de vue purement économique des professions privées, et au point de vue social des fonctions publiques, mais aussi au point de vue des droits politiques.
Ces dernières réclamations étaient sans doute prématurées, et devaient entraîner l'échec ou le retard dans le succès des premières. Les théories traditionnelles de J.-J. Rousseau comptaient de trop nombreux partisans; sur ce point, les femmes de la Révolution, ne sachant dompter une légitime impatience, à sortir de la longue sujétion imposée à leur sexe au cours des siècles, et enivrées du désir de participer complètement, elles aussi, à cette liberté, à cette égalité de droits dont on célébrait l'avènement par toute la France, commirent ■une grave imprudence, en accumulant réclamations sur réclamations, en ne ménageant pas les transitions, en ne se bornant pas d'abord aux points les plus modestes et les plus urgents.
L'Assemblée nationale ajourna la prise en considération de leurs pétitions ; la Convention décréta la suppression des clubs et sociétés de femmes, quelles que lussent leurs dénominations, on leur défendit tout rassemblement.
Cependant, les tentatives d'émancipation n'avaient pas été, par là, à jamais étouffées ; après ce premier
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échec, les femmes condamnées au silence pour quelejue temps, mais non découragées, trouvèrent bientôt un nouvel appui de leurs prétentions dans les théories des écoles socialistes et des philosophes progressistes.
Mais les enseignements de Texpérience leur tirent comprendre qu'il serait politique, cette fois, de diviser les questions : les efforts furent désormais concentrés sur un point unique, le point économique ; on réserva les autres pour le temps où Ton serait assuré de la victoire sur le premier. Le mouvement, d'ailleurs, ne se restreignit pas à la France, mais dans la majorité des pays d'Europe, et surtout aux Etats-Unis, les femmes commencèrent à réclamer le plein exercice des droits civils et civiques, en attendant la revendication plus ambitieuse des droits politiques.
Il se forma en Amérique, en Angleterre et aussi en f'rance, des Sociétés de propagande dans "le but de relever la condition économique des femmes et de multiplier leurs débouchés industriels, pour développer l'enseignement professionnel des femmes et leur ouvrir de nouvelles carrières, non seulement daii^ le commerce mais aussi dans les professions libérales ; bientôt enhardies par le succès et par les progrès de révolution, devant laquelle commençait à céder l'esprit de la tradition, elles demandèrent aussi l'accès aux fonctions publiques.
Ces différentes réclamations eurent des résuUats variés : les unes, les plus hardies, sombrèrent en partie avec les réclamations des droits politiques ;
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d'autres ne trouvèrent un accueil favorable, qu'à une époque relativement tardive, où la question générale avait déjà atteint un certain degré de maturité : d'autres enfin, les plus modestes, mais aussi les plus importantes, étant la base de tout un système contraire, et préparant sûrement le succès de revendications plus ambitieuses, trouvèrent un écho presque immédiat dans l'état actuel des choses, tel que l'avait modifié l'avènement de la société à un régime plus conforme aux principes de la justice.
Ce fut sur les points les plus infimes, mais aussi les plus urgents et les plus pratiques, que commença le travail de réforme provoqué par les écrits des philosophes progressistes et essayé par les femmes de la Révolution.