C. La fabrication des monnaies
Nous passerons rapidement ces applications en revue.
A. Alliages pour la fabrication d'objets pour usages domestiques. — Les alliages utilisés k cet effet sont assez variables, et beaucoup de formules se retrouvent dans le tableau relatif à la composition des maillechorts que nous avons donné plus haut.
Il faut, toutefois, retenir les compositions suivantes particulièrement usitées en France :
Premier alliage :
Cu 60
Ni 20
Zn 20
Deuxième alliage :
Cu >... 55
Ni 20
Zn 25
Troisième alliage :
Zn 25
C'est le premier alliage qui est le plus usité pour la fabrication des couverts de table, des tasses, de la vaisselle, des chandeliers, etc.
En Allemagne, on utilise :
Cu 50
Ni 18,7
Zn 31,3
qui se rapproche beaucoup des précédents.
Pour les moulages, on utilise surtout les alliages suivants
1° Cu 48,5
Ni 24,3
Zn 24,3
Pb 2,9
2° Gu 54,5
Ni 20,8
Zn ' 21,8
Pb 2,9
3° Cu 58,3
Pb 2,9
4° Cu 57,8
Ni H,3
Zn 27,1
Pb 2,8
5° Cu 57,0
Ni 20,0
Zn 20,0
Pb *.. 3
On voit que ces alliages renferment du plomb qui rend plus facile le travail mécanique aussi bien que le moulage.
On peut dire, nous le répétons, qu'il est absolument illusoire, lorsqu'on ne cherche que la couleur, d'augmenter la teneur de nickel au-delà de 20 0/0.
VAlfénide (du nom de Halphen, manufacturier qui travaillait pour la maison Christophle et Cie, contient peu de nickel; il est aisé à recouvrir d'une couche d'argent par voie galvanoplastique. Il a comme composition moyenne de cet alliage :
Cu 60
Ni 10
Zn 30
B. Alliages destinés à la fabrication des barres ou des
planches. — La composition des alliages destinés à la fabrication des barres est très différente, nous l'avons déjà dit, suivant la teinte que Ton veut avoir.
L'un des meilleurs est le type suivant :
Cu 60
Ni 20
Zn 20
Mais généralement on se tient à une teneur de nickel inférieure, et on ajoute du plomb qui facilite le décolletage, comme pour le laiton.
Le maillechort le plus commun de décolletage renferme, nous l'avons déjà dit, 6 à 8 0/0 de nickel.
On est obligé d'augmenter la teneur lorsqu'on veut obtenir une couleur plus blanche.
Pour la planche, l'une des compositions les plus usitées est :
Cu 50
Ni 18
Zn 32
C. Alliages pour monnaies. — Nous avons vu que certains pays employaient la monnaie cuivre-nickel. D'autres utilisent de véritables maillechorts.
Nous citerons la Belgique qui a adopté l'alliage :
Cu.. 75
Ni 20
Zn 15
et le Chili, dont le type monétaire en nickel, émis en 1872, correspondait à:
Cu 20
Ni 20
Zn 10
! Enfin, la Suisse a émis, en 1850, des pièces dont la composition était :
Cu 50
Ni. 10
Zn 25
Ag 15
Maillechorts complexes. — Les fabricants ont essayé d'améliorer le maillechort ordinaire en lui faisant subir plusieurs additions. Nous ne saurions décrire tous les essais faits.
Il faut, tout d'abord, citer, comme genre de maillechorts, les fameux alliages de Ruolz, qui ont eu en orfèvrerie lin si grand succès; ils sont obtenus, en somme, en remplaçant le zinc par de l'argent.
Leurs compositions varient dans les limites suivantes :
Cu 35 à 50
Ni 25 à 30
Ag : 20 à 30
Les lingots coulés sont généralement très cristallins et fragiles. Il faut leur faire subir un recuit en atmosphère réductrice pour les utiliser et les rendre malléables.
Il arrive fort souvent que le maillechort renferme du fer, jusqu'à 2 à 3 0/0 et m&me de l'étain.
