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diode. Or un kilo d’huîtres sèches représente envi-
ron 700 huîtres.
Pour remédier à cet inconvénient quantitatif, Salle et Loubatié ont imaginé une méthode de culture «suriodée ». Cela consiste à élever des huitres dans des bassins suriodés qui contiennent des algues assurant l’assimilation de l’iode minéral sous forme organique. On arrive ainsi à «gaver» en quelque sorte les huîtres et celles-ci contiendront au bout de quatre jours jusqu’à 1 mgr. d’iode par 10 gr. d’huîtres fraîches. Les travaux de Chapeau, puis de Tarchini ont montré que l’iode contenu par l’huître est de cette façon réellement assimilé et qu'il se trouve localisé dans les branchies, l’hépatopancréas, le manteau. |
Il y a lieu d’insister sur le fait que ce traitement est parfaitement bien supporté par l’animal et que son goût ne s’en trouve nullement modifié.
Les huîtres ainsi préparées ont été expérimentées en thérapeutique humaine à la dose de 8 à 15 huîtres par jour. Elles ont donné d’excellents résultats et n’ont jamais provoqué d'accidents d’intolérance.
Les travaux de Quinton avaient d’ailleurs déjà montré que le tégument des Mollusques marins était perméable aux substances du milieu et cet auteur a également fait observer que ces animaux ont la facilité d’emmagasiner en quantité notable les éléments de la mer.
Un point assez important de cette culture surio-
dée est que les huîtres ainsi traitées sont pour ainsi dire «stérilisées » et débarrassées de tout microbe.
En dehors de l’iode, nous insisterons encore sur un élément auquel les auteurs américains attribuent un certain rôle dans l’action anti-anémique de l’huître, nous voulons parler du cuivre. On sait que certaines huîtres ont une forte teneur en ce métal et ce serait précisément le cas des huîtres vertes américaines. D’un autre côté, d’autres auteurs américains ont montré le rôle du cuivre dans la formation de l’hémoglobine. Les travaux sont encore actuellement én cours et nous ne pouvons encore rien affirmer à ce sujet.
Nous avons déjà montré que l’huître contient d’autres éléments minéraux dits catalytiques, nous n’y reviendrons pas. Il en est de même des vitaminés À, C et D dont l’action dans le traitement de la tuberculose et celui des convaléscences est considérable. Cette même remarque s'applique aux acides aminés et au glycogène. Les auteurs américains qui ont étudié l’action de l’huître dans l’anémie ont fait remarquer que toutes les substances à action hématopoiétique contenaient du glycogène. Voilà une preuve de plus en faveur de son rôle important dans la physiologie cellulaire.
{ 39 L’HUITRE- EN DIÉTÉTIQUE.
Bien que cette distinction soit assez arbitraire, nous dirons que lhuître joue moins un rôle médi-
camenteux que diététique dans la tuberculose pul-
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monaire, dans les asthénies et les dyspepsies. On sait que Barrère a préconisé le régime ostréen dans les dyspepsies, se basant d’une part sur la valeur alimentaire, d'autre part sur la facile digestibilité
À Vie
des huîtres. Cette dernière qualité est surtout à
considérer dans les cures de «suralimentation ». On sait combien il est difficile de concilier le principe de la suralimentation avec la fragilité digestive des tuberculeux et des convalescents. L'idéal serait de trouver des aliments ayant un pouvoir nutritif maximum et n’exigeant que le minimum de travail digestif. Avec le lait et les œufs, l’huître appartient à cette catégorie d’aliments. Nous répétons qu'il ne s’agit pas ici de condamner des malades à un régime ostréen exclusif n1 même de les forcer à manger de grandes quantités d’huîtres. Nous avons vu que la valeur alimentaire de ces Mollusques était suffisamment élevée pour qu’une consommation modérée fournisse une assez grande quantité d’aliments.
40 L’HUITRE-MÉDICAMENT.
Les deux principales indications de l’huîtremédicament sont, comme nous l’avons vu l’anémie et l’iodothérapie.
Nous ne savons pas encore ce qui agit dans l’anémie, aussi les doses et le mode d'administration ne peuvent être établis qu’empiriquement. D’ailleurs cette question est encore à l’étude.
Pour l’iodothérapie ostréenne, la méthode de
suriodation nous permet une application agréable, facile et intensive d’iode. Loubatié recommande une cure de 20 à 25 jours à la dose de 8 à 15 huîtres iodées par 24 heures. Cette posologie pourra être modifiée selon le cas envisagé. Elle sera suffisante pour les adénites tuberculeuses, les asthénies, mais elle devra être plus intense dans les diverses formes de la maladie de Basedow. Il est probable aussi que Phuître iodée trouvera ses indications dans les diverses formes de sclérose vasculaire ou même dans les maladies mycosiques.
Loin de nous, bien entendu, l’idée de vouloir faire de l’huître un agent thérapeutique puissant dont l’action seule permette d’atteindre à des résultats merveilleux. Malgré l’action anti-anémique remarquable récemment mise en évidence, nos visées sont beaucoup plus modestes. Nous voudrions simplement insister sur les services que peut rendre l’huître comme élément d’un régime ou comme médication adjuvante. De par sa teneur en substances de haute valeur alimentaire, l’huître agit favorablement sur l’état général, stimule l’appétit et permet une augmentation de poids. C’est dans cette action eutrophique qu’est le principal mérite de l’huître. Elle s’apparente là à la cure marine dont elle fait partie intégrante. L’air marin, comme l’eau de mer, n’ont pas d’action thérapeutique bien définie. Ils ne font sans doute que stimuler toutes les fonctions de l’organisme ce qui est la
base même de toute thérapeutique.