CHAPITRE II
Morphologie de l'huitre.
Sa culture.
i Il existe plus de cent variétés d’huîtres réparties dans toutes les mers tempérées. Nous n’aurons en vue, dans cette étude, que les deux espèces vivant sur nos côtes :
l’huître plate : ostrea edulis.
l’huître portugaise : gryphæa angulata.
L’huître appartient au groupe des Mollusques « Lamellibranches » encore appelés « Bivalves » ou « Acéphales ». La coquille comprend deux valves inégales pivotant autour d’une charnière. L’élasticité du ligament qui les réunit et dont l’empreinte est si nette à la face interne de chaque valve, leur permet un certain écartement. Par contre, la contraction d’un muscle adducteur — le seul muscle d’ailleurs de l’huître qui est un mollusque monomyaire — amène une occlusion parfaite de la coquille et protège complètement l’animal.
L’huître est immobile ; couchée sur le sol, elle
repose sur l’une de ses valves. Cette valve se
creuse, se différencie de l’autre, assez peu cependant et la symétrie est toujours faiblement trou-.
blée.
La coquille comprend trois couches :
a) une mince couche externe, appelée « cuticule » qui donne à la coquille sa coloration particuhère.
b) une couche moyenne, plus épaisse, constituée par des prismes calcaires étroitement unis.
c) une couche interne formée par une superposition de lamelles les unes de carbonate de chaux, les autres d’une substance organique : la conchioline. Cetté couche est dite « nacrée», d’un blanc mat avec des zones plus ou moins irisées,
La coquille est sécrétée par un reph partieulier des téguments : le manteau qui double intérieurement la coquille.
Examinons maintenant l’huître au point de vue de son anatomie interne. |
Une fois la valve inférieure délicatement enlevée, apparaît dans l'angle de la charnière Ia partie antérieure de lamimal. C’est la bouche garnie de quatre palpes labiaux fortement cités. En mouverient, ces cils déterminent an courant qui amère l’eau et les particules alimentaires jusqu’à l’orifice buccal. Nous apercevons ensuite le tube digestif avee l’œsophage, lPestomac, là masse blanchâtre gasiro-paneréatique très nettement visible. Autour d'elle l'intestin déérit quelques circonvolutions, pérfore même le foie avant d'aboutir à Panus.
HUE Lg TEE UE ARE VS SEA
Plus en dehors, les lames branchiales, formées de feuillets repliés sur eux-mêmes et parcourus de vaisseaux sanguins, sont les organes de la respiration. Leurs nombreux cils permettent un renouvellement constant de l’eau de mer à leur surface, rendant plus facile l’hématose.
L'appareil circulatoire est composé d’un cœur très simple, que l’on aperçoit, battant sous la masse hépato-gastrique. Il possède deux oreillettes et un seul ventricule. Du ventricule part un réseau de capillaires se ramifiant plus ou moins dans les divers organes et aboutissant aux lacunes ou sinus. De là le sang revient aux branchies, puis aux oreillettes. |
Le système nerveux est rudimentaire ; trois paires de ganglions le constituent : ganglions cérébroïdes, pédieux et viscéraux. De chacun d’eux s’échappent des filets nerveux qui se ramifient dans les divers organes. sn
L’huître ne possède pas d’organe des sens. Elle est dépourvue d’yeux. Par contre, son système génital est plus compliqué. L’huître est hermaphrodite, du moins l’huître plate : ostrea edulis. Mais l'organe mâle arrive à maturité avant l'organe femelle. Il y a protandrie, d’où auto-fécondation imapossible. La fécondation est dans cette espèce alternante et croisée. L’huître portugaise — gryphœa angulata — est unisexuée. Il existe donc des huîtres mâles et des huîtres femelles. Pour le Dr Llaguet cette distinction capitale doit faire
J, Cabrit 2