Voici l'analyse d'un métal quia quelque succès sous le nom ftargental dans l'ornementation :
Cu 55
Ni 23
Zn 17
Fe 3
Sn 2
Le platinoïde est un maillechort qui a pris naissance à Sheffield et qui renferme 1 à 2 0/0 de tungstène. L'inventeur, M. Martins, dit que l'introduction du tungstène a lieu sous forme de phosphure et qu'une fois l'addition faite on soumet l'alliage à des fusions répétées, afin d'éliminer le phosphore et
de laisser le tungstène en solution dans le cuivre. L'inventeur assure que ce métal possède des propriétés remarquables et que, notamment, il a une résistance électrique égale à une fois et demie celle du maillechort.
La composition. la plus ordinaire est :
Cu 60
Zn 25
Ni..... 14
Il faut encore citer, comme maillechorts complexes, ceux au bismuth; les trois combinaisons données par Krupp sont (la composition n'est pas centésimale) :
lo Cu 45
Sn 16
Zn 21,5
2° Cu 69
Ni 10
Bi I
Sn 15
Zn 20
Al I
3° Cu 47
Ni :.. 30,9
Bi 0,1
Sn 1
Zn 21
Dans les maillechorts compjexes, on peut encore faire rentrer Yarguzoide utilisé pour les œuvres d'art et formé de:
Cu .; 56
Zn 23
Ni 13
-' - . : Sn.-. 4
Pb 4
On doit aussi citer quelques maillechorts renfermant de 1'étain et du cobalt, du cadmium, etc. Voici quelques types de ces produits dont les propriétés ne semblent pas avoir été particulièrement étudiées. Us sont toutefois, ou ont été, un peu employés dans la joaillerie bon marché : broches, agrafes, épingles, etc..
Alliage Parisien :
Cu 69
Ni 19
Zn 6
Co 6
Alliage de Clark :
Cu 75
Ni 14,5
Zn 7,5
Sn 1,5
Co 1,5
Alliage de Baudouin :
Cu 72
Ni 17
Co 1,5
Sn 2,5
Zn 7
Alliage blanc de Stake :
Ni 9
Sb 2
Maillechort à l'aluminium :
Cu 90 à 60
Ni 10 à 40
Al 0,175 à 0,05
Cet alliage n'est, en somme, qu'un cupro-nickel épuré à l'aluminium.
Maillechorts au magnésium :
Cu 90 à 75
Ni 10 à 25
Mg 1 à 2
Ces alliages au magnésium sont fort intéressants, même au point de vue industriel et sont fort usités, surtout en Allemagne. — Le magnésium joue le rôle d'un épurateur extrêmement énergique. 11 faut noter, d'ailleurs, que Ton fait aussi de véritables maillechorts, c'est-à-dire des alliages cuivrezinc-nickel, qui renferment des traces de magnésium.
M. Ponthière a fait, sur quelques maillechorts complexes, des expériences assez intéressantes ; avec un alliage ayant la composition suivante :
Cu 31,3
Ni 66,66
il a obtenu :
mais l'état du métal n'est pas indiqué. Avec un autre alliage correspondant h
Cu 33,33
Ni 63,33
Al.. 3,00
Si 0,33
l'essai à la traction lui a donné :
De ces essais, M. Ponthière déduisait que ces deux alliages
pourraient donner d'excellents résultats dans la fabrication des canons. Comme le prix de revient serait trop élevé, M. Ponthière a proposé de remplacer le nickel par le manganèse. Enfin il a étudié l'alliage suivant :
et il a obtenu :
Cu 57,00
Al + Si 3,00
R 6o à 72 kilogrammes
A 0/0 là 2 —
Il nous a paru bon de rappeler ces essais, bien qu'ils ne présentent que peu d'intérêt industriel ou scientifique, du moins à l'heure actuelle.
Il faut encore citer l'existence de ferro-maillechorts obtenus en remplaçant le nickel par du ferro-nickel.
Ces alliages sont très employés pour la confection des résistances électriques.
Voici, d'ailleurs, d'après Feussner et Snideck, la composition de quelques-uns de ces alliages et leurs résistances spécifiques :