Le cordon ombilical a été arraché
3. Iln’est pas impossible, d’après les circonstances de la “grossesse, que la demoiselle H. C. ait pu ignorer l'état dans lequel elle se trouvait.
4. L'examen des cabinets d’aisance montre que l'accouchement était possible en ce lieu et l'enfant expulsé a pu tomber directement dans la fosse.
__ De nombreuses raisons ont donc été invoquées pour
justifier l'ignorance de la grossesse. Elles sont habituellement combinées entre elles et quelquefois la femme paraît être de bonne foi. On ne peut avoir la rigueur de l’ancien code pénal Prussien qui n’admettait pas qu’une femme put ignorer sa grossesse après le septième mois. Il nous reste a essayer de DRÉRISE la valeur de ces diverses excuses.
a) Primiparité et inmgénuité de la mère. — I doit être des plus exceptionnels à l'heure actuelle qu'une jeune fille ait des rapports sexuels sans en connaître les conséquences éventuelles. La société moderne contient peu d’Agnès et à moins de circonstances morales tout à fait particulières où d’un certain degré de débilité mentale de la mère, c’est une excuse qui n’a pas beaucoup de valeur. Il faut considérer que c’est surtout dans le peuple que se recrutent les accouchées de nos observations. La promiscuité des ateliers et des offices
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remplace largement les rudiments d'éducation sexuelle auxquels on voudrait faire place dans l’enseignement primaire ou secondaire. De plus, toute femme étant naturellement curieuse, à moins d’une grossesse tout à fait silencieuse, les troubles sympathiques de la santé doivent bien inciter la femme enceinte à se renseigner sur les phénomènes bizarres etnouveaux qu’elle éprouve et lui faire songer au moins à la possibilité d'une grossesse.
b) La méconnaissance de la grossesse par le médecin a une grande importance et ce n'est pas aussi rare qu’on pourrait le penser. N’a-t-on pas cité des accoucheurs distingués qui ont confondu la grossesse avec un fibrôme, un kyste de l'ovaire, de l’ascite, de la péritonite tuberculeuse, de la métrite. Tout récemment encore dans la région Ivonnaise une affaire de ce genre eut un certain retentissement par la question de responsabilité médicale qu'elle avait soulevée. La mère doit toujours bénéficier du doute créé par celle
excuse.
ce) Lorsqu'un coil unique à été pratiqué 11 semble bien que la femme puisse se méprendre plus aisément sur la valeur de son acte. Il est assez fréquent d'entendre dire que « la première fois ça ne risque rien ». On trouve dans Casper l'histoire d'une jeune fille qui avait un ventre énorme et soutenait qu’elle n'était pas enceinte, racontant séulement que le baron N. qui l'avait reconduite à la maison et auquel elle s'était livrée une fois, lui avait assuré que la première fois n'avait pas de suite.
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d) La conceplion après une longue période de stérihté, la concephon dans l'äge de la ménopause ou après la ménopause fournissent, d'après Tardieu, la plus grande proportion de cas de grossesses ignorées. Dans un cas cité par Taylor là femme n'avait pas été enceinte depuis 19 ans. Coliez cite un cas du D' Paris, de Marseille, concernant une femme mariée depuis 8 ans, désirant vivement un enfant et parvenue à la fin de sa grossesse sans s’en apercevoir.
e) La confusion avec un étal pathologique relativement fréquente (Tanner, Wold), explique la suppression des règles. D'autres fois l’irrégularité habituelle des époques menstruelles empêche de tenir compte de leur disparition. Certaines femmes enfin continuent a être réglées pendant leur grossesse.
f) La fécondation en état d'inconscience (sommeil, intoxication, etc.) constitue enfin une cause de grossesse méconnue.
(b) Grossesse connue et accouchement inconscient.
La connaissance de la grossesse est plus difficilement compatible avec la possibilité d’un accouchement inconscient. En effet une femme se sachant enceinte cherche habituellement à se rendre compte de la date approximative de l'accouchement et aussitôt qu'elle ressent quelques symptômes précurseurs du travail, requiert l’assistance nécessaire. Cependant, si pour une raison quelconque, la date de la gestation est inconnue, si les douleurs sont mal interprétées ou
absentes on pourrait encore avoir dans certains cas des accouchements inconscients ou par surprise vraie. C'est ici que nous devons préciser les conditions indispensables à notre avis pour qu'il s'agisse vraiment d'accouchement par surprise. Le fait principal est que toute l'évolution de l'accouchement soil inconsciente el que seule la présence nouvelle et inattendue de l'enfant apprenne à la mère ce qui vient de se passer, quelquefois même la mère continue à ignorer son accouchement. La mère se serait-elle rendu compte un instant seulement de l’imminence de l’accouchement, du moment surtout qu’elle se sait enceinte, il ne faut plus parler d'accouchement inconscient mais d'accouchement précipité. Nous étudierons plus loin ce second groupe et nous verrons quelles sont ses causes et ses caractéristiques. On trouvera plusieurs observations de M. le professeur E. Martin. A prime : abord on pouvait penser à des accouchements à l'insu de la mère — et il ne s'agissait que d’accouchements précipités par négligence terminés par la mort eriminelle de l'enfant. Il est capital de distinguer Paccouchement inconscient par surprise vraie de l’accouchement précipité, conscient, trop voisin dansles auteurs. Dans le premier cas la responsabilité de la mère est complètement dégagée. Nous essaierons de démontrer que dans les accouchements précipilés par négligence même lorsque la mort de l'enfant est indépendante de toute intention criminelle, la responsabilité de la mère entre en jeu.
Il nous reste à rechercher les observations d'accouchement par surprise vraie concernant des femmes
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saines connaissant leur grossesse. Quoique assez nombreuses, nous n’en citons qu'un tout petit nombre car elles nous ont paru mériter beaucoup de réserves. Les raisons invoquées pour les justifier peuvent être vraies et donner le change à la mère au début de l'accouchement. Noussommes persuadé que la persistance des symptômes doit lout de même intriguer la mère et l’inciter à penser qu'il pourrait s'agir de l'accouchement. Si c’est une femme de bonne foi, n'ayant aucun intérêt à dissimuler son état, il doit bien lui rester les quelques instants nécessaires pour prendre le minimum de précautions qui permettra à un enfant attendu et désiré de n’être pas victime de cette expulsion inattendue.
Bidon à publiéen 1903, dans le Marseille Médical, une observation d'accouchement inconscient extrêmement intéressante parce qu’elle concerne une femme mariée, heureuse de sa grossesse et attendant avec joie son enfant. Cette femme pensait accoucher fin mars 1900. Fin février elle rendit dans la journée une grande quantité de liquide par la vulve. Primipare mal renseignée, elle ne s’en inquiète pas et se met au lit sans autre incident. Réveillée à minuit par une pressante envie d’uriner elle se lève, urineet continue cependant à ressentir une sensation très supportable de pesanteur dans la région pubienne. Elle se prépare à se recoucher, s'approche du lit, appuie un genou fléchisur le matelas et fait un effort pour y monter. À cet instant elle accouche brusquement sans s’en rendre compte d’un fœtus qui tombe sur la descente