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Les accouchements en élat syncopal

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Article 1. — Accouchements inconscients ou par surprise vraie.

Suivant l’état de conscience et de sensibilité de la parturiente, nous ferons une distinction entre l'accouchement chez la femme intoxiquée ou tarée au point de vue mental ou organique (perte de la conscience et de la sensibilité) et l'accouchement inconscient chez la femme saine de corps et d’espril (conscience et sensibilité normales).

A. Accouchements inconscients chez des femmes privées de conscience ou de sensibilité.

Les états morbides qui peuvent altérer ou détruire la sensibilité ou la conscience d’une femme sont nombreux. Nons citerons l’aliénation mentale, certaines maladies nerveuses, le sommeil naturel ou provoqué, les divers états comateux, certaines maladies aigues graves, l’agonie.

a) Aliénation mentale : « Chez les aliénées, dit Marcé, l’absence de douleurs au moment de l’accouchement s’est présentée à nous d’une façon assez constante pour que nous n’hésitions pas à en faire une loi à peu près générale : il en résulte qu’au terme de leur grossesse elles doivent être surveillées avec un soin particulier puisqu'elles n’éprouvent pas les douleurs qui servent d'avertissement à l’accoucheur ». Cet auteur cite plusieurs cas d'accouchements inconscients chez des mélancoliques. En 1859, à la Société de médecine de Lyon, Berthier rapporte un cas de délire mé-

lancolique déterminé par une grossesse passée inaperçue de tous, même de la mère. Accouchement incon-

scient. Dans la thèse de Panis on trouve une observation de Montgomery (mélancolie anxieuse) et une autre de Chambeyron (idiote). Coliez rapporte deux cas personnels (délire aigu et folie puerpérale) et un cas de Lannurien (maniaque). Les aliénées représentent donc pour l'accouchement inconscient un terrain de choix où se combinent l'absence de douleur et le défaut

de conscience.

b) Maladies nerveuses. — Les diverses affections qui agissent sur le système nerveux et produisent une altération de la sensibilité sont susceptibles de modifier la marche de l'accouchement et celui-ci peut survenir à l'insu de la mère.

1) Dans un cas de parapléqie rapporté par Chaussier et occasionné par des acéphalocystes qui comprimaient la moelle épinière, l'accouchement se fit sans que la malade s’en aperçut.

2) M. le professeur Commandeur a publié en décembre 1906, dans le bulletin de la Société d’obstétrique, un cas de myélite luberculeuse où laccouchement se produisit sans que la mère ressentit aucune douleur.

3) Deux cas de fabès rapportés par Cohn et Placzkek furent caractérisés par l’analgésie de l'expulsion.

%) L'hystérie qui rend quelquefois le travail très douloureux peut aussi s'accompagner d'accouchement presque indolore. Tarnier en a fait la remarque. Pitres a constaté une insensibilité complète des grandes

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lèvres, des petites lèvres et du vagin chez les grandes hystériques. Brouardel a publié une observation très intéressante d’analgésie hystérique. Elle concerne une femme mariée à un riche négociant qui, dinant avec son mari et ses deux enfants, sent une gêne vers les parlies génitales et se redresse sur le dossier de sa chaise. En deux fois elle entend tomber quelque chose à terre. En se baissant, son mari ramasse deux fœtus de 7 mois. Cette femme avait une anesthésie complète des parties génitales. Les yeux fermés, elle ignorait st ont pratiquait le toucher vaginal; les mouvements imprimés à l'utérus n'étaient pas sentis. Les deux premiers accouchements avaient été suivis d’un accès de manie.

5) Ulric, Haller, Hencke, Heister ont observé des accouchements chez des épileptiques sans conscience de leur état de parturition.

ce) Sommeil. — 1, L'accouchement inconscient pendant le sommeil naturel de la mère a été admis par certains anteurs. Weil a publié en 1881 un cas d’accouchement en dormant. Panis rapporte dans sa thèse plusieurs faits semblables. Tarnier dit avoir vu une personne bien portante accoucher pendant qu'elle dormait paisiblement. Ce furent les cris de l'enfant qui révélérent sa naissance. On trouvera dans la bibliographie la référence d'observations identiques publiées par Palfray, Case, Samelson, Montgomery, Leblond. Il est probable que dans la plupart des cas ces femmes accouchèrent sous l'influence d'un état pathologique ressemblant au sommeil; ainsi que cela se produisit

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