L ANCIENNE EGYPTE
avec le droit, la réalité économique satisfait à l'idée philosophique, la société respecte et réalise le principe, l'association est pour l'individu femme ou homme, la notion d'équité reçoit immédiatement son application.
SECTION DEUXIÈME
POSITION ÉCONO.MIQUE DE LA FEMME DANS LES SOCIÉTÉS EONDÉES SUR LE l'ATEllNICAT.
Los civilisalions fondes sur le patoniical sont de beaucoup plus nombreuses que celles fondées sur le maternicat; c'est le mode le plus répandu d'organisation sociale. Le motif qu'en donnent la majorité des auteurs est l'impossibilité de progresser pour une association qui, dit-on, manque de chef. Mais les études réceniment faites à ce sujet, et le développement de la civilisation égyptienne, ont apporté de sérieuses objections au système ; il vaut mieux, semblc-t-il, chercher la cause de cet état social dans le fait naturel de la force physique généralement plus grande chez l'homme que chez la femme, et dans la prédominance, aux débuts des sociétés, de l'état de guerre sur l'état de paix. Par la force même des choses, la notion d'équité dut s'effacer devant l'arbitraire d'institutions qu'imposaient les nécessités de la lutte pour la vie sociale ; l'individu fut absorbé dans le groupement ; les intérêts particuliers durent disparaître devant l'intérêt général.
LE PATERNICAT. 3l
Le paternicat se caractérise ainsi par Tétat de despotisme et d'autorité : au point de vue familial et social, la femme dépend de Thomme qui est aussi le maitre des enfants qu'elle met au monde; l'homme absorbe tous les droits en sa personne; seul apte à la défense du groupe, il devient le centre autour duquel s'organise la famille, de lui dérive la parenté; la femme, en raison de sa moindre force physique, passe à l'arrière-plan, elle n'est envisagée que comme purement accessoire. Au point de vue religieux, les mêmes principes s'affirment : Il ne suffit pas à la force physique de s'imposer, il lui fallut une justification en droit; la religion proclame rinfériorité morale de la femme comme le fait avait établi son infériorité physique.
L'antithèse apparaît ainsi très nette entre le paternicat et le maternicat ; là, la femme existe pour elle-même, elle est une personne, elle a des droits, elle est son propre but ; ici elfe ne sera rien qu'un accessoire, une utilité, un moyen de prospérité pour la société ; elle n'existera pas en dehors de la famille, en dehors du rôle d'épouse et de mère que lui assignent sa nature physiciue et l'utilité du groupe, elle n'aura pas de vie sociale, pas de vie extérieure.
La subordination delà femme sera d'ailleurs plus ou moins étroite, suivant que la notion d'équité plus ou moins profondément refoulée par le despotisme de la force, l'autorité du chef sur les membres de la famille, de l'Etat sur les individus, sera elle-même plus ou moins absolue; et aussi, suivant que, dans les différents pays
OÙ se développent les civilisations fondées sur le paternicat, on se trouvera plus ou moins rapproché des origines ; suivant que l'arbitraire des institutions primitives, ayant commencé au sein de la paix et de la prospérité, à s'atténuer sous l'influence de principes plus équitables et conformes à l'esprit de justice qui caractérise tout progrès, l'évolution aura atteint dans son développement un degré plus ou moins élevé.
Ainsi, l'Orient et les pays musulmans offrent l'exemple d'une subordination des femmes qui va jusqu'à l'esclavage ; la Grèce, moins rigoureuse, les tient cependant dans une dépendance plus étroite que Rome; à mesure qu'on s'éloigne des origines, la civilisation romaine, sinon dans les lois, du moins dans les mœurs, fait une part plus large à la condition des femmes au point de vue de la vie extérieure et de la position économique dans la cité.